Crise financière en Grèce - La magouille

Le chat est sorti du sac! L'auteur du maquillage des livres de la maison Grèce est en fait une banque d'affaires ayant pignon sur rue à Wall Street. Son identité? Goldman Sachs. Des années durant, cette dernière et les commanditaires de la magouille, soit les politiciens grecs, ont leurré tout le monde. Les voisins, l'Allemagne au premier chef, sont furieux. Il y a de quoi.

On comprend mieux aujourd'hui comment il se fait qu'à l'issue du sommet consacré la semaine dernière au sauvetage de la Grèce aucune somme n'a été avancée. On imagine mal en effet comment Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy auraient pu accorder un prêt au premier ministre grec, George Papandréou, alors que la vérification minutieuse des comptes du pays concerné n'est toujours pas achevée. Certes, on sait que la Grèce doit rembourser telle dette à telle date. Mais, pour le reste, on est dans la brume.

Ce brouillard financier, ces ombres au tableau des chiffres, est une oeuvre tout ce qu'il y a de postmoderne dessinée et signée par Goldman Sachs. On savait que le gardien de l'argenterie grecque avait modulé à sa guise certaines réalités économiques afin d'obtenir son billet d'entrée dans la zone euro. On savait également que, huit ans durant, les cabinets grecs avaient placé ici et là des paravents afin que Bruxelles ne s'aperçoive pas que les critères de Maastricht n'avaient pas été respectés. Et ce, afin de ne pas payer les pénalités prévues.

Autrement dit, pendant presque une décennie, Athènes a jonglé avec l'illégalité davantage qu'avec la transparence. Minorer ce fait ou le qualifier autrement en puisant dans le vocabulaire de la novlangue reviendrait à ajouter un mensonge au mensonge. On avance cela parce que, ici et là, on tente d'édulcorer la brutalité aujourd'hui économique, et demain possiblement politique, qui découle d'une supercherie jouée plus d'une fois à guichets fermés.

Qu'ont donc fait les Nosferatu de la division comptable de la banque bien nommée «l'homme en or»? Selon le magazine allemand Der Spiegel, qui le premier a consacré un article au sujet, les cracks de Goldman ont sorti des dettes du bilan, les ont transformées en un véhicule financier baptisé swap. Le tout ayant été articulé sur des taux de change fictifs. On répète, on souligne, les taux de change étaient fictifs. Bref, on a caché une dette sous la forme d'un contrat de devises.

Le pire, c'est que ce qui a été fait en Grèce l'a été ailleurs. En Espagne, en Italie, les tontons flingueurs de Goldman et leurs petits camarades de JP Morgan, de la Chase et autres ont appliqué la recette élaborée en Grèce. À Berlin et à Paris, une des raisons qui expliquent la volonté de Merkel et de Sarkozy de secourir la Grèce se nomme justement l'Espagne et l'Italie. Ces dirigeants voudraient agir vite afin d'éviter, notamment, à ces pays une augmentation prononcée de l'intérêt sur les emprunts.

En Allemagne, ce dossier est le sujet d'une polémique qui va jusqu'à diviser le cabinet. Si Merkel est favorable, son ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier est opposé à une aide qui contredirait la clause interdisant à la Banque centrale européenne de secourir un membre de l'Union. Qui plus est, selon un sondage publié dimanche, la population allemande y est également opposée et voudrait même que la Grèce prenne la direction indiquant la sortie de la zone euro. Et qu'elle soit donc condamnée à implorer le FMI.

Après l'épisode strictement financier, il ne faudrait pas s'étonner que le prochain soit celui des accents nationalistes. Aiguisés par qui? «L'homme en or.»
2 commentaires
  • Martin Arkeron - Inscrit 16 février 2010 12 h 03

    Le coeur pourri du système

    Je me demande pourquoi les médias mettent tant d'emphase sur l'importance pour un pays de rembourser ses dettes. On serait porté a croire que le créancier (les banques) a prêté son l'argent. C'est faux. Lorsque une banque fait un ''prêt'', elle ne prête pas son argent mais le crée de toute pièce a un taux d'intérêt.
    (en anglais)
    http://video.google.com/videoplay?docid=-255015645

    Plus de 95% de l'argent en circulation est ainsi créé a partir de dettes par des institutions privé. Je vous invite a sérieusement réfléchir a la provenance de l'argent.

  • Michel Hains - Inscrit 16 février 2010 12 h 14

    Crise financière en Grèce - La magouille de Goldman Sachs, JP Morgans et Chase

    Comment ces banques peuvent-elles impunément se soustraire aux États souverains.
    Ces mêmes acteurs ont créé la crise financière mondiale et mis les pays pris avec des déficits-records qui sont toujours dues à ces mêmes banques.

    Je souhaite que la France et l'Allemagne prennent les mesures qui s'imposent pour encadrer ces voleurs du XXI siècle.