Saveurs: L'énigmatique fée bionique

Douce, attentionnée et ardente défenderesse du slow-food, Geneviève Gagnon se défend bien d'être une workaholic des affaires. Avec ses 31 ans et sa fougue, cette jolie jeune femme bouscule un secteur alimentaire détenu par de gros joueurs.

En effet, Kellogg's, Leclerc et compagnie se partagent allégrement le secteur des collations et des petits-déjeuners sur les tablettes des supermarchés. Dans sa micro-entreprise, Geneviève Gagnon réalise des prouesses avec sa soeur jumelle, seule et première employée de La Fourmi bionique, qui mélange et assemble grâce à un véritable travail de fourmi des céréales hors du commun.

Des convictions de plaisir

Geneviève Gagnon se défend bien d'être grano. «J'aime manger, dit-elle, et même lorsque je suis seule, je me prépare de petits plats fins avec, en prime, des desserts au chocolat.» En créant son entreprise avec le soutien des pouvoirs publics, elle avoue avoir choisi un secteur très ciblé et inexploité par les PME du secteur agroalimentaire. Au départ, elle choisit des céréales bio et les assemble avec la rigueur d'une laborantine en y ajoutant des essences naturelles, noix, épices ou toute garniture qu'elle juge adéquate pour ses mélanges.

À l'écoute des besoins et, malgré tout, des tendances, elle ne fonctionne plus en autodidacte comme à ses débuts mais bien après avoir évalué les besoins particuliers de sa clientèle, qu'elle affirme être à l'écoute et de plus en plus prête, au Québec, à payer pour savoir. Savoir quoi? Que les produits utilisés dans la composition des assemblages sont sans pesticides et sans sulfites afin d'éviter les allergies et qu'ils portent des étiquettes qui disent tout.

La clientèle ne se limite plus aux magasins ou aux épiceries fines: elle s'étend aussi au secteur de l'hôtellerie spécialisée, comme les hôtels-boutiques dirigés par Mme Germain ou encore le Reine-Élisabeth de Montréal, qui souhaitent afficher leur différence dès le premier accueil, au petit-déjeuner. Geneviève Gagnon avoue parfois être offusquée par le sucre ou les colorants qu'on trouve dans les céréales du commerce. «Le pire, précise-t-elle, c'est que, souvent, le consommateur présume que les céréales sont toutes bonnes et les donne aux enfants.»

Les céréales, comme le reste, doivent être alléchantes et gourmandes mais ne peuvent jamais servir de substitut. Pour cela, la double bachelière en psychologie et en communication utilise toutes les munitions disponibles. Le résultat est probant: de semaine en semaine, ses points de vente et de distribution augmentent. En trois ans, cette petite entreprise a reçu les honneurs de la Chambre de commerce et les mérites du Prix du jeune entrepreneur. Mais une réputation grandissante et le début de la rentabilité sont aussi les bienvenus.

Les céréales thématiques de La Fourmi bionique frôlent parfois une certaine forme de provocation douce, par exemple le mélange qui se veut aphrodisiaque parce qu'il contient un mélange de ginseng et de chocolat noir, ou encore le mélange L'Essentiel, qui contient des noix, de l'orme rouge et du sirop d'érable.

Geneviève Gagnon doit maintenant faire face au succès et à la gestion de la croissance, ce qu'elle dit assurer. Les différentes opérations de son entreprise, soit l'achat et la recherche, les recettes et l'assemblage, puis la finition et l'étiquetage ainsi que la livraison, sont actuellement faites à trois endroits différents.

Comme une fourmi ayant travaillé tout l'hiver, elle présente au printemps sa nouvelle collection de céréales gourmets, mélanges inusités et saveurs originales que la fée a savamment assemblés. Puis, c'est déjà l'été, et de nouvelles idées jaillissent de sa créativité.

Passionnée, Geneviève Gagnon, artisan en mélanges céréaliers, prépare déjà, comme toute bonne fourmi, un hiver riche en saveurs.

La Fourmi bionique

550, avenue Beaumont, bureau 213

Montréal, Québec

H3N 1V1

(514) 844-2263 ou

www.lafourmibionique.com.

Philippe Mollé est consultant en alimentation.

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Recette pour la fête des Mères - Tartelette feuilletée de Granny Smith aux foies de volaille

Recette pour quatre personnes

- 250 g de pâte feuilletée du commerce

- 4 pommes Granny Smith*

- 1 citron

- 45 ml de sucre

- 45 ml de beurre

- 30 ml d'huile d'olive

- 15 ml de romarin frais

- 1 tasse de foies de volaille nettoyés

- 1 échalote finement hachée

- 250 ml de jus de veau épaissi

- 45 ml de madère ou de porto

- 30 ml de vinaigre de xérès

- 1 jaune d'oeuf

- 35 ml de beurre froid

- Sel et poivre au goût

Abaissez la pâte feuilletée à un quart de pouce d'épaisseur et découpez-la en quatre ronds avec un emporte-pièce.

Disposez les ronds de pâte sur une plaque. Badigeonnez avec le jaune d'oeuf mélangé à 15 ml d'eau. Faites cuire au four à 375 °F avec une autre plaque sur le dessus pendant 20 à 25 minutes.

Épluchez les pommes et retirez les coeurs. Frottez-les au citron et découpez chacune des pommes en huit quartiers.

Faites fondre le beurre avec l'huile d'olive et faites revenir les pommes pendant deux minutes. Retirez et réservez. Dans le gras, faites revenir les foies de volaille avec l'échalote pendant trois minutes et assaisonnez.

Faites réduire de moitié le jus de veau, le vin fortifié et le vinaigre mélangés. Ajoutez les petits morceaux de beurre.

Sur les tartelettes, disposez les quartiers de pomme et ajoutez les feuilles de romarin. Découpez les morceaux de foie de volaille et répartissez-les sur le dessus. Finissez au four pendant deux minutes et servez avec un filet de sauce.

* Les pommes Granny Smith utilisées proviennent de l'État de Washington.

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Gastroscopie - Fêtes gourmandes et Festival des saveurs dans Lanaudière

Deux fins de semaine en juin dans le Vieux-Terrebonne autour de la Maison de Pays pour apprécier les produits de la région de Lanaudière: les 4 et 5 juin et les 11 et 12 du même mois. En même temps, on annonce au parc Aimé-Piette de Saint-Jacques le tout premier festival gourmand, les 19, 20 et 21 août. Dégustations, concours de recettes et autres manifestations gourmandes seront au rendez-vous.

Renseignements: CDBL, (450) 753-7486, poste 242.

La rue Laurier, rue gourmande de Montréal

Il ne manquait que lui, et il est là. Junici Ikematsu est probablement le plus grand chef japonais qui allie les cuisines européennes et japonaises de la meilleure façon au Québec. Avec son restaurant dessiné par Jean-Pierre Viau, il donne à la rue Laurier une nouvelle raison d'y flâner.

Junici

156, rue Laurier Ouest

Montréal (514) 276-5864

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Biblioscopie - L'essentiel des caves et des celliers

Guénaël Revel

Les 400 coups

2005, 142 pages

Ce passionné d'art et de culture internationale est président de l'Association canadienne des sommeliers professionnels. Son ouvrage, qui rend compte à merveille de ses connaissances du milieu bachique, offre des conseils pratiques et judicieux pour choisir et surtout conserver les vins chez soi, même chez ceux qui ne disposent que de petits espaces. Un petit guide pratique et indispensable pour la cave.