Profilage racial - Le temps d'agir

Installé sur un inébranlable socle de préjugés et de stéréotypes, le profilage racial flirte dangereusement avec le racisme. C'est ce que le troublant rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse sur le profilage et la discrimination systémique n'énonce pas clairement, bien qu'on en conçoive l'essence.

L'une des forces troublantes de ce document consiste à démontrer que le profilage racial, qu'on associe à tort exclusivement à la répression policière, s'étend dans d'autres sphères de la société, notamment l'école et les centres de protection de la jeunesse. Tout cela a un très coûteux prix social.

Après deux ans de travaux consultatifs ciblant le phénomène du profilage racial, la Commission mitraille près d'une centaine de recommandations destinées à enrayer un phénomène qu'elle juge «grave». Nous souscrivons à cette lecture, d'autant plus que la discrimination basée sur la race pourrait être plus répandue qu'on le croit, car la collecte de données permettant de la repérer est totalement défaillante. Le Service de police de Montréal (SPVM) répugne sans raison à colliger ces données; éviter de recenser la problématique contribue à en minimiser l'ampleur.

Qu'il s'agisse du chef du SPVM ou encore du ministre de la Sécurité publique, il ne suffit plus d'opiner du bonnet et de concéder avec empathie calculée que les données sont «préoccupantes». Le temps d'agir est venu. La Commission propose une ambitieuse réforme de la Loi sur la police, axée entre autres sur l'absence d'impartialité dans le processus de déontologie policière. L'enquête entourant le décès de Fredy Villanueva a fait la démonstration claire des manquements à ce chapitre. Les recommandations entourant la formation et l'éducation à l'antiracisme abondent, non sans raison. Elles ont leur raison d'être non seulement dans les programmes de formation des policiers, mais aussi des futurs maîtres.

Car le milieu scolaire et celui de la protection de la jeunesse n'échappent pas aux calamités du profilage, érigé là-bas en système, ce qui est encore plus insidieux. Il est sans conteste terrible que les jeunes des groupes racisés en soient venus à ne plus avoir confiance en la police au point de s'en tenir loin, mais il est tout aussi accablant d'apprendre que l'école — berceau de la socialisation — et les centres jeunesse — antre protecteur — pratiqueraient à leur manière cette discrimination associée à la race.

On a déploré non sans raison l'acharnement policier envers certains groupes, dans la foulée des actions de lutte contre les gangs de rue. Mais les cours d'école feraient aussi leur lot de victimes des mêmes pratiques de surveillance ciblée et d'approches répressives sévères discriminatoires. Les préjugés influeraient même sur la réussite: envers certains élèves issus de communautés culturelles, le personnel aurait des attentes moins élevées!

Ils ont l'enveloppe coriace, ces préjugés! Le manque de courage politique a mené à l'économie de débats de société essentiels, sur la laïcité par exemple. Le combat contre le profilage racial, avec en sous-texte la lutte contre le racisme, est vital et c'est l'État qui doit servir de guide. À lui maintenant de tracer la voie.

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2 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 13 mai 2011 08 h 11

    Allez frappez!


    Vous vous y mettez vous aussi. Vous voulez à tout prix tenter de culpabiliser les gens voire même de les convaincre qu'ils sont racistes.

    Ce n'est pas que je nie l'existence de problèmes.

    Mais je doute fort que ce soit avec cette apporche MORALISATRICE qu'on puisse améliorer les choses.

    Vous me faites penser au rapport de la fameuse commission co-dirigée par Gérard Bouchard et l'autre tata dont j'ai oublié le nom.

    Allez tapez-leur dessus pour qu'ils comprennent. Les leçons de morale n'ont jamais rien donner. Il serait temps qu'on le réalise dans certains milieux.

  • Paul Lafrance - Inscrit 14 mai 2011 08 h 44

    Le profilage racial

    Quand une civilisation a comme objectif avoué d'en détruire une autre, particulièrement la civilisation occidentale, il est temps de réagir. C'est une guerre que l'islamisme a déclaré à la civilisation occidentale, et le nier est se mettre la tête dans le sable. Et ne venez pas me dire qu'il ne s'agit que d'un groupe de fanatiques.