Berlusconi évite la censure - Le vide

Silvio Berlusconi l'a échappé belle. Par trois voix seulement, la motion de censure déposée par son ancien allié, l'ex-ministre des Affaires étrangères Gianfranco Fini, a été rejetée. Cette victoire, le premier ministre l'a obtenue grâce aux retournements de députés ne faisant pas partie de la coalition au pouvoir. En fait, selon les témoignages de plus d'un élu et les reportages de plus d'un média, Berlu, dit Il Cavaliere, aurait acheté les votes des députés en question. Business as usual.

Cela étant, entre la cascade de scandales au cours des dernières années, la faiblesse numérique de sa majorité à la chambre des députés et la guérilla parlementaire que lui promettent de faire ses opposants, Fini au premier chef, sans oublier le ras-le-bol d'une population étudiante qui a manifesté hier avec force, il faut s'attendre à ce que la gestion de l'État soit cahoteuse jusqu'aux prochaines élections. Signe de temps difficiles pour Berlusconi, son gouvernement a été mis en minorité à plusieurs reprises depuis que Fini et 34 députés ont claqué la porte de son parti, le Peuple de la liberté.

Dans son combat, Il Cavaliere a deux avantages: son empire médiatique et une opposition si masochiste qu'elle consomme le temps politique à se diviser, à se crêper le chignon. Sur le front médiatique, le chef du gouvernement a transformé ses journaux et ses télévisions en une machine à broyer ses adversaires en usant de toutes les armes disponibles, sa favorite étant la calomnie, juste devant le chantage.

Lors d'un entretien accordé au journal en ligne Mediapart, Ezio Mauro, directeur du journal La Repubblica, journal indépendant, résume la situation en des termes qui en disent long sur la déliquescence qui caractérise actuellement la culture politique du pays: «Notre combat est un combat pour la liberté [...] Peut-on remplacer la politique par la peur et l'intimidation? Peut-on remplacer le consensus par la terreur? Peut-on gouverner une démocratie moderne en Europe à coups de dossiers, distiller des propos calomnieux envers les politiques, la presse et la télévision et les qualifier de "crapules"?»

En ce qui concerne l'opposition, son présent statut est celui de l'invisibilité. Elle ne parvient pas à se fédérer en une force capable de stopper le recul de la démocratie. Depuis les élections de 2008, elle a trouvé le moyen d'enregistrer une baisse de 8 % des intentions de vote alors que l'Italie est gérée à la va comme je te pousse. Alors que l'Italie a besoin d'être dotée d'un... gouvernement!

Prenons la dette publique. À cet égard, l'Italie se situe deuxième, derrière le champion toutes catégories: la Grèce. Prenons la reconstruction de cette zone des Abruzzes dévastée par un tremblement de terre en 2008. Et alors? Tout évolue, tout se déploie à l'enseigne de la lenteur. Prenons enfin la gestion des déchets à Naples. Deux ans après l'engagement de construire un incinérateur, les habitants l'attendent encore. Bref, rien de ce qui devait être fait n'a été fait.
1 commentaire
  • ladygaga - Inscrit 15 décembre 2010 08 h 27

    De la réalité fictionnelle...

    Vous avez vu le film italien Il Divo?