L’heure d’été est aux montres connectées

Les professionnels de la santé qui s’inquiètent des écarts de lecture du rythme cardiaque de l’Apple Watch ne sont pas sortis du bois (ou plus exactement de la salle d’urgence). Il suffit de jeter un coup d’oeil au poignet des gens que l’on croise dans les parcs pour constater sa popularité. Pendant ce temps, les marques rivales préparent leur riposte, qui se met en marche en ce moment même.

Le géant californien des puces informatiques Qualcomm vient de présenter une toute nouvelle architecture de processeurs conçue exprès pour les montres connectées. Compacte et puissante, cette gamme est composée de deux puces appelées W5 et W5 Plus. Elle promet de résoudre le principal problème rencontré par quiconque achète un tel accessoire : son autonomie.

Qualcomm promet plus d’une journée d’utilisation sans recharge pour les montres qui seront animées par ses nouvelles puces. Cela devrait se faire malgré un gain de rapidité du traitement de l’information, qui devrait faciliter l’affichage de cadrans animés sur les montres, et l’utilisation des nombreuses fonctions de suivi de l’activité physique.

Autre chose promise par l’équipementier américain : des montres au boîtier plus compact. Alors que la tendance est aux montres de plus en plus grosses, rares sont les porteurs qui aiment avoir un cadran large de 46 ou 48 mm au poignet. Qualcomm promet donc que ses partenaires — pensons au fabricant Fossil, bien connu des amateurs de mode — pourront offrir des montres à un public plus diversifié.

La grande séduction débute chez Huawei

 

Mieux cibler le marché est aussi le pari fait par la société chinoise Huawei avec sa plus récente offre, la GT3 Pro. On l’observait plus tôt ce printemps, la marque de produits informatiques grand public ne prévoit pas de disparaître du portrait canadien malgré l’expulsion des réseaux 5G du pays de la division de matériel de télécommunications du groupe chinois.

La GT3 Pro est sans conteste la plus jolie montre jamais produite par Huawei. Elle est notamment offerte en deux versions, dont un modèle blanc et or doté d’un bracelet en céramique qui s’adresse à un public principalement féminin, qui recherche un style plus urbain d’abord et des caractéristiques de montre connectée ensuite.

On pourrait dire sans trop errer que la GT3 Pro est exactement ce que Qualcomm essaie de reproduire avec ses futurs processeurs : ses cadrans exclusifs s’animent tout au long de la journée. Son GPS suit de très près les activités extérieures. Elle peut, à certaines conditions, contenir de la musique qu’on écoute dans des écouteurs sans fil jumelés par une connexion Bluetooth.

Ceux qui trouvent les montres connectées un peu trop encombrantes pour faire de l’activité physique sont aussi dans la mire de Huawei, qui décline une version pour coureurs de sa montre appelée GT Runner. Celle-là est allégée et propose davantage d’informations dans ses modes de suivi de l’exercice.

En prime, Huawei a mis au point une façon d’étirer sur plusieurs jours l’autonomie de la pile de ses montres sans dégrader leurs fonctions. Qu’on jumelle l’appareil à un iPhone d’Apple ou à un téléphone Android, on obtient généralement une semaine d’autonomie par charge. C’est plus que la majorité des montres connectées. C’est aussi pas mal plus que l’autonomie qu’on obtient quand on remonte le mécanisme d’une montre plus traditionnelle…

En attendant la Pixel Watch

 

La GT3 Pro de Huawei a l’avantage d’être mise en marché quelques mois avant une autre montre fort attendue : la Pixel Watch de Google. Outre l’Apple Watch, qui compte pour près de 40 % de toutes les montres connectées en circulation, c’est Samsung, avec sa Galaxy Watch 4, qui arrive deuxième avec à peu près 10 % du marché.

La Galaxy Watch 4 est animée par un système appelé Wear OS, justement conçu par Google, mais un peu laissé à l’abandon ces dernières années. La Pixel Watch promet de redynamiser cette plateforme en empruntant la même stratégie que les téléphones Pixel.

Google vient d’ailleurs de commercialiser le Pixel 6a, un téléphone intelligent de milieu de gamme avec un processeur de puissance modérée, un affichage qui compte un peu moins de pixels (sans jeu de mots) que ses rivaux et une caméra moins sophistiquée. Mais il ne sacrifie pas l’expérience de manipuler un téléphone signé Google ; il est notamment dénué de toutes ces applications superflues préinstallées par d’autres fabricants de téléphones Android.

La Pixel Watch, en gros, devrait reprendre cette formule : les services Google seront en vedette sur un appareil qui n’aura pas la mécanique dernier cri et qui, si on se fie aux premières esquisses, misera sur la même philosophie de design que les téléphones Pixel, c’est-à-dire un look sobre (pour ne pas dire un peu morne). Google a indiqué il y a quelques mois que sa montre offrirait quand même la possibilité de se connecter directement aux réseaux cellulaires, ce qui lui confère une certaine utilité côté communications et lecture musicale en continu.

Cela dit, la tâche sera grande pour Google et les autres s’ils espèrent déloger l’Apple Watch. Selon les rumeurs, celle-ci sera offerte en trois versions dès cet automne, dont une version Pro et une version plus sportive qui cibleront des clientèles plus précises.

Évidemment, cette frénésie envers les montres connectées s’explique simplement : le marché des téléphones intelligents est saturé. Une bonne partie des consommateurs a déjà des écouteurs sans fil. Il faut donc tenter de les séduire avec d’autres gadgets. Il aura fallu quelques années pour que les montres s’imposent, mais là, de toute évidence, l’industrie espère convaincre un public encore plus large de leur utilité dès cet été.

Ne vous surprenez pas si votre prochain téléphone vous est offert avec une montre en prime…

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