Coup de coeur et coup de gueule sur la Croisette

Coup de cœur : les gens de Cannes

Il est toujours fascinant de voir la population de Cannes s’approprier le festival d’un cru à l’autre. Pour les commerçants, du moins ceux que la pandémie n’a pas jetés à terre, c’est le pactole : ils font des affaires en or. Et leur courtoisie contraste avec la rudesse de la faune des invités. Le marchand de journaux me salue par mon nom chaque année. Les Cannois persistent à s’installer sur des échafaudages pour regarder les stars (et les influenceurs) gravir les marches. Un grand nombre d’entre eux parviennent également à dégoter, par des procédés plus ou moins occultes, des invitations aux projections officielles en paradant dans leurs plus belles tenues. L’enthousiasme est le lot des « locaux », moins blasés et essoufflés que les festivaliers, la langue à terre.

Coup de gueule : les films à la queue leu leu

On ne veut pas gémir, mais s’enfiler trois films à la queue leu leu durant près de sept heures, comme jeudi, sans un moment pour manger, avec son festival dans le corps, relève de l’épreuve d’endurance. Surtout quand les œuvres en question ne vont pas ensemble. Il faut se durcir pour conserver un semblant d’objectivité devant un dernier opus qui s’éternise, mais qui possède des qualités qu’on goûterait mieux à tête reposée. On ne s’étonne pas d’observer autant de disparités critiques (surtout cette année). La fatigue se met de la partie, et certains cognent des clous sur leur siège. Durant le dernier sprint, garder les yeux ouverts est un défi.

Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes.

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