Le portefeuille idéal (3)

Pour faire suite à mes chroniques des deux dernières semaines, continuons la construction de notre portefeuille «idéal». Nous avons déjà inclus deux produits de différentes catégories: un fonds d'obligations canadiennes et un fonds de dividendes. Les fonds sélectionnés pour chacune de ces catégories, le TD obligations à rendement réel et le Banque Nationale dividendes, forment une assise solide pour le portefeuille. Comme solutions de rechange, nous avions également proposé des fonds affichant différents niveaux de volatilité.

Afin d'apporter une diversification additionnelle au portefeuille, ajoutons cette fois-ci un fonds composé d'actions internationales. En pouvant accéder à tous les pays, les gestionnaires de ces fonds sont en mesure de se procurer les meilleurs titres de chacun des secteurs économiques...

Au cours des dernières années, les fonds d'actions étrangères ont perdu de l'attrait aux yeux des investisseurs canadiens. Malgré la reprise des marchés, les données de l'Institut des fonds d'investissement du Canada (IFIC) montrent que l'actif destiné à cette catégorie a seulement augmenté de 0,2 % pour les 12 derniers mois. Les investisseurs ont tout simplement détourné leur intérêt vers d'autres classes d'actif telles que les fiducies de revenu, qui n'ont pas déçu au cours des cinq dernières années. Malgré ce manque de popularité, je crois toujours que la présence d'un fonds d'actions internationales à l'intérieur d'un portefeuille est nécessaire pour un grand nombre d'investisseurs.

La corrélation

La diversification géographique dans un portefeuille a toujours son importance bien qu'elle soit moins significative qu'il y a 10 ou 20 ans. Résultat direct de l'accroissement des échanges commerciaux entre pays, les marchés sont de plus en plus imbriqués les uns dans les autres.

Afin d'incorporer un fonds d'actions internationales qui apporte le plus au niveau de la diversification, considérons le facteur corrélation dans la sélection d'un fonds d'actions internationales.

La corrélation est une mesure statistique permettant de constater à quel point le rendement de deux produits financiers est lié. La corrélation va de -1 à 1. Si elle dépasse le seuil de 0,70, la corrélation est considérée comme élevée.

Une corrélation élevée indique que deux fonds réagissent de façon similaire: quand un fonds va bien, l'autre va bien également. Le problème avec deux fonds possédant des corrélations élevées survient évidemment quand le marché est défavorable. On a alors droit à une double mauvaise surprise, les deux fonds étant affectés de manière similaire.

Pour notre sélection, j'ai uniquement opté pour les fonds d'actions internationales ayant une corrélation inférieure à 0,60 comparativement à l'indice canadien S&P/TSX. Une corrélation se situant entre 0,11 et 0,60 est considérée comme modérée. Évidemment, la corrélation n'est pas mon seul critère de sélection, l'expérience et la feuille de route du gestionnaire constituent également des aspects importants que j'ai analysés de près.

Nos sélections

Pour les cinq dernières années, le Mackenzie Cundill valeur affiche une corrélation de 0,55 à l'indice canadien S&P/TSX. Le rendement annualisé du fonds pour cette période s'est élevé à 10,2 % comparativement à -4,2 % pour le MSCI monde. Mais c'est à long terme que les performances épatent davantage: le rendement annualisé est de 13,1 % sur 25 ans comparativement à 11,8 % pour l'indice. Cette performance classe le fonds au sommet de tous ceux qui sont disponibles au Canada. Les gestionnaires ont été également en mesure de limiter les dégâts causés par les baisses du marché. Au cours des 25 dernières années, seulement trois d'entre elles ont été négatives.

Comme autre possibilité, mais plus volatile: le Templeton mondial petites sociétés. La corrélation du fonds avec le S&P/TSX est de 0,56. Le monde des petites capitalisations comporte un risque plus élevé que celui des grandes capitalisations. Cependant, Bradley Radin, gestionnaire du Templeton mondial petites sociétés, a su éviter les pièges et a profité grandement de la croissance de ce secteur. Sur cinq ans, le gestionnaire a été en mesure de générer un rendement de 10,1 % comparativement à -4 % pour la médiane des fonds d'actions internationales. Fait à noter: la meilleure année du gestionnaire a été 2003, avec un rendement de 30,5 %.

Quant au fonds moins volatil, j'ai opté pour le Trimark mondial équilibré, un fonds composé à la fois d'actions et d'obligations étrangères. Ce fonds équilibré international possède une corrélation de 0,54 à l'indice S&P/TSX. Du côté des rendements, ce produit a été en mesure de battre la médiane des fonds de sa catégorie pour chacune des années depuis sa création. Sur cinq ans, le rendement annualisé est de 9,3 %. Il s'agit de la meilleure performance parmi les 102 fonds équilibrés internationaux qui existent depuis au moins cinq ans. La meilleure année du fonds a été 2003, avec un rendement de 23,5 %. La pire année? 2002, avec un rendement de -8,1 %.

Les gestionnaires à la tête de ces trois fonds ont tous prouvé leur capacité à générer d'excellents rendements à long terme tout en conservant un niveau de volatilité plus qu'acceptable. Il s'agit de bons placements pour accroître efficacement la diversification de son portefeuille.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.