Les Bleus à la Coupe du monde - Mauvais en tout

Amorçons le sujet du jour en composant un petit florilège des titres coiffant le théâtre grand-guignolesque, et non le psychodrame, mis en scène par l'équipe de France surnommée «Les Bleus»: «Lamentable!», «Indigne!», «Nettoyage aztèque!», «À la retraite!», «Les imposteurs!». De toute part, de tout côté, on tire à boulets rouges sur les Bleus parce qu'ils ont joué comme des jaunes quand ils n'avaient pas adopté le costume du branquignol, synonyme argotique de l'imbécile.

Sur le terrain, les experts en ballon rond assurent que les onze millionnaires en crampons ont eu tout faux. Dans le vestiaire également où, lors d'une altercation entre un de ces millionnaires et un entraîneur qui ausculte avec sérieux, ce n'est pas des blagues, les signes astrologiques de ses joueurs, les deux belligérants ont enfin donné corps à l'équation linguistique qui stipule que ce n'est pas la faute des mots si certains d'entre eux sont gros. Comme quoi ces millionnaires en culottes courtes sont également des pieds nickelés. Nickelés en quoi, les pieds? Adidas, Puma ou Nike.

Passons aux choses lourdes de conséquences. Celles tout enrobées d'espèces sonnantes que les commanditaires et autres marchands de strass et de paillettes accordent à nos gladiateurs postmodernes à une condition: ne pas trébucher. Comme ils ont trébuché côté cour comme côté jardin, un spécialiste en marketing sportif prévoit qu'Adidas, commanditaire de l'équipe de France, va voir ses ventes de maillots fondre comme neige au soleil. Idem pour les chaussures. Il faut savoir que si le joueur ne choisit pas le commanditaire de l'équipe, du maillot, il détient celui qui couvre son pied. Follow the money!

On évoque cela, ces affaires d'argent, parce que l'on a enfin compris de quoi était faite l'angoisse du gardien de but au moment du pénalty comme celle du quidam qui tire le coup franc. Et alors? Si l'on examine la courbe des millions des grands clubs européens par rapport à celle de l'équipe nationale, il est dans l'intérêt des vedettes de préserver leur fonds de commerce qui a pignon sur rue à Manchester, à Barcelone, à Chelsea, à Milan ou à Munich et non au niveau national. Autrement dit, une jambe fracturée lors de la Coupe du monde fait perdre des millions au club comme au joueur blessé.

Cela étant, lorsque l'on s'attarde au comportement de ces actionnaires en crampons sur le terrain comme en dehors, lorsque ce comportement met en relief une pensée pubère, on ne peut que penser à Don Camillo, alias Fernandel, qui décrivant ses pieds nickelés à lui avait eu ces mots: «Ce ne sont pas des bons à rien, mais des mauvais en tout.»
1 commentaire
  • Normand Chaput - Inscrit 22 juin 2010 22 h 21

    et la FIFA?

    Les acteurs de la coupe du monde sont les joueurs. La toute puissante FIFA ramasse des milliards en faisant jouer gratis les joueurs pour la simple fibre nationale. Un joueur, une PME en soi, qui voit les frais administratifs engagés par rapport au revenus doit certainement agir en conséquence; sinon c'est un idiot.