Jardins - Le calagrostis, une mauvaise herbe devenue star

Source Jean-Claude Vigor
Des calamagrostis à la pépinière Oka Fleur. Distinguer la bonne de la mauvaise… herbe, voilà le défi répété du producteur d’herbes ornementales.
Photo: Source Jean-Claude Vigor Des calamagrostis à la pépinière Oka Fleur. Distinguer la bonne de la mauvaise… herbe, voilà le défi répété du producteur d’herbes ornementales.

Ce n'est pas d'hier que Friedrich Oehmichen, architecte-paysagiste, horticulteur, journaliste et professeur honoraire à l'Université de Montréal, porte un intérêt très particulier aux graminées. Déjà, en 1980, lors des Floralies internationales de Montréal, M. Oehmichen avait réalisé un jardin des graminées autour d'un étang (présentation de la Ville de Laval). Nous étions tous là, émerveillés, dans ce jardin insolite loin de la rigueur classique ordonnée, voire orchestrée, nous posant tous la même question: «Avons-nous quitté le site de l'exposition? Sommes-nous rendus... au bord du fleuve?» C'était un superbe dépaysement enjoué!

Les graminées, quoique paisibles, nous enveloppaient; nous passions comme dans des tunnels insolites de végétation. Il y en avait partout. Des petites sur lesquelles l'empreinte de nos souliers restait marquée quelque temps, et des géantes dont le haut du feuillage, couvert d'une multitude de petits balais, dansait des ballets aériens en fonction de la nature du vent, moteur imprévisible des chorégraphies. Comme bien d'autres horticulteurs, j'ai poussé un «Ouhaouha!».

En 1985, Sandra Borone, qui détient une maîtrise en sciences appliquées en aménagement, aussi architecte-paysagiste, se joint à Friedrich pour fonder la pépinière Oka Fleurs.

Quoique intéressantes même depuis le début de la saison, c'est en fin d'été qu'un grand nombre de graminées deviennent véritablement époustouflantes. La forme de leurs épis, les divers coloris aux tons riches qu'elles nous offrent, permettent d'exprimer la rigueur, la tendresse, la désinvolture, les contrastes, la folie, l'effet de surprise, le fouillis harmonieux, l'insolence, mais aussi la prairie paisible...

Voici le temps de repérer dans les jardins voisins celles qui sauraient mettre du «pep» dans nos aménagements. Puis, séance tenante, avant que l'acte de plantation ne fane... un petit tour dans les centres de jardinage vous permettra de vous enquérir de ces précieuses «herbes».

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Qui n'a pas de phlox ?

Jardins de soeurs, de curés, de ville ou de campagne, montrez-nous vos phlox...

Plante d'origine nord -américaine, elle est allée conquérir l'Europe vers 1730.

Les travaux d'améliorations variétales faits par le capitaine Symons-Jeune, dans les années 50, nous ont légué des fleurs plus grandes, plus parfumées, d'un coloris plus pur est d'une meilleure résistance aux maladies.

Ah! qu'ils sont radieux, fiers, colorés, bien bâtis et intrépides! Mais, hélas, ils ne nous rendent pas la vie facile, avec cette maladie du blanc (feutre blanc sur les feuilles). Pour éviter ce champignon nommé Oïdium, il convient de favoriser une bonne circulation d'air autour des plantes et de ne pas les faire souffrir de soif. Plein soleil, sol riche, fertile et copieusement arrosé sont les clefs du succès.

Si le feuillage se couvre de «blanc», vérifiez si vous avez bien tout fait pour l'éviter. Sélectionnez des variétés plus résistantes. Il n'est pas nécessaire d'appliquer un traitement, cette maladie n'affectera pas le développement des plants de façon significative. Cachez les feuillages en utilisant en avant une annuelle comme la bette à carde Beta Vulgaris Cicla «Bright Lights» ou une autre vivace, Baptisia Alba.

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Contre l'agrile du frêne

L'Agence canadienne d'inspection des aliments prend des mesures pour empêcher la propagation de l'agrile du frêne, hélas présent dans le sud-ouest de l'Ontario. C'est un insecte extrêmement dévastateur qui les tue. Originaire de l'est de l'Asie, ce ravageur a été remarqué pour la première fois au Canada et aux États-Unis en 2002.

Le comté d'Essex et la municipalité de Chatham-Kent sont infestés par l'agrile du frêne et sont déclarés zones de quarantaine. Le transport de tous les matériaux tirés du frêne (notamment les produits de pépinière, les arbres, les billes de bois de sciage et de bois avec écorce, les copeaux de bois et d'écorce et les débris) ainsi que du bois de chauffage de toutes les espèces d'arbres, en dehors de ces zones réglementées, est interdit. Actuellement, personne n'a encore trouvé cet insecte au Québec. Communiquez immédiatement avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, au % 1 866 463-6017, si vous observez des signes d'infestation.

