Sommet du G20 - La partition de Berlin

En vue du sommet du G20 qui se tiendra dans un mois et quelques jours, les dirigeants des six puissances économiques européennes ont accordé leurs violons. Au terme de la réunion organisée à l'initiative de la chancelière allemande, Angela Merkel, les leaders de l'Espagne, de la France, de l'Italie, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont arrêté des mesures qui risquent de froisser, c'est le moins que l'on puisse dire, une Amérique du Nord toujours rétive à l'encadrement des marchés, à la réglementation des flux financiers.

Au terme de leur rencontre, ces chefs d'État ont convenu que tous les marchés, tous les acteurs financiers et la panoplie de véhicules financiers qu'ils inventent et négocient, tous les fonds d'investissements spéculatifs, tous les produits pouvant provoquer un risque systémique doivent être l'objet «d'une surveillance et d'une régulation appropriées». En outre, Merkel et ses collègues ont décidé de s'attaquer aux paradis fiscaux. Ils prévoient proposer une série de sanctions contre les pays ou juridictions qui entendent poursuivre leur travail de sape.

À cet égard, la position adoptée a ceci de singulier que, lors du dernier G20 tenu à Washington en novembre dernier, lors du dernier G20 consacré à la débandade financière, le président Bush ainsi que le premier ministre britannique, Gordon Brown, s'étaient opposés en la matière au duo franco-allemand. Depuis lors, l'économie britannique s'étant réduite à une peau de chagrin, Brown a changé son fusil d'épaule en se rangeant à l'idée que les paradis en question doivent être disciplinés. À tout le moins.

Quoi d'autre? Merkel et ses homologues ont jugé que l'état actuel de la planète économique commande une multiplication par deux des fonds dont dispose le Fonds monétaire international (FMI). Inattendue, l'ampleur du soutien qu'entendent accorder les Européens au FMI s'explique en grande partie par une nouvelle... hantise! De quoi s'agit-il? L'effondrement des économies des anciens satellites de l'Union soviétique et celui, possible, de l'Espagne et de la Grèce inquiètent énormément. On estime que si l'on ne consent pas des secours à ces nations dans les plus brefs délais, on prend le risque de mener l'Union européenne sur la voie de l'implosion. Car il se trouve que le réseau...

Le réseau bancaire de la Pologne et de la Hongrie, de la Roumanie et autres nations de l'est et du centre de l'Europe est en fait entre les mains des banques de l'Europe de l'Ouest. Par effet boomerang, la chute de la maison polonaise ou hongroise a plombé en particulier l'Autriche. En effet, les établissements financiers de ce dernier pays ont été passablement fragilisés par ses investissements en Hongrie et ailleurs. En fait, la ribambelle de propositions formulées après ce mini-sommet annonce un sérieux bras de fer avec les États-Unis, la Chine et probablement le Japon lors du prochain G20.

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