Discours d'Obama - Les bigots

Depuis son installation à la Maison-Blanche, le président Barack Obama et son cabinet sont confrontés à une asphyxie financière, une crise automobile, une hausse brutale du chômage, une augmentation marquée des faillites personnelles, une sécheresse budgétaire conséquente à une gestion désastreuse du bien public sous la présidence Bush et la domination des républicains au Congrès. On passe sur les défis environnementaux et sociaux, eux aussi évoqués par le chef de l'exécutif dans son discours devant les élus des deux Chambres, pour mieux souligner et retenir que les républicains ont conjugué une fois encore leurs réponses avec irresponsabilité, leurs réactions avec bigoterie idéologique.

Le pays part à vau-l'eau, la planète financière est à cran depuis des mois, mais selon ces dévots du créationnisme, l'État devrait se cantonner de faire le service minimum. Quand on songe aux prédictions avérées de l'économiste Nouriel Roudini, quand on s'arrête aux mises en garde répétées de Paul Krugman, Nobel 2008 de l'économie, c'est ce que l'État a fait: le service minimum.

À cause de leur obstination, le plan de stimulation économique élaboré par l'administration Obama n'a pas l'envergure que commande l'ampleur des désastres industriels et financiers. Quoi d'autre? À peine Obama a-t-il évoqué une suppression des avantages fiscaux

accordés par Bush que des républicains sont montés aux barricades pour crier leur indignation. Combien de fois faudra-t-il répéter que les déductions allouées aux riches américains

profitent avant tout à l'industrie du luxe italienne et française, qu'elles ne rapportent pas un kopeck aux États-Unis d'Amérique?

Après 15 mois de marasme financier, on n'a toujours pas établi le montant des actifs toxiques qui traînent dans les coffres des banques. Chose certaine, au début on les estimait à 500 milliards, puis ce fut 1000 milliards, puis le FMI avança le chiffre de 2000 milliards après que Roudini, le premier analyste ayant prédit l'explosion des bulles immobilières et bancaires, eut annoncé que le tout pourrait avoisiner les 3000 milliards. Autrement dit, on sait aujourd'hui que la décadence financière promet des lendemains plus graves que ceux envisagés lorsqu'on assista à l'amorce de ce feuilleton sinistre. Mais selon les républicains, l'exécutif devrait rester les bras croisés. D'après eux, le président devrait même rester indifférent aux conséquences sociopolitiques, certaines assurément violentes, qu'entraînerait cette posture. Ces républicains sont lamentables, pitoyables.

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