Il voit fondre de moitié son portefeuille d'actions

Je suis dans le début de la quarantaine et je réfléchis actuellement à l'orientation que je donnerai à mon portefeuille pour les prochaines années. La majorité de mes avoirs sont dans des fonds mutuels de type croissance, c'est-à-dire dans des fonds où j'ai fait une large place aux actions.

Je possède un peu plus de 155 000 $ en REER, dont 110 000 $ dans le REER que je souscris avec mon employeur (SSQ). Pour ce dernier, j'essaie de maintenir un portefeuille qui se répartit à 35 % dans les fonds de revenu et à 65 % dans les actions. Je vous épargne les détails, mais j'ai un peu trop investi dans les actions canadiennes (41 %) et j'ai pris des dispositions pour mieux répartir en actions américaines et internationales.

Le reste de mes REER (45 000 $) sont chez Desjardins dans des fonds qui ont bien marché, notamment les fonds dividende et actions petite capitalisation. J'ai ici environ 25 % en fonds indicielles et le reste en fonds d'actions.

Hors REER (77 000 $), je viens de rapatrier ce qui me restait d'un portefeuille que j'avais chez un courtier. Expérience décevante, s'il en est. J'estime que c'est avec ce courtier que j'ai perdu le plus d'argent. Rien n'a marché malgré certains efforts de diversification. Comme bien d'autres, j'ai subi les contrecoups de l'après-11 septembre et j'ai perdu la moitié de mon avoir. Je me suis entre autres fait prendre avec des actions du secteur technologique conseillées par mon courtier. Je vous épargne ici aussi les détails.

J'ai, bien sûr, ma part de responsabilités et j'ai moi-même improvisé en voulant gérer une partie de mes actifs à partir d'un compte ouvert chez un courtier à escompte. Hors REER, je possède le tiers en actions et le reste en fonds mutuels (actions encore une fois).

J'estime qu'un de mes problèmes majeurs a été une propension à l'éparpillement, auquel je m'efforce de remédier. Je suis devenu critique (voire méfiant) à l'égard des courtiers et des conseillers en général... même si je viens de m'abonner à votre classe Internet. Je lis quand même pas mal sur les placements et je comprends bien l'argumentaire en faveur de l'achat d'actions. Par contre, je me demande si j'ai vraiment les qualités requises pour gérer moi-même un portefeuille d'actions. L'univers du placement est complexe. Il faut bien s'informer, donc y consacrer du temps, et les vérités absolues n'existent pas. Comme vous le dites, investir est aussi un art et il faut savoir bien acheter et bien vendre.

Il reste que mes placements ont largement privilégié les fonds mutuels. Ma question, sur une perspective à long terme (pensons aux 20 prochaines années), est: comment devrais-je répartir mon portefeuille entre fonds mutuels et actions? Dans les deux cas, quelle place devrais-je accorder aux actions par rapport aux autres formes de placement. Je suis peu endetté et peux me permettre d'investir à long terme.

Peggy

Étant au début de la quarantaine, vous devriez mettre davantage l'accent sur les actions plutôt que sur les obligations et titres à revenus d'intérêt. Je pense qu'une répartition 40 % de titres à revenus fixes et 60 % d'actions vous convient jusqu'à l'âge de 55 ans. Après quoi, il vous faudra répartir également votre portefeuille entre les titres à revenus fixes et les actions.

Cela dit, avant d'arriver à une répartition favorisant nettement les actions, deux choses doivent être faites: acquérir les connaissances requises pour bien comprendre les rouages de la Bourse et procéder à une autoévaluation qui doit confirmer votre aptitude à bien gérer un portefeuille constitué d'actions.

Pour le premier point, il semble que vous possédez déjà une certaine expérience de la Bourse et que vous prenez les moyens pour parfaire vos connaissances en la matière. C'est le second point qui fait défaut. Vous avez bien tenté de construire votre propre portefeuille d'actions, mais les résultats ont été désastreux.

