TGV Montréal-New York - Le plus lent des trains

C'était à l'été 1975. L'idée d'un TGV reliant Montréal à Boston et à New York faisait la une du Devoir. Elle était lancée par nul autre que le maire visionnaire de Montréal, Jean Drapeau. Mais, comme il se doit, son projet fut accueilli avec scepticisme. En pleine période de construction des installations olympiques et de dépassements de coûts, personne ne l'a cru lorsqu'il a dit que ce projet allait s'autofinancer.

Périodiquement, ce projet de liaison nord-sud a refait surface, chaque fois pour être remisé sur une tablette à côté du projet de TGV Québec-Montréal-Toronto-Windsor. Cette fois, c'est le premier ministre Jean Charest qui le ranime à l'occasion d'une visite à Washington. Il a convenu avec le secrétaire américain aux Transports, Ray LaHood, de former un comité pour étudier la faisabilité d'une ligne de train à haute vitesse entre Montréal et Boston et d'une autre entre Boston et New York.

Un autre comité dont les études iront à nouveau sur les tablettes? Cette fois, le contexte est différent. Si le secrétaire aux Transports donne son aval, c'est qu'il y a pour une fois un intérêt réel de la part du gouvernement américain de refaçonner le réseau de transport ferroviaire de passagers en construisant des liaisons rapides entre de grands centres urbains. Dans son programme de relance économique, le président Obama a réservé huit milliards pour de tels projets.

Jean Charest table sur l'existence d'une volonté politique à Washington. Il y aura toutefois loin de la coupe aux lèvres. D'abord, parce que ces huit milliards ne suffiront pas à construire une liaison nouvelle entre Montréal et New York. Puis parce le gouvernement américain a reçu pas moins de 278 projets de train à haute vitesse venant de 40 États. La concurrence sera forte. Si la densité de population peut justifier facilement la construction d'une ligne New York-Boston, c'est moins le cas entre Boston et Montréal. Le nord de l'État de New York est peu populeux, d'où l'idée de M. Charest de payer une partie des infrastructures entre Albany et la frontière canadienne. Et puis, il y a de fortes chances que cette liaison, si elle se réalise, ne soit pas un TGV, mais un train à haute vitesse pouvant circuler sur les voies existantes.

Les obstacles à la réalisation de ce projet sont nombreux, quasi infranchissables pourrait-on penser. En raison du contexte favorable prévalant à Washington, il vaut la peine de tenter néanmoins sa chance, si petite soit-elle. Le maire Drapeau avait raison, une liaison nord-sud serait un levier de développement économique tout aussi important, voire plus, qu'une liaison est-ouest entre Québec et Windsor. Entre ces deux projets, il serait intéressant de savoir lequel le premier ministre Charest privilégierait.
10 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 23 février 2010 06 h 58

    Il faut privilégier une liaison nord-sud

    Espérons que Jean Charest, mais aussi Pauline Marois, les experts ingénieurs et économistes, les meilleurs éditorialistes et chroniqueurs mettront de l'avant tous les avantages que peut représenter pour Montréal et pour le Québec de favoriser et de construire rapidement une ligne de trains rapides vers les grands centres américains. D'autant plus que les administrations américaines, au niveau fédéral et au niveau des États trouvent que c'est une bonne idée. Ils ont déjà prévu des sommes importantes à cet effet.

    Autrement, si c'était le développement de l'axe Québec-Windsor qui s'engageait en premier lieu, c'est à partir de Toronto que les liens avec les grandes villes des États-Unis seront développés. Et tous les avantages économiques qui en découleraient.

    Le Québec a déja raté plusieurs bonne occasions, il ne devrait pas rater celle-ci.

  • Yves Petit - Inscrit 23 février 2010 07 h 21

    oui au trains, non au TGV

    Le TGV, soit-il entre entre Québec-Windsor ou Montréal-New-York est un éléphant blanc en devenir. Nous avons besoin d'un service de train régulier, fiable et à des tarifs raisonnables bien avant de penser TGV. Il ne faut pas oublier que partout en Amérique du Nord, nous avons perdus, il y a déjà longtemps, la culture du train...il faut la retrouver avant de rêver TGV.

    Si on décide d'aller de l'avant avec de tels projets, les gouvernements devront tellement injecter de l'argent pour subventionner les usagers que ça deviendra intenable au bout de quelques années...Les grands gagnants dans tout cela - les firmes d'ingénierie, les grands constructeurs de travaux civils et Bombardier. Voilà un portrait plus réaliste de la situation.

