Qui est le plus écolo ?

Il y a quelques jours, la critique de l'opposition en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, est revenue à la charge pour attribuer au secteur privé la responsabilité des difficultés d'implantation de parcs d'éoliennes dans certains coins du Québec. Si Hydro-Québec devenait le maître d'oeuvre, laisse entendre la députée du Parti québécois, les choses iraient mieux. Pourtant, rien n'est plus faux!

Le passage à l'énergie éolienne est une bonne décision pour le Québec sur le plan environnemental. Déjà, sous le gouvernement précédent, on avait entrepris de développer cette filière énergétique en lançant un premier appel d'offres pour l'achat de centaines de mégawatts du secteur privé. Mais c'est sous le gouvernement actuel que les choses se sont accélérées, peu de temps après l'annulation du projet d'usine thermique du Suroît. D'ici une décennie, ce sont quelque 4000 mégawatts d'énergie qui proviendront du vent, soit 10 % de la capacité de production totale d'électricité du Québec.

À l'époque où les éoliennes n'étaient qu'une bonne idée avancée par les environnementalistes comme solution alternative au thermique, au nucléaire, voire à l'hydroélectricité, personne n'avait d'objection. Mais le jour vint où il fallut ériger ces tours sur de vraies

montagnes du pays réel, et c'est alors que les problèmes commencèrent. L'éolien, c'est

merveilleux, mais pas chez nous, ont répondu d'autres environnementalistes, ceux-là défenseurs de paysages naturels et de silence.

C'est alors qu'entre en scène Mme Dionne-Marsolais au nom de l'opposition. Si la grogne s'installe, avance-t-elle, c'est à cause de l'entreprise privée, qui «modifie complètement le paysage pour le profit». En conséquence, il faut qu'Hydro-Québec prenne l'affaire en main puisque notre société d'État, elle, «doit tenir compte de l'acceptabilité sociale du projet qui lui est présenté».

Tiens donc! Mme Marsolais aurait-elle déjà oublié les aventures d'Hydro-Québec dans le paysage québécois? Hertel-des Cantons, ce nom ne lui rappelle-t-il rien? À cette époque, la députée était pourtant membre du même gouvernement que le ministre responsable d'Hydro-Québec qui avait traité les opposants de «gosseux de poils de grenouille».

Hydro-Québec étant un monopole public, elle possède des pouvoirs d'expropriation dont l'entreprise privée ne pourra même jamais rêver. Lorsqu'elle souhaite vous passer une ligne de transport par-dessus la tête, elle doit procéder à des consultations préalables et tenter de trouver la solution la moins mauvaise, mais une fois la décision prise, tassez-vous, le monstre s'installe!

Au contraire, la formule actuelle, qui consiste à forcer chaque entreprise qui obtient un contrat d'installation d'éoliennes à négocier avec les intervenants d'une région et les propriétaires des terres, risque d'aboutir à des résultats plus acceptables. En dernier recours, Hydro-Québec peut refuser un projet qui ne serait pas jugé acceptable.

En fait, le problème n'est pas de savoir qui, d'Hydro-Québec ou de l'entreprise privée, est le mieux placé pour faire accepter un projet de parc éolien mais plutôt qui est prêt à accepter la présence permanente de moulins à vent au sommet de ses montagnes et moyennant quel prix. Avouons qu'il sera souvent difficile, voire impossible, de satisfaire tout le monde et sa mère à la fois. Et ce, quel que soit le promoteur.

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j-rsansfacon@ledevoir.com

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3 commentaires
  • Maurice Monette - Inscrit 7 juillet 2006 12 h 55

    Qui est le plus ÉCOLO ou, le plus ÉCONO...?

    Monsieur Sansfaçon est possiblement bien intentionné en critiquant vertement tous les soient-disant abus qu'on pourraient attribuer à HYDRO-QUÉBEC mais, je pense que son argumentaire en faveur du secteur privé laisse entrevoir qu'il est possible que celui-ci ait été soudoyé par le "PRIVÉ", pour "cracher" sur le FAIT de demeurer MAÎTRES chez-NOUS.

