Le retrait de Blair

Alors que l'administration Bush augmente et concentre à Bagdad les troupes chargées d'atténuer les tensions entre chiites et sunnites, voilà que le premier ministre Tony Blair annonce ou plutôt confirme le retour au bercail de quelques centaines de militaires britanniques d'ici décembre 2007. Dans la foulée, Blair a confié que si la pacification de l'Irak devait prendre l'ampleur souhaitée, le nombre de soldats qui reprendront la direction du Royaume-Uni se chiffrera par milliers. En un mot, la taille du contingent se confondra avec minceur à la fin de 2008.

À l'origine de ce repli, il y a essentiellement deux variables: la paix relative qui distingue les trois provinces du pays placées sous la direction des Britanniques et le rythme pris par la recomposition et l'entraînement de l'armée irakienne. Peut-être faudrait-il en ajouter une troisième: la cote de popularité de Blair étant à son plus bas, ce dernier souhaitait retrouver un peu de la faveur d'antan avant de remettre les clés du 10 Downing Street à l'actuel ministre des Finances, Gordon Brown.

En ce qui concerne le calme, relatif, on le répète, qui a cours dans le sud de l'Irak, il s'explique avant tout par un facteur religieux. À Bassora, deuxième ville en importance du pays, et dans les environs, les chiites sont plus que majoritaires. Cette région n'a jamais été le théâtre d'affrontements sanglants comme ceux qui se poursuivent dans la capitale.

Maintenant, en ce qui a trait à l'efficacité de l'armée et de la police, le... temps a fait son oeuvre. Aujourd'hui, on estime que le contingent militaire irakien en mesure ou presque en mesure d'épauler les forces de la coalition se compose d'environ 120 000 hommes. La police? Ses effectifs s'élèveraient à 135 000. Tout logiquement, il est plus aisé aujourd'hui de dater le retour de militaires étrangers.

Cela étant, contrairement à ce que laisse croire l'annonce faite par Blair, la gestion ou, plus exactement, la suite de ce dossier appartient à Gordon Brown. Celui-ci va succéder à Blair au cours des prochains mois, voire au cours des prochaines semaines. En effet, peu de jours passent sans que le public, par sondages interposés, ou des acteurs influents de la scène politique prient Blair de plier bagage au plus vite. Quoi d'autre? Le soutien de Gordon Brown à l'invasion de l'Irak ayant été tiède dès le début de cette sinistre aventure, il ne serait pas étonnant qu'il devance le rappel des autres, histoire d'enquiquiner son frère ennemi: Tony Blair.

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