Fonds d'investissement: Le temps du grand ménage

Dans le domaine financier, la fin de l'année représente une période où plusieurs gestionnaires procèdent à une révision de leur portefeuille. Ils profiteront de cette occasion pour vendre et acheter de nouveaux titres avec, souvent, l'objectif de diminuer les incidences fiscales. Évidemment, ce ne sont pas tous les gestionnaires qui vont se préoccuper des incidences fiscales.

D'ailleurs il en va de même pour l'investisseur: l'incidence fiscale n'est pas toujours l'unique raison de vendre ou non un titre ou des unités de fonds communs. L'objectif est d'abord et avant tout de sélectionner un produit offrant la meilleure perspective de rendement, étant donné que la presque totalité de l'épargne des Canadiens est investie dans des régimes enregistrés d'épargne retraite (REER). Et là on sait que les transactions et les revenus n'ont aucune incidence fiscale tant et aussi longtemps que les sommes demeurent à l'intérieur du régime.

Cependant, et c'est là où l'investisseur doit intervenir, la fin de l'année est un bon moment pour évaluer et la pertinence des positions détenues à l'intérieur d'un portefeuille et la répartition de l'actif. Il est reconnu depuis de nombreuses années que la répartition de l'actif d'un portefeuille influe grandement sur le rendement. À ce chapitre, il y a un exemple facile: tous les investisseurs qui avaient, à la fin de la dernière décennie, une trop grande partie de leur portefeuille dans les titres de haute technologie le savent bien maintenant. À long terme, se concentrer dans certains secteurs non seulement constitue un risque très élevé, mais n'est également pas générateur de rentabilité.

Pour ces deux raisons, chaque investisseur devrait procéder au moins une fois par année à une révision des positions détenues dans son portefeuille. Si cette pratique est souhaitable pour les grands gestionnaires, elle est tout aussi profitable pour le petit investisseur.

Les plus performants de 2004

L'année 2004 a permis à plusieurs catégories de fonds de générer des rendements positifs. Ce sont les fonds de ressources naturelles qui ont mené le bal au chapitre des performances avec un rendement sur un an de 31,7 %, suivis des fonds de fiducies de revenu avec une appréciation de 18,9 %.

Du côté des fonds d'actions canadiennes, plusieurs fonds se sont démarqués. Je vous en présente trois qui sont accessibles aux investisseurs québécois. Chacun est distribué par des firmes de petite taille, peu connues au Québec.

Le Sprott actions canadiennes obtient un rendement sur un an de 38,7 %. Ce produit a été fermé en 2004, mais va rouvrir le 4 janvier 2005. En cinq ans, le gestionnaire Eric Sprott et ses associés ont été en mesure de réaliser un rendement annualisé de 40,8 %, la meilleure performance de tous les fonds canadiens pour cette période. La clé du succès du gestionnaire réside dans une répartition de l'actif hors du commun. Grâce à son jugement incroyable, le gestionnaire s'est réfugié dans les titres aurifères au début des années 2000. Soulignons que la gamme de fonds Sprott se limite à quelques produits.

Un autre produit disponible au Québec et qui s'est particulièrement démarqué en 2004, c'est le NordOuest spécialité actions qui obtient un rendement de 31,7 % sur un an. Quant à son rendement annualisé sur 15 ans, il s'établit maintenant à un incroyable 16,3 %. Le gestionnaire Wayne Deans investit principalement dans des actions de sociétés de moyenne et petite taille. En fait, la capitalisation du fonds se situe à 1 milliard. Étant donné le type d'entreprises détenues, le NordOuest spécialisé actions affiche une volatilité relativement élevée. Notons que NordOuest prévoit fermer ce fonds à compter du 15 janvier 2005. Les investisseurs qui détiennent ce produit pourront toutefois continuer à y investir par des prélèvements automatiques.

Le Sceptre action croissance, lui aussi disponible au Québec, a pour sa part obtenu un rendement de 26,1 % sur un an. À l'instar du NordOuest spécialité actions, l'équipe de gestion de Sceptre privilégie, pour ce produit, les actions canadiennes de petite et moyenne capitalisation. La feuille de route à long terme est reluisante: 13 % annualisé sur 15 ans.

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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.