Perspectives et suggestions pour 2006

Le marché boursier canadien a poursuivi sa montée en 2005, tout comme le dollar canadien. L’indice S&P/TSX ayant atteint 11 587 points la semaine dernière, dépassant ainsi la marque des 11 388,8 points établie au sommet de la bulle techno le 1er septembre 2001.

Les ressources naturelles

2005 a été l'année des ressources naturelles et, plus particulièrement, celle de l'énergie. Souvenons-nous que le prix du baril a atteint près de 70 $US à la fin du mois d'août.

L'intense activité économique de la Chine et de l'Inde a fortement contribué à la croissance du secteur. Évidemment, rien n'assure que le même scénario se reproduira en 2006. Il subsiste toujours certains risques qui pourraient affecter la croissance des deux pays. Par exemple, on ne peut pas négliger le fait que la Chine n'est pas à l'abri d'une crise bancaire compte tenu de la fragilité de ce secteur. De plus, la croissance soutenue que connaît la Chine ne peut pas continuellement se perpétuer. Après une augmentation du PIB de 7,5 % et de 8,3 % en 2001 et en 2002, l'économie chinoise s'est accélérée à un rythme de 9,5 % en 2003 et en 2004. Pour l'année dernière, les estimations font état d'une croissance de l'ordre de plus de 9 %.

Rentrer dans le secteur des ressources en 2006 dans le cadre d'un fonds spécialisé n'est certainement pas une option appropriée. Il faut au contraire s'assurer de ne pas surpondérer ce secteur et ne pas se laisser transporter dans des montagnes russes.

Pour ceux qui auraient l'idée d'investir en Chine, sachez que les rendements du marché boursier chinois n'équivalent toujours pas sa croissance économique. Encore cette année, les fonds spécialisés dans ce pays enregistrent des rendements plutôt faibles. Les deux plus gros fonds chinois, l'AGF catégorie direction Chine et le Talvest Chine plus, obtiennent des rendements respectifs de 6,6 % et de -0,3 % sur un an. Les raisons derrière cette faiblesse du marché chinois sont multiples. Le respect des normes comptables n'est pas aussi strict qu'en Occident, et le gouvernement communiste au pouvoir intervient dans la gestion des entreprises.

Les actions canadiennes

Le rendement du S&P/TSX devrait toutefois être plus modeste qu'en 2005, le secteur des ressources ne pouvant pas maintenir un tel rythme de croissance. De plus, il faut garder à l'esprit qu'une baisse importante du prix du pétrole pourrait avoir un impact significatif sur le marché boursier canadien.

Pour participer à la croissance boursière tout en diminuant le risque, les fonds d'approche valeur constituent une option tout à fait appropriée. Le fait que les gestionnaires d'approche valeur soient des chasseurs d'aubaines, ne considérant que les entreprises dont la valeur intrinsèque est inférieure à leur valeur boursière, les amène à éviter de trop toucher aux secteurs en surchauffe.

Voici quelques-unes de mes sélections préférées de fonds d'approche valeur qui peuvent aisément constituer le noyau solide d'un portefeuille: CI Harbour, Mackenzie Cundill canadien sécurité et Renaissance valeur de base canadien. Les mêmes gestionnaires à la tête de ces fonds ont évité l'effondrement des titres techno et seront en mesure d'éviter les dommages possibles reliés à des fluctuations du secteur des ressources naturelles.

Les actions étrangères et le dollar

La performance des trois dernières années du marché canadien incite évidemment à investir massivement dans les titres canadiens et à reléguer aux oubliettes le marché international. Pourtant, avec la hausse du dollar canadien, il y a des rabais possibles du côté des actions étrangères. Soulignons que le dollar canadien a gagné pas moins de 30 % sur trois ans par rapport au dollar américain et 19 % par rapport à l'euro. Toutes choses étant égales par ailleurs, la montée du huard a créé de bonnes occasions d'investissement à l'étranger.

Malgré le meilleur prix d'acquisition des titres américains à la suite de la baisse du billet vert, je ne suggère toujours pas l'acquisition d'un fonds américain pour la plupart des investisseurs. Ma suggestion va plutôt du côté des fonds d'actions internationales, où les gestionnaires jouissent d'une certaine latitude pour modifier la répartition géographique. Voici certains produits de cette catégorie qui méritent une attention particulière ainsi que leur pondération aux États-Unis: Mackenzie Cundill valeur (9,7 %), Fidelity Étoile du Nord (32,6 %) ainsi que Brandes actions globales (39,2 %).

Les taux d'intérêt

En septembre 2005, la Banque du Canada a repris son resserrement de la politique monétaire, et ce, après une pause d'un an. Pour la prochaine année, on s'attend à ce que les taux d'intérêt continuent à monter. Comme l'inflation est contrôlée, les hausses devraient être modérées. Un fonds d'obligations géré activement a toujours sa place dans un portefeuille puisque le gestionnaire peut varier les échéances des obligations pour réduire le risque. FISQ offre un produit intéressant pour faire face à l'inflation: FISQ obligations à rendement réel, un produit créé en mars 2004.

Ce contexte de hausse de taux permettra aux investisseurs de pouvoir se procurer des obligations à des taux plus élevés et ainsi soulager les investisseurs qui misent sur la détention de titres à revenus fixes. D'un autre côté, les taux hypothécaires suivront le chemin de la hausse. De petites hausses de taux peuvent signifier de gros paiements supplémentaires dans le cas d'une hypothèque. Cette situation pourrait prendre la forme d'un réveil brutal pour ceux qui n'ont pas été prévoyants.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.

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