En fait, la performance obtenue avec les fonds communs d'investissement (du moins avec ceux de Desjardins) a été bien supérieure à celle de votre portefeuille hors REER constitué d'actions.

Pourquoi? Probablement parce que vous avez tenté de jouer à la Bourse plutôt que d'y investir à long terme. Votre courtier vous a incité à patauger dans les titres de firmes de haute technologie, des titres généralement à risques élevés. Or la plupart de ces titres (y compris les actions de Nortel avant ses récents déboires) appartiennent à la périphérie de votre portefeuille. Tous les épargnants et investisseurs doivent en premier lieu ériger la section forte du portefeuille, celle que j'appelle le coeur du portefeuille, et qui se compose uniquement de titres de grandes compagnies canadiennes et quelques firmes américaines dominant leur marché respectif, ayant un long historique de versement régulier et si possible croissant du dividende et qui, pour ce faire, dégagent de leurs exploitations des fonds autogénérés constants et élevés.

En fait, j'estime que tout individu peut très bien limiter ses achats aux titres de ces firmes sa vie durant et très bien faire au chapitre du rendement à long terme de son portefeuille. Point n'est besoin ici de verser dans l'art d'investir pour investir dans ces titres. Il s'agit simplement de suivre l'évolution des quelques entreprises (maximum de huit, permettant de participer à quatre secteurs stratégiques de notre économie; donc, évitez l'éparpillement) choisies (ce que vous ferez avec l'aide d'une bonne lettre financière ou ma classe Internet; cette source d'information doit être 100 % objective), d'accumuler graduellement les titres en question et de le faire essentiellement sur repli de leurs cours (recul de 10 % par rapport au plus récent sommet des 52 dernières semaines).

Et ne vous laissez pas influencer par les propos de n'importe quel courtier. Ce n'est pas lui qui doit décider de vos achats et ventes. C'est vous.

La marche à suivre dans votre cas est essentiellement de reprendre en main votre portefeuille hors REER, cette fois-ci en accumulant les actions des firmes appartenant au coeur de votre portefeuille. Donnez-vous deux ans pour ce faire, puis procédez à votre autoévaluation. Si vous êtes satisfait de votre rendement, vous verrez alors à accroître le poids des actions dans votre portefeuille global afin de vous approcher de la cible de 60 %.

Le syndrome General Motors

menace-t-il les États-Unis?

M. Chiasson, l'article suivant «http://www.smartmoney.com/mag/index.cfm?story=june2005-mrmarket» signale que l'économie chinoise est comparable à l'économie italienne actuellement. Ça m'étonne beaucoup. Les Chinois fabriquent déjà presque tout. Qu'est-ce que ce sera dans 20 ans?

Ce même article indique que les États-Unis vivront le syndrome General Motors dans 25 ans (chaque salarié soutiendra deux retraités et demi). Est-ce tolérable pour une économie de subir ça? Les États-Unis ont-ils les moyens de résoudre ce problème?

Salutations.

Un lecteur

General Motors a de toute évidence accordé à ses employés un régime de retraite trop généreux. D'ici quelques années, il y aura plus d'employés à la retraite que d'employés travaillant encore pour l'entreprise. Le régime accuse aussi un déficit actuariel important alors que la compagnie n'a pas toujours cotisé comme elle le devait au régime. C'est d'ailleurs pourquoi GM a émis en 2004 près de 19 milliards de dollars américains d'obligations (une dette maintenant décotée au rang d'obligations de pacotille) afin de renflouer en partie son déficit actuariel.

Cela dit, il ne faut pas étendre le problème de GM à toute l'économie américaine. Les entreprises ayant accordé des conditions trop avantageuses aux employés ne sont pas légion au sud de notre frontière.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les États-Unis sont un pays très dynamique sur le plan de la démographie. Le taux de natalité y est élevé. À cela s'ajoutent des vagues de jeunes immigrants importantes, si bien que l'âge moyen de la population demeurera autour de 36 ans pour les trente prochaines années.

Le problème du vieillissement de la population est davantage celui des pays industriels d'Europe, du Japon et du Canada.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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