Écoles juives - La manière

Le dossier des écoles juives, qui invariablement meuble la manchette, est voué au cafouillage. C'est exaspérant. À nouveau, nous voici désapprouvant des «accommodements» d'ordre religieux cautionnés en catimini par le ministère de l'Éducation. C'est la manière de faire qui indispose dans ce dernier feuilleton.

Impertinente. La manière de faire du ministère de l'Éducation est impertinente. Sans préavis, il publie dans la Gazette officielle une modification au Régime pédagogique, ce cadre régissant l'agenda des élèves. L'abolition du calendrier scolaire — qui fait des samedis, dimanches, 25 décembre et lundi de Pâques des jours de congé — fait sursauter. Apparemment, personne n'a exigé ce changement.

Mais la ministre Michelle Courchesne rassure les troupes, invoque la «souplesse» permise par cette modification pour lutter contre le décrochage scolaire. Cette explication fumeuse étonne, puis dérange. Les mines se renfrognent. On ne comprenait déjà pas, traduisent-elles, mais on comprend maintenant encore moins! Le doute s'installe.

Une lettre expédiée au Devoir a fourni une large part d'éclaircissements. La clientèle visée? Les écoles juives. En septembre dernier, le ministère de l'Éducation et six de ces écoles dites «illégales» ont de toute évidence réussi à s'entendre, après d'âpres négociations. En échange de la promesse des établissements de «respecter le cadre légal et réglementaire», le ministère accepterait le fait que des cours soient donnés le dimanche, et ce, «compte tenu des exigences imposées par la religion des personnes fréquentant» lesdites écoles.

On n'aura retenu de toute cette affaire que la manière — décevante, pour ne pas dire plus! — par laquelle elle se conclut. Une modification au Régime pédagogique passée en douce pour satisfaire les exigences religieuses d'un groupe orthodoxe. Une vague de protestations. Une ministre qui persiste à invoquer la persévérance scolaire pour expliquer ce changement, et qui tape du pied.

Tout ce tintamarre a certes de quoi la faire fulminer. En raison de son propre échec à expliquer clairement les choses, le ministère est passé en réalité à côté d'une annonce importante, dont il aurait même pu se flatter. Il faut le reconnaître: après trente ans d'indifférence gouvernementale pour ces écoles parallèles qui faisaient de l'enseignement des matières obligatoires une futile exigence, la ministre Courchesne a réussi à obtenir une promesse ferme de respect du régime scolaire. En soi, il s'agit d'une victoire.

Malheureusement, ce gain d'importance passe à la trappe. Le ministère a choisi la négociation secrète, le manque de transparence. Il a en outre modifié le Régime pédagogique, alors qu'il aurait pu procéder par dérogation pour permettre l'école le dimanche plutôt que d'étendre à l'ensemble des écoles cette modification. En 2007, le rapport de Bergman Fleury sur les accommodements en milieu scolaire montrait que la majorité des demandes concernait les absences liées aux congés religieux. Rien de neuf là!

Un défi de taille attend encore la ministre de l'Éducation, outre celui de s'extirper avec grâce de ce petit pétrin médiatique. Il s'agit du suivi à exercer autour du respect de ces nouvelles ententes, dont le but est la réussite des élèves en regard d'objectifs scolaires autres que religieux. Après des décennies de laxisme gouvernemental d'un côté, et d'irrévérence de ces écoles, la gageure est importante.

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machouinard@ledevoir.com
10 commentaires
  • Pierre Zwngli - Inscrit 12 février 2010 03 h 41

    Le 24 juin et ECR ?

    Pourquoi faut-il que ces écoles juives (et les autres en formation spéciale) ne devraient-elles pas respecter la Saint-Jean-Baptiste ????

    La ministre dit que ces écoles juives se conformeront désormais au programme. Même au cours ECR ? Avec tout l'élement "dialogue" et l'interdiction pour les professeurs de ne pas être neutres ? Pourtant des rabbins juifs ont dit que c'était impossible,il faut dire pour un juif que certaines choses sont fausses en matière morale et religieuse....

    Qui aura le courage de poser les bonnes questions, de savoir ce que contient vraiment l'entente avec ces écoles, ce qui s'y passe en pratique pour le ECR ?

  • André Loiseau - Inscrit 12 février 2010 07 h 47

    Les déguisements

    Il est habile de légalisé l'illégalité et M. Charest s'y connait bien.
    Par équité, nous devrons maintenant faire suivre et accommoder les us et coutumes des autres croyances car nul n'a le monopole de la vérité. Nous condamnons le port de la burqa et parfois celui du voile mais messires les juifs peuvent se promener allègrement costumés de noir avec rouflaquettes au chapeau. Il est vrai qu'ils respectent la démocratie en donnant à César ce qui revient à la caisse de César.

  • jacques noel - Inscrit 12 février 2010 08 h 19

    A quand UNE école nationale au Québec?

    En France on va à l'école française et aux États-Unis à l'école américaine.
    A quand une école nationale au Québec, française et laique, pour TOUS les élèves, de la maternelle à la 6e année
    Fini l'école juive, italienne, grecque, musulmane, anglaise. UNE seule école nationale pour tous les enfants du Québec

  • Bernard Gervais - Inscrit 12 février 2010 08 h 59

    Le petit jeu de cachette des libéraux à Charest

    Suite aux très nombreuses protestations qui avaient forcé le premier ministre Charest à envoyer aux calandres grecques le projet de loi 16 de sa ministre Yolandes James à l'automne 2009, les libéraux ont appris leur leçon.

    Désormais, quand il décide de permettre des accommodements raisonnables, le gouvernement y va au cas par cas et agissant en catimini, comme vient de le faire la ministre Courchesne !

  • roger montreal - Inscrit 12 février 2010 09 h 32

    La ministre COURCHESNE a un bon proffesseur en CHAREST pour manipuler les gens

    Comme sont CHEF «CHAREST»la ministre COURCHESNE fait tous ses mauvais coups en catiminis.
    Faut comprendre quelle a un bon ptofesseur avec sont «CHAREST» qui est passé maitre en la matiere.
    Le premier ministre notre «plus meilleur comme dirait CHRÉTIEN» en environnement dit une chose et sont contraire. Il c est fait reprendre en INDE ,piour les autos il c est fait contredir par le premier dE l ONTARIO hier, «DANS UN AUTRE ARTICLE DE SE JOURNALz»il ets contre les sables bitimineux«raison» mais la province va payer des gens pour aller investir en ALBERTA ETC.
    COMMENT LES GENS PEUVENT IL CROIRE SE GOUVERNEMENT
    ROGER MONTREAL