Du programme au quotidien financier (suite)

La planification financière intègre plusieurs dimensions, comme la fiscalité, les placements, les assurances ou la gestion de l’entreprise pour les entrepreneurs. Il n’en demeure pas moins que la retraite doit rester au coeur des enjeux prioritaires de toute planification financière qui se respecte.

Plusieurs désignent d’ailleurs la retraite comme leur objectif principal lorsqu’ils consultent, que ce soit dans le but de préparer celle-ci, si son horizon est lointain, ou encore d’identifier les meilleures stratégies de décaissement de leurs actifs pour ceux qui y sont déjà.

La majorité des clients en planification financière souhaitent demeurer actifs longtemps, même si, financièrement, leur liberté est acquise, alors que d’autres n’ont pas suffisamment d’épargne et doivent travailler un peu plus longtemps que prévu ou que souhaité. Considérant les présents défis reliés au secteur de l’emploi, nous ne pouvons que souhaiter l’introduction de mesures alléchantes pour favoriser la présence des travailleurs expérimentés sur le marché de travail.

Retour des retraités au travail

 

Pour encourager le retour des retraités sur le marché du travail, le Parti libéral du Québec offrirait un congé de cotisations au Régime de rentes du Québec (RRQ) aux 62 ans et plus et ferait passer l’exemption d’impôts pour les personnes de 65 ans et plus à 30 000 dollars.

Le Parti conservateur du Québec rendrait remboursable le crédit d’impôt au prolongement de carrière des travailleurs d’expérience (augmenté de 1500 à 3000 dollars pour les 60 à 64 ans, et de 1650 
à 5000 dollars pour les 65 ans
et plus).

Le Parti québécois, quant à lui, permettrait l’arrêt des cotisations au RRQ aux 65 ans et plus et offrirait un rabais d’imposition de 15 % sur les derniers 35 000 dollars déclarés en revenus.

Il semble y avoir un consensus parmi les partis quant à l’importance des soins à domicile. Bien que l’objectif principal soit de « désengorger » le système de santé, ces engagements font écho aux objectifs personnels de nombreux clients en planification financière affirmant vouloir vieillir à la maison.

La Coalition avenir Québec bonifierait le crédit d’impôt pour frais engagés pour maintenir l’autonomie et le budget du Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique. Il rehausserait également le nombre d’heures de soins/usagers recevant des services à domicile.

Le PLQ a annoncé la création d’une « allocation aînés » de 2000 dollars annuellement (variable en fonction du revenu) aux personnes de plus de 70 ans qui souhaitent rester à domicile. Il a aussi dit vouloir déployer des unités de soins intensifs à domicile dans toutes les régions.

Le PQ triplerait le nombre d’heures en soins à domicile d’ici cinq ans et allouerait 50 % du budget des soins de longue durée aux soins à domicile, tout en doublant les montants maximaux admissibles au programme d’adaptation de domicile. Le crédit d’impôt pour maintien à domicile serait appliqué dès le paiement du service.

Tant QS que le PCQ souhaitent faciliter la construction et l’aménagement de maisons intergénérationnelles. Ils s’opposent toutefois sur le financement des soins à domicile, QS souhaitant doubler l’aide des services à domicile en mettant fin aux services privés, tandis que le PCQ veut créer une assurance pour les soins à domicile de longue durée. Dans cette réflexion, il ne faudrait pas oublier que toute une génération est financièrement responsable non seulement de ses enfants, mais de plus en plus souvent de ses parents vieillissants, ce qui peut engendrer de nombreuses conséquences financières à prendre en compte dans un plan financier global.

La place de l’entrepreneuret des PME

Il s’agit peut-être d’un angle mort de cette campagne qui s’est avérée, somme toute, très intéressante. Dans un contexte où des milliers d’entreprises doivent passer le flambeau en raison du vieillissement de la population, une économie locale et la création de richesses qui en découle me semblent des facteurs fondamentaux à considérer. Or, trop peu d’annonces ont été faites pour cibler la réalité des PME et des travailleurs autonomes.

Dès le début de la campagne, le PLQ a souligné son engagement à diminuer le taux de cotisation des entreprises pour le Fonds de service de santé (FSS) ainsi que son intention d’élargir dans deux ans la déduction pour les petites entreprises (DPE). Les travailleurs autonomes et les plus petites entreprises de moins de cinq employés paieront donc moins d’impôts, visant par là une diminution du taux de 11 % à 3,2 %.

De son côté, Québec solidaire, avec son projet de « taxe orange », pourrait indirectement écorcher au passage des entrepreneurs qui ont pris des risques toute leur vie et investis tous leurs efforts afin de se payer une retraite confortable.

La véritable iniquité fiscale se trouve pourtant dans les paradis fiscaux, pas dans le compte de banque d’un entrepreneur qui a réussi (souvent après avoir plusieurs fois perdu). Les partis gagneraient tous à être politiquement plus engagés dans leur volonté de s’attaquer à ce véritable fléau.

 

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