Réforme des retraites en France - L'entêté Sarkozy

Aux micros des radios comme des télés, les membres du gouvernement Sarkozy assignés à la défense de la réforme des retraites entonnent tous la rengaine de l'essoufflement du mouvement social. Soit ils sont dans l'illusion, soit ils sont dans le déni de réalité. Car les chiffres dressent un constat contraire à la partition composée à l'Élysée et reprise en chœur par les ministres et le premier d'entre eux: François Fillon. En effet, les sondages publiés au cours des deux derniers jours démontrent que les syndicats sont en train de gagner la guerre qui se joue sur le terrain de l'opinion publique.

Pas moins de 69 % des Français approuvent les grèves et manifestations, une hausse de 2 % en une semaine seulement; près de 80 % d'entre eux veulent que le président négocie sa réforme au lieu de l'imposer; 46 % soutiennent le blocage des raffineries, une augmentation inattendue de 4 %. Quand on songe que la France présente le plus faible taux de syndicalisation dans l'hémisphère occidental, que chaque journée non travaillée se traduit par une soustraction sur la paye et qu'il n'y a pas de fonds de grève, on ne peut que constater que le degré de mobilisation est très prononcé.

Il l'est d'autant plus que les citoyens de ce pays réalisent bien que Sarkozy a ordonné le recours au vote bloqué, la version française du bâillon, arrêtant du coup les débats au Sénat. Preuve, comme si besoin était, que ce président est constant sur un front, et un seul, l'inflexibilité. Il aime les rapports de force musclés. À l'apaisement, au dialogue, il préfère le combat. Toujours, il impose, impose, impose.

Depuis qu'il est à l'Élysée, il s'est même imposé à Matignon, mettant un terme à une division des fonctions qui, depuis la Constitution de 1958, stipulait que le président dressait la feuille de route, qu'appliquait le premier ministre, et faisait les arbitrages. Là, il s'est tellement impliqué qu'il a du coup mis en veilleuse les instruments ou outils tactiques mis à la disposition de son poste. En clair, il est aussi imputable que le premier ministre.

À lire les journaux, à écouter les propos formulés par les Français, on réalise que ces derniers ont tracé la diagonale entre cette réforme et la crise financière. Pour la majorité d'entre eux, Sarkozy a conçu ce bouleversement des retraites pour leur faire payer la descente aux enfers du système bancaire. Ce sentiment d'injustice est d'autant plus ancré en eux que le bouclier fiscal permettant aux plus riches d'être encore plus riches est toujours en place. Soit dit en passant, cette réforme des retraites n'a jamais été évoquée lors de la campagne électorale pour la bonne et simple raison que l'actuel président était alors opposé à toute modification après celles négociées par Fillon en 2003.

Cela étant, le vote au Sénat a beau avoir eu lieu, les syndicats n'entendent pas baisser la garde. Deux autres journées d'actions diverses sont au programme des prochains jours. Si le soutien de l'opinion publique ne faiblit pas, alors il est possible que l'enlisement l'emporte sur l'essoufflement tant souhaité par Sarkozy.
1 commentaire
  • meme moi ici - Inscrite 23 octobre 2010 07 h 13

    sarkozi et charest...

    sarko et char... mêmes politiques et administration de droite, même dépendance envers les exploiteurs (entre autre desmarais) même irrespect du citoyen...