Le nouvel iPad, entre tablette numérique et ordinateur personnel

L’iPad de dixième génération qu’Apple met en marché cette semaine est un PC de remplacement plus convaincant que jamais. L’iPad Pro qui l’accompagne dans l’offensive automnale du géant californien repousse lui aussi les limites de ce qu’on peut faire avec une tablette numérique. Reste à voir si les consommateurs seront au rendez-vous.

Le marché des tablettes est en lent déclin depuis des années. Apple ne prévoit pas abandonner ce créneau pour autant, étant donné que l’iPad en représente la part du lion, si l’on exclut de ce créneau les ordinateurs 2-en-1 à écran détachable vendus par les fabricants de PC depuis quelques années. Sa stratégie pluriannuelle a donc été jusqu’ici de transformer un iPad initialement conçu pour la consommation de contenu numérique (principalement de la vidéo et du Web) en un outil de production de ce même contenu, voire carrément de productivité. Ce n’est pas parfait, mais ses deux nouveautés automnales touchent la cible.

Productivité évoluée

Le catalogue d’applications pour jouer ou travailler sur un iPad est inégalé sous Android ou Windows. Pour sa dixième génération, Apple a donc poussé l’iPad un peu plus loin dans ce rôle de PC de remplacement. Cela explique pourquoi sa caméra frontale a été déplacée sur la bordure latérale, qui devient la bordure supérieure quand la tablette est tenue en mode paysage. Cela permet d’utiliser Zoom, Teams ou FaceTime de façon plus naturelle durant ses réunions de travail… ou même pendant la consultation d’applications qui s’affichent à l’horizontale, comme celle du Devoir.

Les améliorations apportées sous le capot se font sentir dès le démarrage : cet iPad est de trois à cinq fois plus puissant qu’un iPad âgé de… trois à cinq ans. Son autonomie d’une journée est correcte, mais loin d’être épatante. On peut activer une connexion 5G, mais ces choses-là sont ruineuses au Canada.

Au moins, l’interface logicielle rend l’utilisation plus naturelle que celle d’un PC ou même d’un Chromebook de prix équivalent. Pas surprenant que les enfants — d’âge scolaire ou plus jeunes — deviennent si rapidement à l’aise avec l’iPad.

Les élèves sont d’ailleurs manifestement une des plus importantes clientèles visées par ce nouvel iPad. Ça risque d’être un bon dilemme pour certains parents d’allonger 600 $ ou plus pour ce nouveau venu, 150 $ plus cher que son prédécesseur, étant donné que ce dernier demeure au catalogue d’Apple cet automne.

Les acheteurs devront aussi songer à s’équiper de quelques accessoires, sinon cet iPad ne sera… qu’une tablette. Apple propose d’ailleurs un nouvel étui-clavier modulaire impeccable, si ce n’est son prix de 329 $, qui le rend beaucoup moins attrayant.

Le stylet Pencil vendu pour 129 $ depuis quelques années est aussi plus séduisant en théorie qu’en pratique. L’iPad de dixième génération troque son port Lightning pour un port USB-C. Ce Pencil se charge par la connexion Lightning. Il requiert donc un adaptateur pour le jumeler à la tablette puis pour le charger. Manque de bol, le premier jumelage d’un Pencil tenté durant notre essai n’a pas fonctionné. Le même essai avec un second stylet a réglé le problème.
 

Un Pro pour les pros

Deux nouveaux iPad Pro (de 11 et 12,9 pouces) sont aussi au programme cet automne. Ces appareils s’adressent aux gens dont le gagne-pain est de programmer, ou encore de créer des vidéos ou du contenu de haute qualité. Des gens qui ont les moyens de leurs ambitions. Et pour eux, Apple a mis la gomme. Le processeur M2 de l’iPad Pro est le même que celui qui anime son plus récent MacBook Air. Ça va vite !

L’appareil garde sa forme, et les accessoires de l’iPad Pro précédent peuvent servir pour lui également… on n’ira pas jusqu’à suggérer de troquer une tablette vieille d’un an pour sa remplaçante, mais les créatifs professionnels qui veulent un ordinateur portable à écran tactile et qui sont allergiques aux PC ne seront pas déçus. Les connaisseurs seront heureux d’apprendre que des applications de pointe, comme l’éditeur de vidéos DaVinci Resolve ou comme la visionneuse médicale Horos Mobile, fonctionnent particulièrement bien sur l’iPad Pro. Pour ce genre d’applications, en fait, un iPad Pro s’avère un choix moins coûteux qu’un poste de travail entier capable d’accomplir les mêmes tâches.

La nouvelle version du système iPad OS va un peu plus loin avec une interface appelée Stage Manager, qui fait vivre en même temps à l’écran quatre applications côte à côte, un peu comme à l’écran d’un Mac. On pourra aussi, à la suite d’une mise à jour prévue d’ici Noël, étendre l’affichage de la tablette à un moniteur externe par USB-C ou HDMI et obtenir ainsi un ordinateur personnel un peu plus complet.

Encore là, il faut y mettre le prix. Cela démarre à 1100 $ et 1500 $, respectivement, et cela grimpe vite avec les accessoires. Au moins ici, c’est le stylet Pencil 2 magnétisé qui est proposé, lequel s’utilise d’ailleurs mieux qu’avant. Apple ajoute une interface de « survol » hautement tripative qui affiche des indications supplémentaires à l’écran sous la pointe du stylet avant que celle-ci touche à celui-là. C’est encore une fois très élégant, et cela rehausse la facilité avec laquelle on peut créer de nouveaux contenus avec cette tablette.

Et cela semble être là l’objectif d’Apple : faire de son iPad Pro un couteau suisse de la créativité numérique. Coûte que coûte.

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