GM, Ford et Chrysler - État de l'auto

Jusqu'à tout récemment, tout un chacun croyait qu'un prêt gouvernemental de 25 milliards à l'industrie automobile suffirait à sa remise à flot. Ce n'est plus le cas. Voilà en effet qu'après révision des colonnes de chiffres, les trois géants de Detroit estiment que leurs besoins financiers, besoins disent-ils immédiats, s'élèvent à 34 milliards de dollars américains. En moins d'un mois, les patrons de GM, de Ford et de Chrysler ont majoré de près de 10 milliards le secours en espèces sonnantes qu'ils souhaitent obtenir d'un État réputé être lui-même très endetté.

Entre l'exposé qu'ils ont décliné devant les membres du Congrès le mois dernier et celui en cours cette semaine, que s'est-il donc passé? De deux choses l'une, soit ils avaient bâclé leur présentation devant les sénateurs comme ces derniers l'ont suggéré, et donc sous-évalué l'état financier de leurs entreprises, soit ils sont totalement dépassés par les événements. C'est peut-être bien les deux.

Toujours est-il qu'aujourd'hui GM et Chrysler assurent que, si Washington ne leur accorde pas 11 milliards dans les jours qui viennent, ils seront en faillite d'ici la fin du mois. Rien de moins. En fait, c'est à se demander s'ils ne le sont pas déjà quand on sait que GM a confié avoir très peu de liquidités. Chose certaine, l'inventaire des ventes effectuées en novembre s'avère le plus désastreux en trente ans. Et ce, après un mois d'octobre en tous points similaire. Bref, GM et Chrysler sont d'ores et déjà perçues par les consommateurs comme étant au bord du précipice.

La vitesse avec laquelle la situation des constructeurs de Detroit se détériore est si vive que leur requête, leur appel à l'aide, se comprend aisément. Il est d'ailleurs fort probable qu'ils vont obtenir satisfaction. Tant le président élu que la leader démocrate du Congrès, Nancy Pelosi, ont martelé que la chute de ces entreprises devait être évitée étant donné le nombre imposant de sociétés qui gravitent autour.

Cela étant, il faut espérer que, si un prêt leur est accordé, celui-ci s'accompagne d'un cahier des charges les obligeant à réformer de fond en comble leur modus operandi. Car ce ne serait pas la première fois que l'État répare les pots cassés par leur incompétence. Comment expliquer leurs difficultés à concevoir des produits concurrentiels à ces japonaises qui leur taillent des croupières, leur grugent des parts de marché année après année depuis trente ans? Et puis...

Et puis, comment se fait-il que, à la tête de GM depuis huit ans, Rick Wagoner n'ait rien vu venir? Que l'État leur vienne en aide afin d'éviter que des millions de personnes se retrouvent au chômage est probablement la seule chose à faire. Mais souhaitons que cette fois-ci on leur enseigne le principe de... réalité.

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