Fonds d'investissement - Prendre le temps de choisir

À partir d'aujourd'hui, cette chronique de Michel Marcoux portant sur les fonds d'investissement paraît le samedi au lieu du lundi. Elle accompagne ainsi le rendez-vous hebdomadaire de notre collaborateur Claude Chiasson, qui répond aux questions des lecteurs. Ce faisant, voilà regroupées les chroniques qui traitent de finances personnelles dans notre édition de fin de semaine. Quant au Perspectives de notre journaliste Éric Desrosiers, on le retrouvera désormais dans nos pages économiques du lundi.

Le mois dernier, j'ai abordé le sujet des fonds de couverture au Canada, une industrie où deux joueurs connus, Portus et Norshield, ont ébranlé la confiance des investisseurs. Dans le cas de Portus, il y aurait eu fraude, tandis que pour Norshield, ce sont des problèmes de liquidité et de non-conformité qui ternissent son image.

Bien que ces deux cas fassent mal paraître l'industrie canadienne des fonds de couverture, il faut éviter le réflexe de mettre tous les joueurs dans le même panier. On peut comparer la situation actuelle avec celle des fraudes qui ont touché les entreprises Enron, Tyco, Adelphia, Worldcom, et j'en passe sans doute. À l'époque, ce n'est pas parce que quelques entreprises avaient mal agi qu'il ne fallait plus faire confiance. Il s'agissait d'exceptions. Ajoutons à ces malversations délibérées que l'investisseur ne doit pas ignorer qu'en dépit d'une réglementation plus qu'adéquate, l'industrie du placement, tout comme n'importe quel secteur d'activité économique, n'est jamais totalement à l'abri de cas de fraudes et d'autres problèmes.

Cependant, l'investisseur et son conseiller financier peuvent quand même faire quelques vérifications qui pourront les aider à mieux choisir. Warren Buffet, le milliardaire américain et gourou de la finance, a d'ailleurs comme principe de toujours investir dans des entreprises aux bilans et aux activités les plus simples possibles. On peut appliquer le même principe pour la sélection d'un fonds de couverture.

Regardons tout d'abord du côté de la feuille de route que l'on nous présente dans le prospectus pour promouvoir les fonds de couverture. À ce chapitre, il ne faut pas confondre les rendements réels, basés sur les rendements passés véritables, et les rendements pro forma. Les rendements pro forma sont basés sur des simulations et non sur des résultats concrets. Il est facile d'obtenir un historique de rendement pro forma à tout casser lorsque l'on connaît à l'avance le rendement des différentes classes d'actif...

L'historique des rendements mensuels aidera à déterminer l'habileté du gestionnaire à réaliser ses promesses. Le rendement, la volatilité ainsi que le recul maximal sur une période donnée constituent des éléments importants à considérer.

Il est également bon de connaître la réputation du gestionnaire à la tête d'un fonds de couverture. Est-ce que sa réputation est à l'échelle locale ou internationale? Combien d'années d'expérience compte-t-il? Une recherche sommaire pourra aussi très souvent nous renseigner sur la réputation des courtiers qui distribuent le produit. Il n'y a jamais de fumée sans feu? Sans condamner qui que ce soit, le cas du président de Norshield et son implication présumée dans le détournement des fonds de Cinar n'avaient rien pour rassurer les investisseurs depuis trois ans, et ce, même si personne n'a été reconnu coupable pour l'instant.

Une autre question à se poser: quelle est l'entreprise ou l'organisme qui garantit le fonds de couverture? Généralement, les promoteurs font appel à de grandes institutions financières pour garantir leurs produits de couverture. Évidemment, l'investisseur doit s'assurer que l'institution qui garantit le capital soit parmi celles ayant la meilleure cote de crédit disponible. C'est une simple vérification, mais combien rassurante pour l'investisseur.

Les bienfaits

Les bienfaits des fonds de couverture sont nombreux. Il s'agit de produits non corrélés au marché boursier et obligataire; on ajoute ainsi une diversification supplémentaire à un portefeuille. En effet, le rôle des fonds de couverture est d'adjoindre au portefeuille une classe d'actif qui se comporte différemment des actions et des obligations. Si les actions baissent, les fonds de couverture ne baisseront pas nécessairement. Cette caractéristique des fonds de couverture ajoute ainsi une stabilité accrue à un portefeuille, sans toutefois sacrifier le rendement.

De plus, les rendements passés de long terme montrent que les fonds de couverture sont en mesure d'obtenir des résultats supérieurs aux indices boursiers. Par exemple, l'indice CSFB/Tremont, qui reflète la performance de près de 400 gestionnaires de fonds de couverture, affiche un rendement annuel moyen de près de 18 % depuis sa création en 1994.

Malgré la mauvaise période que traverse l'industrie des fonds de couverture, je persiste à croire que les qualités inhérentes aux fonds de couverture feront en sorte que ceux-ci seront de plus en plus présents dans le portefeuille des investisseurs.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et la gestion privée.

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