Fonds d'investissement: Le bon produit, le bon service

Dans l'industrie des fonds communs de placement, ce sont les frais qui attirent les plus sérieux reproches. Aussi, qu'on soit journaliste, famille de fonds ou investisseur, dès que l'on mentionne le mot «frais», l'attention décuple. Parfois, les gérants d'estrade s'en mêlent: c'est le fouillis. On se met alors à comparer les frais de produits financiers qui offrent des niveaux de service fort différents ainsi que des résultats qui ne sont pas du tout les mêmes. Qu'en est-il exactement de ces frais?

Pour l'investisseur, les frais les moins chers — s'il ne tient pas compte des résultats exécrables souvent obtenus —, il les trouvera chez un courtier escompteur. Il doit cependant faire ses transactions lui-même: Internet, téléphone, courrier... Et les frais? Pour ceux qui font appel à un service de courtage comme Disnat, les frais sur chacune des transactions s'élèvent à 1,5 % de la valeur pour les actions s'échangeant à moins de 2 $. Pour toutes les actions s'échangeant à plus de 2 $, les frais montent à 29 $, et ce, pour un bloc inférieur à 1000 actions, et à 3 ¢ par action pour un bloc supérieur à 1000 actions. Donc, plus les transactions se multiplient, plus les frais grimpent.

Faire appel à un courtier escompteur peut s'avérer efficace pour celui qui a le temps nécessaire ainsi qu'une bonne connaissance financière, puisque l'investisseur ne bénéficie d'aucun conseil. Un autre problème: selon les statistiques disponibles, de 1984 à 2002, l'investisseur américain a obtenu un rendement de 2,57 % comparativement à l'indice S&P 500 qui a produit plus de 12,2 %, pendant cette même période. Est-ce vraiment différent au Canada? Donc, pas de services, pas de conseils et des rendements souvent catastrophiques qui ne battent même pas l'inflation... On peut trouver mieux.

Avec un conseiller

L'investisseur peut aussi travailler avec un conseiller financier qui offre les services de conseil et de transaction pour l'achat ou la vente des produits financiers qui conviennent à son portefeuille. Cette option vous permet d'acquérir différents produits financiers: fonds communs de placement, actions, obligations. De plus, votre conseiller ne pourra, à moins d'une entente spécifique, faire quelque transaction que ce soit sans votre consentement. Il s'agit vraiment d'un partenariat.

Dans presque tous les cas, vous payez des frais de courtage, et ce, autant pour les opérations d'achat que pour celles liées à la vente. Les frais sont ici assez variables, puisqu'ils dépendent du nombre de transactions ou des ententes que vous pouvez avoir avec votre conseiller. Un exemple d'entente: la facturation en fonction de votre actif sous gestion, peu importe le nombre de transactions que vous aurez effectuées dans l'année.

Ce type de relation investisseur-conseiller est souvent la meilleure option pour de nombreux investisseurs. D'autre part, cette option requiert de l'investisseur une certaine forme d'engagement en temps puisque chaque décision relève de sa responsabilité: son consentement est essentiel. Donc, le conseiller vous propose des solutions, et l'investisseur que vous êtes accepte ou non. La question: disposez-vous de toutes les informations pour prendre une décision éclairée?

Gestion privée

Il y a une autre solution pour l'investisseur, celle de la gestion privée ou de la gestion de patrimoine. C'est une solution intéressante qui a l'avantage de ne pas exiger autant de temps de l'investisseur puisque celui-ci s'en remet à un gestionnaire. Ce professionnel possède généralement le titre de CFA, l'un des titres les plus prestigieux dans l'industrie du placement.

La gestion privée s'adresse habituellement à l'investisseur dont le portefeuille a un actif de plus de 250 000 $. Ce minimum est nécessaire pour assurer une saine diversification du portefeuille. Ce portefeuille est ordinairement composé d'actions et d'obligations et également de produits dérivés ou alternatifs.

Les frais associés à la gestion privée, déductibles d'impôt, sont inférieurs à ceux des fonds communs de placement. Certaines institutions acceptent une somme inférieure à 250 000 $ pour que vous accédiez à la gestion privée. Prenez garde, un montant de 50 000 $, par exemple, ne permet pas d'accéder à une gestion privée de qualité. Ce type de portefeuille, en fait, utilise généralement des caisses communes comme produits financiers, qui finalement sont des clones des fonds communs de placement. Et les frais exigibles sont en grande partie cachés. Officiellement, l'on vous facture plus ou moins de 1 % à 1,5 %, alors que dans les faits, la somme exigible ressemble plus souvent à 2,5 %, tout comme pour les fonds communs de placement, mais avec moins de transparence.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.

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