L'arrogance blessée

Dans le camp Clinton, rien ne va plus, du moins pour l'instant. Après avoir essuyé quatre revers en autant de primaires et caucus au terme de la fin de semaine, la candidate à la candidature a décidé d'employer les grands moyens: le renvoi de sa directrice de campagne. Le motif? Elle a été jugée responsable des contre-performances enregistrées lors du Super Mardi et d'une gestion bancale du nerf de la guerre: l'argent. Un changement de la garde qui lève le voile sur bien des aspects de la stratégie Clinton. Déclinons.

Fort de la longueur d'avance que les sondages accordaient à la sénatrice de l'État de New York l'automne dernier, son état-major avait échafaudé un plan de bataille qui prévoyait la fin des hostilités le 5 février, soit au terme du Super Tuesday. Dans leur esprit, il ne faisait aucun doute qu'après la divulgation des résultats, Barack Obama, John Edwards et consorts rendraient les armes. Mieux qu'ils se rangeraient comme un seul homme derrière Hillary Clinton.

Ce faisant, ils ont misé gros, financièrement parlant, en fonction de cet objectif du 5 février. Ils ont dépensé sans compter. Pire, il faut préciser que leur mécanisme de collecte des fonds était tout ce qu'il y a de classique. Alors que, dans le camp de Barack Obama, l'équipe chargée de remplir les coffres a développé une recette qui s'est avérée très rentable sur le front d'Internet. Bref, ils ont usé de toutes les possibilités que proposent le «ouaibe», les .com et autres mantras informatiques.

Cet aspect mis à part, il faut évoquer maintenant les caucus. Mettre en relief, pour être plus précis, les enseignements qui permettent de distinguer les offensives en présence. Le tout pourrait se résumer en une question: comment se fait-il qu'Obama ait remporté tous les caucus? Réponse: sa gestion du terrain, son organisation de campagne au ras des pâquerettes que supposent les caucus est de loin plus efficace que celle de Clinton.

Signe d'un désarroi certain, voilà que les Clinton font un lobby d'enfer auprès de l'establishment démocrate. Ils voudraient que ce dernier renverse la décision prise contre l'État de la Floride. De quoi s'agit-il? Les démocrates locaux ayant décidé d'organiser la primaire à une date différente des primaires antérieures, ils ont été punis. Les bonzes du parti leur ont signifié que les délégués de la Floride ne seraient pas reconnus comme tels lors de la convention.

À la suite de cette décision, Clinton, Obama et Edwards avaient convenu de ne pas faire campagne en Floride. Mais voilà qu'au dernier jour, la sénatrice a décidé de faire un pied de nez à l'endroit de ses concurrents. Elle s'est rendue à Miami et dans les environs. Elle a évidemment remporté le vote. Et voilà que, depuis les derniers jours, elle réclame que la punition soit annulée et qu'on lui accorde donc l'addition de 210 délégués.

On le répète. Les belligérants signent un accord verbal stipulant qu'aucun d'entre eux ne se rendra en Floride. À la onzième heure, Madame déchire l'accord en miettes. Puis réclame que la punition soit levée à son avantage. Le moins que l'on puisse dire est que le procédé relève de l'effronterie. De l'effronterie la plus foncière qui soit.
2 commentaires
  • Yvon - Inscrit 12 février 2008 06 h 22

    Cling...

    C'est ça être responsable en politique. Ils sont tous très honnêtes. Il n'y pas plus honnête qu'un politique. Il n'y a que les politiques qui sont honnêtes. La preuve, ce sont eux qui font/défont les lois. D'ailleurs, pour devenir président des USA, il faut être absolument hoonnête.

  • nicole ouellet - Inscrite 12 février 2008 08 h 35

    des vessies pour des lanternes

    Quand ton passage à la présidence des USA est décidé et organisé depuis 30 ans il faut bien prendre tous les moyens odieux pour y arriver.Il n'y a rien de démocratique dans une élection, les fils des marionnettes sont activés vers un but: celui déterminé par L'AUTORITÉ au dessus des voteurs.