Les primes d'AIG - La soustraction

Contre les employés et cadres ayant perçu des millions et des millions de primes pour les contre-performances qui ont vidé les caisses d'American International Group (AIG), la Chambre des représentants entend utiliser la bombe fiscale. À une forte majorité, les élus ont voté une proposition commandant un prélèvement de 90 % sur les primes accordées à des personnes travaillant pour des sociétés ayant bénéficié d'un secours fédéral d'au moins cinq milliards de dollars. Si le Sénat adopte cette proposition la semaine prochaine, alors le tout sera effectif dans une quinzaine.

Pour le président Barack Obama et surtout pour le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, cette offensive des parlementaires arrive à point nommé. En effet, au cours des deux derniers jours, l'exécutif était la cible de critiques de plus en plus dures. En ce qui concerne plus précisément Geithner, il n'a échappé à personne qu'en sa qualité de président de la Réserve fédérale de New York, il fut l'un des principaux architectes des programmes d'aide financière accordés l'automne dernier à AIG et aux banques. Qu'il était donc bien au fait des mécanismes afférents à ces fameuses primes.

Qui plus est, ici et là on s'est employé à dire et répéter que le principal conseiller économique d'Obama, Lawrence Summers, était le secrétaire au Trésor de l'administration Clinton en 1999. Et alors? C'est sous sa gouverne que l'État a rayé d'un trait de plume la réglementation interdisant le mariage des banques avec les assurances. Sous sa gouverne également que l'État avait déréglementé la commercialisation des produits dérivés.

Or, qu'est-ce qui a conduit AIG au bord de la faillite? Le credit default swap, soit cette assurance qui ne se présentait pas comme telle afin d'échapper au radar des autorités réglementaires. Il va sans dire que, lors des deux mandats Bush, le zèle antiréglementaire fut observé à un point tel qu'aujourd'hui encore, les établissements financiers peuvent faire à peu près tout et n'importe quoi. Sauf que désormais le pouvoir exécutif ainsi que le pouvoir législatif ne peuvent pas se permettre de faire l'économie d'un débat sur une vaste re-réglementation.

En effet, il ne pourra en être autrement pour la bonne raison que la rue américaine, main street comme on dit là-bas, a exprimé sa profonde colère contre cette histoire de primes. Il est d'ailleurs intéressant de noter que si autant d'élus républicains ont préféré voter la proposition démocrate plutôt que celle des dirigeants de leur parti, c'est parce qu'ils ont saisi que la colère en question était si profonde qu'elle pourrait se transformer en quelque chose de plus violent.
4 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 20 mars 2009 08 h 47

    Pendant ce temps à la Caisse de dépot

    on attend toujours la liste des bonis des cadres...

  • André Lavoie - Inscrit 20 mars 2009 08 h 56

    Les amaricains encore en avant.

    « c'est parce qu'ils ont saisi que la colère en question était si profonde qu'elle pourrait se transformer en quelque chose de plus violent. »
    Est-ce à dire que c'est vrai que les Amaricains sont plus évolués que les Québécois?

  • NELL HALLE - Inscrit 20 mars 2009 10 h 25

    A I G les primes!!

    On sais tous que les États unis sont la locomotive qui transfert au Canada toutes sorte de politiques bonne ou mauvaise. Mais de temp en temp elles sont acceptable, Prenons leur nouvelles loi qui va obliger les chanceux a payer autour de 90% d'impot pour leurs primes.
    Il serait temp que l'on commence a entendre parler de ce coté-çi de la frontière de nos têteux de ristoune , Nous en avons içi aussi. la caisse/ radio canada etc etc.
    Qui oseras débuter la marche??

  • Stéphane Doré - Inscrit 20 mars 2009 10 h 55

    Pourquoi pas 90% d'imposition sur tout bonis de plus 100 000$ ?

    Restreindre la mesure aux seuls compagnies bénéficiant des largesses de l'état est insuffisant. Que les arnaqueurs de petits actionnaires paient, tout azimut!

    Ça nous prend ça au Canada aussi.