Le plan de relance économique - Un optimisme excessif

La situation de l'économie canadienne serait en train de se stabiliser grâce au plan de relance adopté lors du dernier budget, soutenait jeudi le premier ministre Stephen Harper dans un rapport au Parlement sur la mise en oeuvre de ce plan. Des 29 milliards de dollars prévus pour le présent exercice financier, 80 % seraient déjà engagés. La réalité est cependant tout autre, car pour l'essentiel tout est encore dans le pipeline administratif.

Ce plan de relance comprenait des réductions d'impôt pour une valeur de 3 milliards et l'injection de 2,7 milliards pour les chômeurs. On peut admettre avec le premier ministre que les travailleurs ont commencé à profiter de ces deux mesures, ce qui est loin d'être le cas pour les 11,5 milliards accordés à l'industrie automobile, qui est encore dans la phase de réforme structurelle. Et encore moins pour les 9,8 milliards prévus pour les programmes d'infrastructures, qui commencent à peine à être annoncés. Trop peu de chantiers sont démarrés, disent les premiers intéressés que sont les administrations municipales. Les emplois sont encore à être créés.

L'optimisme qu'affiche Stephen Harper trouve son fondement dans la nécessité qu'il a de convaincre les partis d'opposition de lui renouveler leur confiance lors d'un vote la semaine prochaine qui portera sur sa gestion de la crise économique. Bloquistes et néo-démocrates sont décidés à défaire le gouvernement, tandis que les libéraux hésitent ou, du moins, font semblant d'hésiter.

Tous savent bien que les élections estivales qui suivraient la défaite du gouvernement en chambre sont le pire des scénarios. Des élections viendraient paralyser pendant plusieurs semaines le cheminement des projets d'infrastructures au sein de l'appareil gouvernemental qui s'arrêterait jusqu'à la formation du prochain gouvernement. Cela nous conduirait à la fin de l'été et plus loin encore s'il y avait changement de gouvernement. C'est ce dont on a le moins besoin en ce moment.

Le premier ministre Harper mise là-dessus pour gagner du temps. Plus la situation économique s'améliorera, plus ses chances de retrouver la confiance des Canadiens augmenteront. On peut compter que sitôt le vote de confiance passé, la machine à annonces s'activera. Les ministres conservateurs seront partout à la fois pour lever des «premières pelletées de terre». Chaque comté aura son projet. Le plan de relance économique deviendra dès lors un plan de relance électorale pour les conservateurs. Ce n'est certainement pas la meilleure chose que se confondent ainsi intérêts partisans et intérêts économiques.

À voir en vidéo