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Inondations - Une fois aux 100 ans ?

Près de 3000 résidences de la Montérégie sont maintenant touchées par l'inondation de la rivière Richelieu, et quelques centaines d'autres risquent de subir le même sort en Estrie, en Beauce et dans le Bas-Saint-Laurent. Selon les experts, c'est la première fois en plus de 150 ans que la crue des eaux du Richelieu est aussi forte, mais la région étant une plaine, l'eau s'étend sur de grandes distances dès lors qu'elle déborde d'un cours d'eau.

Depuis deux semaines, les gens luttent jour et nuit pour sauver leurs biens, et même une fois que l'eau se sera retirée, il faudra des semaines pour nettoyer les lieux et reconstruire ce qui aura été détruit.

Les assureurs ne remboursant pas les dommages causés par les inondations, ce sont les programmes gouvernementaux qui prendront le relais. En partie du moins puisque seuls les résidences principales et les biens essentiels sont couverts. C'est tout de même ce qu'on appelle de la solidarité, et c'est bien qu'il en soit ainsi de nos jours malgré les critiques de ceux qui prétendent que l'État providence a fait son temps.

Cela dit, il faut encore une fois poser la question de la responsabilité qui incombe aux individus qui choisissent d'habiter les rives des cours d'eau et celle des pouvoirs municipaux qui les y autorisent en échange d'alléchants revenus fiscaux.

À cause des changements climatiques, nous risquons de subir des situations extrêmes de sécheresse, mais aussi de précipitations comme cela s'est produit à Montréal en 1987 (100 mm en 2 heures) et au Saguenay en 1996 (200 mm en 48 heures). Un événement comme le déluge du Saguenay ne survient peut-être qu'une fois tous les cent ans, mais ce peut être demain! Et cette règle de probabilité n'a pas empêché le grand verglas de s'abattre sur le Québec seulement deux ans plus tard, non plus que les grandes marées du Bas-Saint-Laurent, en décembre dernier, et la crue du Richelieu, ce printemps.

Voilà qui fait beaucoup d'événements centenaires en très peu de temps! Suffisamment du moins pour qu'un gouvernement responsable relise le rapport de la commission d'enquête présidée par l'ingénieur Roger Nicolet qui recommandait, dès 1997, que les municipalités situées le long des cours d'eau se comportent de façon beaucoup plus responsable dans leur gestion des zones inondables.

Dire qu'un événement peut se produire une fois tous les vingt ou cent ans signifie qu'il se produira à coup sûr au moins une fois, mais peut-être plus souvent. La question se pose donc: l'État doit-il s'engager à prendre à sa charge les dégâts causés par un tel événement alors que ce sont les municipalités et les individus eux-mêmes qui font le choix très conscient de s'installer sur la rive d'un cours d'eau?

Dans le cas du Richelieu, toutes les résidences touchées ne sont pas situées en zone inondable, sans doute. Mais pour celles qui le sont et qui risquent de subir le même sort dans deux, dix ou vingt-cinq ans, Québec a le devoir de se demander s'il est sage d'autoriser leur reconstruction avec l'argent de la solidarité collective.
4 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 6 mai 2011 06 h 49

    Un mal individuel pour un bien collectif

    Oui, l'État providence juste quand ça fait notre affaire...et sans voir de contradiction avec ses choix politiques.
    Mais au moins ne pourrait-on pas revoir les normes de construction en zones inondables car on semble construire de la même façon les maisons où qu'elles se trouvent. Des maisons sur pilotis, c'est pas fait juste pour les pays de mousson...surtout avec ce qui nous pend au bout du nez.
    De toute façon, il y a quelques chose d'indécent et d'injuste à s'accaparer pour soi tout seul la proximité d'un cours d'eau alors que tant de gens en rêvent. En libérant dans un avenir envisageable les habitations des rives des cours d'eau, c'est toute la population qui en gagnerait l'accès en temps sec, c'est-à-dire inclusivement 99 printemps en 100 ans...

  • Jacques Gagnon - Inscrit 6 mai 2011 15 h 21

    Mesquinerie quand tu nous tiens

    Monsieur Sansfaçon, réfléchissez donc un peu à ce vous dites.

    Selon vous on devrait expulser les Bengalis du Bengladesh, les Hollandais des Pays-Bas, les Floridiens de la Floride parce qu'ils sont inondés à la mousson, ou quoi encore. Pire devrait-on expulser tous ceux qui habitent dans des zones à ouragans, à tornades, à tremblements de terre et évacuer le Japon ?

    Les gens dont vous parlez sont là depuis parfois des centaines d'années et bien intégrés à leur environnement. Alors vous demandez de les relocaliser pour réparer l'incurie de nos dirigeants qui par l'accumulation de décisions ou d'indécisions stupides ont saboté l'équilibre existant. Tout cela pour votre «argent de la solidarité collective», déplorable mesquinerie qui endosse l'incompétence.

  • France Marcotte - Abonnée 6 mai 2011 17 h 59

    À mesquin, mesquin et demi

    Monsieur Sansfaçon n'a rien dit de tel M.Gagnon.
    Vous habitez sur une terre inondable, ou jalousement près d'un cours d'eau?

    On peut être propriétaire exclusif d'une terre, mais pas d'un cours d'eau...ni d'un lac. Les lacs et les cours d'eau appartiennent à tous ou plutôt à personne...en principe outrageusement violé.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 7 mai 2011 12 h 23

    Relisez

    Vous devriez relire les textes madame Marcotte. monsieur Sansfaçon se demande si, selon son euphémisme, nous devrions dédommager les gens qui subissent les inondations. Voilà où se trouve la mesquinerie. Les cours d'eau appartiennent à tous, mais pas le fond du cours d'eau. Les gens qui habitent le long des cours le font depuis la nuit des temps, pour des raisons de transport, pour s'abreuver, se laver, nourrir et soigner les animaux. Toutes les villes sont construites le long d'un plan d'eau pour cette raison historique. Si aujourd'hui, nous avons des problèmes, ce n'est pas souvent la faute de ces habitants. Les zones d'exploitation contrôlées (ZEC) offrent beaucoup de plans d'eau à la disposition de la population et elles comptent très peu de membres.