Festival mondial des arts pour la jeunesse - Ailleurs...

Une dizaine de spectacles prenaient mercredi l'affiche du Festival mondial des arts pour la jeunesse. Au programme, un opéra (Pacamambo), une lecture (Bashir Lazhar, d'Évelyne de la Chenelière), la dernière (déjà!) de Pour ceux qui croient que la Terre est ronde et une demi-douzaine de productions venant d'un peu partout à travers la planète. Comme personne ici ne possède le don d'ubiquité, que la vraie vie continue aussi de battre son plein et que j'aime bien la visite... je me suis plongé dans deux spectacles venus d'ailleurs: un espagnol, Quijote, et un japonais, Bekkanko-Oni.

Surprise d'abord pour la représentation de Quijote à la PdA: la salle était pleine d'enfants! Belle occasion de souligner qu'en ces jours sombres où le boycottage est sur toutes les lèvres, certaines écoles, certains profs surtout, ont choisi de ne pas suivre le mouvement: bravo! Plein d'enfants, donc, devant cet objet étrange racontant l'histoire du chevalier à la triste figure. Et comme tous les autres spectateurs, ils ont d'abord saisi à quel point les deux manipulateurs de la compagnie Bambalina travaillent de façon particulièrement inventive avec les marionnettes et les objets. Mais même s'ils insistent, comme on le fait rarement, sur le premier Quichotte — celui qui lit et qui se perd dans ses fantaisies littéraires avant de se mettre à foncer dans les moulins à vent —, la production est plutôt sombre... et longuette. Malgré les prouesses des deux comédiens-manipulateurs, l'audace de leur recréation du héros de Cervantès se trouve trop souvent diluée dans des effets soulignés à outrance. Impressionnant quand même.

Beaucoup plus tard en fin de journée au Monument-National, j'ai aussi vu un conte traditionnel japonais: Bekkanko-Oni. Là aussi un objet théâtral bizarre, différent. Avec ses règles propres que l'on ne connaît pas vraiment. Qu'est-ce qui, selon vous, différencie le nô du kyogen ou du kabuki? Donnez deux exemples...

N'empêche que, devant cet o.t.n.i. (pour objet théâtral non identifié, bien sûr), les règles, le cadre et la façon de raconter une histoire amputent le spectateur occidental ordinaire de ses références et de ses repères habituels. Est-ce vraiment un «spectacle pour jeune public» que j'ai vu? Est-ce que c'est bon, bien fait, réussi? Aucune idée. Comme pour la majorité des spectateurs présents l'autre soir, j'ai reçu une grande tranche de culture japonaise en pleine figure: merci!

En coulisses

- Le train du festival s'est vraiment engagé sur les rails. Autour des salles du centre-ville où sont programmés une bonne partie des spectacles, on rencontre partout des congressistes de l'ASSITEJ. Mercredi, un contingent de 70 diffuseurs et programmateurs français se sont joints au convoi, puisqu'ils assistent ici à la réunion annuelle de l'ONDA, une sorte d'office français de diffusion de spectacles. On a même rencontré avec beaucoup de plaisir les Dupont et Dupond du théâtre jeunes publics en France: Pascal Paris, du festival de Narbonne, et Joël Simon, le patron de Mélimôme.

- On vous signale l'Entrée libre des Cahiers de théâtre Jeu, au Monument-National, cet après-midi à 16h. Tout le monde est invité. La discussion portera sur un sujet captivant: pour qui produit-on des spectacles jeunes publics et jusqu'où peut-on aller trop loin quand on s'adresse aux enfants?

- Si vous n'avez pas encore planifié votre fin de semaine avec la petite famille, on vous propose, dans notre cahier Culture de samedi, une espèce de survol des activités du festival. Je vous retrouve là.