L'investisseur et le budget

Selon toute vraisemblance, malgré le caractère imprévisible du gouvernement fédéral — motion de blâme, commission Gomery, adoption tardive du budget —, il semble presque certain que le budget sera adopté de façon finale d'ici le 8 juillet.

Pour la majorité des investisseurs, ce budget revêt une importance capitale. En effet, si tout se passe comme prévu, le contenu de tous les régimes d'épargne ne comportera plus de limite sur le contenu étranger. Avant la présentation du dernier budget fédéral, les investisseurs ne pouvaient dépasser le maximum de 30 % en contenu étranger; celui qui dépassait cette limite s'exposait à une pénalité de 1 % par mois, pour chaque dépassement de 1 %.

Le nouveau budget élimine de façon systématique cette limite. En pratique, l'investisseur peut donc, à partir de maintenant, posséder jusqu'à 100 % de son portefeuille en contenu étranger. D'autre part, je ne crois pas que les nouvelles règles vont changer de façon décisive les habitudes des investisseurs, le marché canadien offrant d'excellentes occasions.

Par contre, il est d'une inutilité absolue de garder plus longtemps tous les fonds clones, des produits qui permettaient d'accéder pleinement au contenu étranger. En effet, ce type de fonds, qui achète un indice d'un fonds étranger, n'a plus aucune raison d'exister, encore moins quand on sait que certains fonds clones vont jusqu'à facturer plus de 0,5 % pour leur gestion, et ce, en plus des frais de gestion habituels du produit que l'on souhaitait reproduire. Il est donc impératif de vendre sans retenue et le plus rapidement possible tous les fonds clones que vous avez afin de transférer l'actif vers les fonds qui servaient de modèle au fonds REER.

Pour les familles de fonds, l'élimination des fonds clones ne peut pas se faire du jour au lendemain. Liquider un fonds requiert, en principe, une convocation de tous les porteurs de parts et une rencontre avec ces derniers. De plus, selon les résultats, qui généralement vont dans le sens des demandes des familles de fonds, certaines étapes administratives et surtout juridiques doivent être franchies. Pour cette raison, et dans le but d'épargner pour les porteurs d'unités — parce que ce sont toujours ces derniers qui absorbent les dépenses — la famille de fonds Mackenzie a demandé à la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (CVMO) une dérogation lui permettant de transférer les unités des porteurs de parts tout en bénéficiant de normes administratives assouplies.

L'idée est intéressante et sûrement très avantageuse financièrement pour les investisseurs, mais que diront les autorités? Si la logique est respectée, et si les commissions des valeurs mobilières ont tant à coeur la protection et la défense du petit investisseur, leur décision ira dans le sens de la demande de Mackenzie, sinon une fois de plus «le gros bon sens» aura été écarté...

Mais nous apprenions mercredi dernier que les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) accordent finalement la dérogation aux familles de fonds concernant les préavis requis par les lois sur les valeurs mobilières. Les promoteurs de fonds de placement devront cependant diffuser des communiqués de presse et des documents d'information renseignant leurs clients sur le processus de fermeture des fonds visés.

À part Mackenzie, la famille de fonds Fidelity a déjà entrepris des démarches similaires pour éliminer son ensemble de fonds clones. Manuvie travaille également dans le même sens. Ce n'est de toute façon qu'une question de temps avant que toutes les autres familles emboîtent le pas...

Un nouveau billet

Achetez... La famille de fonds Talvest, en collaboration avec la banque CIBC — rappelons-nous que, depuis quelques années, Talvest appartient à CIBC —, offre un billet à capital garanti dont l'objectif est d'assurer un revenu régulier au porteur de parts. On sait qu'un billet est émis en nombre limité, comme une action, et qu'il comporte une garantie de capital, comme un certificat de placement garanti.

Le nom du billet: FULPay BARRD CIBC, lié à des fonds Renaissance. Ce billet, tout à fait intéressant pour les investisseurs qui recherchent du revenu et de la sécurité du capital, a donc comme objectif de générer le plus de revenus possible. Le capital investi est pour sa part garanti si les billets sont détenus jusqu'à l'échéance du produit, soit le 12 août 2013.

Le produit est composé en partie de deux fonds gérés par Gaelen Morphet: Renaissance fiduciaire de revenu, un fonds de fiducies de revenu, et Renaissance canadien dividendes, un fonds de dividendes. Ces produits ont connu beaucoup de succès depuis leur création. La pondération cible de chacun des deux fonds est de 35 %, pour un total de 70 %. Les 30 % qui restent sont pour leur part composés d'un panier d'actions et de fiducies de revenu sélectionnées par Gaelen Morphet.

Le revenu est distribué aux investisseurs une fois par année à la date d'anniversaire du fonds. L'objectif visé pour la première année est une distribution de pas moins de 6,1 %.

Un autre élément distingue ce produit: le ratio des frais de gestion varie selon le niveau de distribution offert. Les frais facturés sont de 2,4 % pour une distribution inférieure à 4 %, de 2,4 % à 2,75 % pour une distribution entre 4 % et 5 % et de 2,75 % pour une distribution supérieure à 5 %. On peut parler de frais raisonnables. Cependant, le côté «raisonnable» de ces frais n'est acceptable que dans la mesure où l'investisseur recherche une garantie de capital et est réfractaire au risque.

Le produit, à 100 % admissible au REER, facture des frais à la sortie si l'investisseur retire ses avoirs au cours des trois premières années. Il s'agit d'une période relativement courte si on la compare à celle d'autres billets, dont les frais à la sortie peuvent s'étendre sur près de six ans.

Contrairement à un fonds traditionnel, dont l'offre peut s'échelonner sur plusieurs années, les billets sont offerts pour une période définie. Pour cette émission, la période de vente va du 21 juin au 5 août 2005.

question@avantages.com

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