Comment savoir si mon frêne est infesté? Malheureusement, il est extrêmement difficile d'en être certain sans abattre l'arbre et en enlever la majorité de l'écorce. Nombre de signes de la présence de l'agrile du frêne, dont des rameaux (gourmands), des fentes dans l'écorce, des trous en forme de «D» et l'éclaircissement de la couronne de l'arbre (comme dans le cas de l'agrile du bouleau — voir la photo dans Le Devoir de la semaine dernière), ne sont visibles qu'après au moins deux ans d'infestation.

Mais il est aussi possible qu'au moins un de ces symptômes soit présent sans que l'arbre ne soit infesté par l'agrile du frêne. Renseignements: Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). L'Insectarium de Montréal a aussi un programme d'identification.

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La semaine du jardinier

- Samedi 20 — Saint-Bernard. Prêt pour la lutte contre les hannetons? Avez-vous votre «BioProtecnem», nématodes nommées Steinernema Carpocapsae et Heterorhabditis Bacteriophora? Attention! Vous devez conserver ce produit au réfrigérateur. Il coûte environ 38 $.

Informez-vous auprès de Régean Goeffrion, chez Pépinière Jasmin (% 514-332-2978), ou de Michel Poitras, à la Ferme florale de Saint-Bruno (% 450-653-6383).

- Dimanche 21 — Saint-Christophe. «Si le mois d'août est bon, c'est signe que l'hiver sera bon.» Aujourd'hui, c'est la Grande Tournée gourmande à Laval. Quinze producteurs, quinze cuisiniers, quinze sites.

Départ au site principal, le Verger N. Bolduc et Fille, 4305, rang Haut-Saint-François, à Laval. Lancement officiel à 11h. Animations spéciales!

- Lundi 22 — Saint-Fabrice. Comment réussir des boutures de rosiers et autres? Il vous faut un contenant d'un gallon en plastique semi-transparent. Type vinaigre. Avec bouchon.

Vous le coupez horizontalement à deux pouces à partir du bas pour en faire un plat... et une mini-serre. Percez au fond de six à huit trous de la grosseur d'un crayon.

- Mardi 23 — Sainte-Rose. Coupez perpendiculairement une tige de rosier grosse comme un crayon et d'une longueur de 10 à 15 centimètres. Ne conservez que deux à trois feuilles. Utilisez de l'hormone d'enracinement no 2. Ne pas utiliser trop de poudre.

- Mercredi 24 — Saint-Barthélemy. C'est durant le mois d'août que les tiges vertes passent à une couleur brunâtre. La plante se prépare déjà pour l'hiver. Remplissez la base du contenant avec un mélange de 50 % de perlite et de 50 % de vermiculite.

- Jeudi 25 — Saint-Louis. Enfoncez six à huit tiges dans le contenant à trois centimètres de profondeur. Arrosez légèrement et vaporisez de l'eau sur les feuilles. Recouvrez avec le haut du contenant et mettez le bouchon.

On retire le bouchon lorsqu'il y a de la condensation dans le contenant. Enfermées comme dans un terrarium et placées à l'ombre d'une haie, leur enracinement prend six à huit semaines. Il faudra bien protéger les jeunes plants du froid.

- Vendredi 26 — Sainte-Natacha. Les 26 et 27 août, dans les Jardins du Grand-Portage de Saint-Didace, il y aura un symposium de peinture: «Le tournesol géant».

Diane Mackay et Yves Gagon vous y attendent, au 800, chemin du Portage, à Saint Didace. Depuis plus de 20 ans, Diane, Yves et leur équipe, dans la plus pure tradition du jardinage, y aménagent des jardins maraîchers et des fines herbes. C'est à voir et à manger. % (450) 835-5813.

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Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier. Vous désirez que je réponde à votre question. Vous acceptez que le jardinier prenne son temps... Écrivez-moi.

jean-claude.vigor@mapaq.gouv.qc.ca

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Coup de coeur pour le tamarix

Si vous avez fait un petit tour en Espagne sur les bords du Tambre (Tamaris), avez-vous vu de superbes tamarix?

Ce bel arbuste croissait en abondance sur sa rive et les botanistes lui ont dédié son nom.

Mais un petit tour en Russie serait préférable (climat plus proche du nôtre). Le Tamarix Pentandra, aujourd'hui nommé Tamarix Ramosissima (très ramifié), fut introduit en France en 1883.

Heureux dans les sols secs et pauvres, résistant au sel de déglaçage, cet arbuste de plein soleil nous en met plein la vue... Le Tamarix Ramosissima «Pink Cascade» est un bon choix.