Coup de coeur et coup de gueule sur la Croisette

Coup de cœur : la poésie de fin du monde

Je ne vous raconterai pas d’histoires : le festival est avancé. Reste qu’aucun film en compétition n’a encore soulevé les salles ni suscité de consensus critique. Pourtant, le fait que Cannes existe, même transformé après les années pandémiques, constitue un miracle en soi. En effet, si les grands cinéastes dans la course n’ont peut-être pas signé leurs meilleures œuvres, leur marque demeure. Cronenberg reste Cronenberg, les frères Dardenne sont fidèles à leur style ; le septième art survit encore dans sa diversité. De plus, plusieurs tournages effectués au cours des confinements enfantent des scènes de rues sombres et désertes, sans l’armada des figurants, leur conférant une sorte de poésie de fin du monde.

Coup de gueule : les cris des photographes

Que ce soit devant les tapis rouges ou lors des séances photo avant les conférences de presse, comme celle de Cronenberg mardi, on entend leurs cris avant d’apercevoir la meute. Les photographes se découvrent à l’oreille, puis l’œil voit leurs silhouettes massées. Ils crient « Kristen ! » « Léa ! » ou « Viggo ! » dans l’espoir que la star les remarquera et enverra un regard de braise vers leur objectif. Parfois, ça marche : la vedette les regarde et la photo en est plus vivante et réussie. Mais un tel grondement collectif, presque agressif, nous rappelle le son répercuté des manifestations antimasques qui donnent envie de se sauver.

Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes.

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