    Avec l'EXPÉRIENCE qu'HYDRO a pu cumuler au cours des dernières décennies, ces gens devraient être quand même plus respectueux de l'environnement. En tout cas, sûrement autant sinon, plus que le PRIVÉ car, $eul le profit intére$$e ce secteur. Donc, pour cette $imple rai$on, il est évident que la production d'électricité grâce à l'éolien est l'affaire de chercher à produire de l'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE au moindre coût et LA redistribuer en faisant le$ plu$ gro$ profit po$$ible$. Donc, une ÉNERGIE qui minerait la bour$e de$ gens et qui suivrait les LOIS du MARCHÉ. Pourtant, CELLE-CI est devenue une DENRÉE pratiquement ESSENTIELLE de nos jours donc, LA "laisser entre les main$ d'OGRE$ du MARCHÉ" est totalement IRRE$PON$ABLE.

    Nombre de gens ne pourront pas se payer ce LUXE et la $ociété Humaine $aine du Québec deviendra de plus en PLUS dominée par le$ RICHE$ qui ne pen$eront qu'à faire le plu$ d'argent po$$ible avec ce DON du CIEL...GRATUIT !

    Alors, Monsieur Sansfaçon croyez-Vous toujours aux vertu$ du "PRIVÉ"...?

  • Maurice Monette - Inscrit 7 juillet 2006 15 h 20

    Écolo vs Écono 2iéeme partie...!

    Monsieur Sansfaçon,
    tout comme les bassins des RÉSERVOIRS qu'HYDRO-QUÉBEC a su créer afin de "MAÎTRISER" la RESSOURCE NATURELLE qu'est l'EAU et d'en faire profiter TOUS les gens du Québec et d'en gratifier d'autres populations, le VENT est un autre DON du CIEL mis à notre DISPOSITION pour apprendre en avoir la MAÎTRISE et en faire bénéficier les populations qui y auraient accès, au moindre COÛT po$$ible. Ce$ DON$ du CIEL n'ont pas de PRIX et sont mis à notre DISPOSITION pour pouvoir être plus aisément APTES à ÉVOLUER, en GRÂCE et en $AGE$$E.

    À partir de cette PRÉMISSE, sachant que ce sont des DONS qui NOUS sont faits pour auqmenter notre "MAÎTRISE" sur notre environnement, dans le BUT de NOUS rendre la VIE sur cette "TERRE d'ÉMERAUDE" plus agréable alors, il serait INVOLUTIF de s'en servir pour créer du LUCRE.

    Donc, si NOUS voulons NOUS protéger contre les divers "OGRE$ du LIBRE-MARCHÉ" qui $ont de plu$ en PLU$ VORACE$ de nos jours alors, il faut au moins garder le prix de ces DON$ du CIEL le plu$ ba$ po$$ible, afin de garder un certain avantage sur le MARCHÉ débridé qu'est le "LIBRE-ÉCHANGE".

    Je le répète, ce sont des DON$ CÉLE$TE$ pour affiner notre "MAÎTRI$E" dans différents domaines et ce n'est pas mis à notre DIPOSITION pour THÉ$AURI$ER....

  • Claude L'Heureux - Abonné 9 juillet 2006 12 h 56

    Et le nord?

    La logique de monsieur Sansfaçon semble avoir des failles. Il est vrai qu'Ydro-Québec est puissante mais c'est notre gouvernement qui doit la contrôler. Comme de lui demander d'installer des éoliennes dans le grand-nord, là où le vent souffle le plus fort. Ces moulins pourraient réchauffer les communautés authoctones et leur apporter des revenus... du sud. Quand aux projets en zones habitées les revenus iraient à des firmes étrangères, fort possiblement états-uniennes, pour alimenter ce pays qui n'en veut pas... Il préfère notre électricité et le gaz de l'ouest, foi de Rabaska!