  • Claude Desjardins - Inscrit 23 février 2010 08 h 01

    Nord-Sud Est-Ouest

    Il faut lire l'éditorial d'André Pratte d'aujourd'hui pour comprendre que le choix du corridor Est-Ouest est un choix politique sur fond d'unité national.

    Les fédéralistes ont toujours privilégié cet axe car le développement Nord-Sud ne ferait que rendre le Québec un peu moins dépendant économiquement du reste du Canada.

  • Bernard Gervais - Inscrit 23 février 2010 08 h 51

    L'importance de nos relations économiques avec les USA

    Même si j'ai plutôt l'impression que Jean Charest s'intéresse à ce projet afin de détourner l'attention des électeurs du triste bilan financier de son gouvernement, un fait demeure : n'en déplaise aux fédéralistes, qui ont toujours préféré développer le corridor Est-Ouest pour des raisons d'unité nationale, les relations économiques, en Amérique du Nord, se font surtout dans l'axe Nord-Sud.

    Si les Américains n'étaient pas les principaux acheteurs de produits du Québec, nous serions dans de beaux draps !

  • pagerry3 - Inscrit 23 février 2010 09 h 04

    Un TBV plutôt qu'un TGV, à l'horizon.

    Une large majorité des voyageurs du monde des affaires reconnaissent les vertus d'un TGV. Mais ces carriéristes qui ne sont affairés qu'à la compilation et qu'à l'encaissement des millions de leur réussite personnelle exclusive, à l'instar des champignons du type Power Corporation, représentent une infime minorité, au regard des Québécois qui ont besoin de meilleurs concepts et de meilleurs aménagements routiers et de transports pour aller travailler, sans accumuler les heures de frustrations, de fatigue et de stress que les bouchons de la circulation et des artères bouchées des ponts qui auraient besoin de pontages plus que n’en prévoient les «infrastructures» gloutonnes et sans fonds dont Madame Sacoche a soulagé toutes les voracités, quitte à vider le Trésor et à hypothéquer un futur sans avenir.

    Pour Jean Charest, bien évidemment, c’est une autre vessie, un autre emballement, un autre fantasme et une autre fébrilité politicrate, à la seule pensée à sens unique qu'il porte aux ingénieurs de la réingénierie libérale qui verront s’allonger et s’enligner dans leurs portefeuilles et leurs coffres, par centaines de millions, les billets du patronage libéral, au seul chapitre des études de d’opportunité, de la rentabilité et de faisabilité. Après les dizaines au carré d’échecs politiques que Jean Charest balaye sous les carpettes sur lesquelles il essuie les pieds de son insolence, voilà que le guignol du tape-à-l’œil ajoute son « plan du Corridor Sud» à son « plan des vents du Nord ». Tout, absolument tout pour fuir la réalité, c'est-à-dire l’enquête publique que réclament plus de 80% des Québécois, au sujet des collusions de son gouvernement avec la corruption maffieuse de la Construction et autres bénéficiaires du patronage incontinent du PLQ.

    Par prévention d’aphasie ou de sénilité précoce, pour ne jamais oublier l’infatuation à laquelle carbure si jouissivement Jean Charest et les pantins de sa garde rapprochée, dont les Québécois auront tôt ou tard à régler toutes les factures et à subir toutes les fractures du pire des endettements laissant présager la faillite monumentale de l’indépendance du Québec, les lecteurs de l’actualité doivent s’imposer la lecture et la relecture des contenus qui suivent, entre autres :

    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/06/29-l

    http://pq.org/nouvelles/les-echecs-gouvernement-li

    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/12/09-l

    La réalité quotidienne à laquelle nous sommes confrontés, est à l'effet que Jean Charest multiplie les efforts pour accélérer davantage le freinage du le TBV (Train Basse Vitesse) de l'affirmation identitaire nationale, de l'autonomie financière et de l'indépendance culturelle du Québec. À cet égard, se rangent derrière lui les donateurs, les commanditaires, les soumissionnaires, les commissaires, les commissionnaires et porteurs d'enveloppes brunes tous azimuts, alors que sous le capot de l’actuelle «minoune provinciale» au volant de laquelle est cramponné, se camoufle le célébrant du PLQ, c'est-à-dire du « Percutant Libera du Québec ».