Festival mondial des arts pour la jeunesse: Audaces et autres curiosités

On en est déjà à mi-course, mais près d'une quinzaine de spectacles doivent encore prendre l'affiche du festival d'ici à la fin de la semaine qui s'amorce. Avant de revenir sur ce que j'ai vu depuis notre dernière rencontre, voici quelques suggestions qui apparaissent, pour une raison ou pour une autre, incontournables.

D'abord Léon le nul. Cette coproduction du Théâtre de la Pire Espèce et du Théâtre Bouches décousues est parvenue à séduire la grande majorité de mes «informateurs». Délaissant presque le théâtre d'objets qui caractérisait jusqu'ici la Pire Espèce, la production a frappé tout le monde par son audace et par sa forme; je ne l'ai pas encore vu mais il reste trois représentations au Théâtre d'Aujourd'hui demain à 10h et mercredi et jeudi, à 19h. On s'en reparle.

Il ne faudra pas rater non plus ces fameuses Illuminations qui ont déjà fait couler beaucoup d'encre. Cette mise en théâtre de certains poèmes de Rimbaud par la compagnie française Les Petites Heures sera désormais présentée dans la salle de répétition du TNM, de mardi à jeudi à 19h. On devrait s'y précipiter... ne serait-ce que pour le texte.

On peut dire la même chose de ces deux productions mexicaines de la Compañia teatral Los Endebles qui vient présenter ici deux textes québécois. Nos lecteurs connaissent bien le premier, La Historia de la Oca, (L'Histoire de l'oie) puisque la production du Théâtre des Deux Mondes a déjà été jouée plus de 500 fois partout dans le monde; mais il sera intéressant de voir comment les Mexicains ont abordé cette histoire de violence faite aux enfants. Même chose d'ailleurs pour El puente de piedras y la piel de imágenes, la version espagnole d'un texte moins connu de Daniel Danis, Le Pont de pierres et la peau d'images. Notez que les deux productions seront présentées avec surtitres anglais et français, ce qui devrait être le cas de tous les spectacles du festival, mais qu'on a laissé tomber trop souvent depuis le début. Bon. Retournons en arrière... pour mieux continuer à avancer.

En fait, j'ai vu deux trucs depuis notre dernier rendez-vous ici, samedi: Pequeñas Histórias et L'Encyclopédie de Mr. Pi. En faisant un effort pour être gentil, on peut dire du dernier de ces spectacles qu'il n'a pas vraiment sa place dans un événement de l'envergure de ce festival, mais pas vraiment plus.

Pequeñas Histórias, une production de la compagnie péruvienne Teatro Hugo & Inés, pose par contre des questions intéressantes. Le spectacle est une sorte d'hybride entre la marionnette à main et le mime. Les deux comédiens «performeurs» sont d'une dextérité à couper le souffle: ils réussissent à donner vie à des personnages étonnants en se plaquant un nez de clown sur un genou ou sur la plante du pied ou encore en enfilant un gant. Chapeau! Faisant aussi preuve d'une inventivité déconcertante et d'une maîtrise éblouissante, ils nous racontent en une douzaine de tableaux de toutes petites histoires qui se suffisent à elles-mêmes et qui toutes transpirent d'abord le bonheur et le plaisir de jouer. C'est irrésistible. Mais est-ce suffisant? Peut-on se contenter d'amuser les enfants et de les divertir en faisant preuve d'imagination? Certains s'offusqueront peut-être qu'on ne s'en tienne qu'à cela, mais le public du Prospero samedi dernier semblait avoir décidé de s'en réjouir ouvertement en applaudissant de façon délirante à la fin de la représentation. Il y a des réponses plus claires que d'autres...