Coup de coeur et coup de gueule sur la Croisette

Coup de cœur : Le succès de Falcon Lake

Charlotte Le Bon qui nous disait dimanche avoir un peu peur d’être attendue au tournant avec son premier long métrage, à cause de sa célébrité d’actrice, peut respirer tout à son aise. Son Falcon Lake, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, est un succès triomphant. J’ai rarement lu autant de critiques positives sur un film, surtout cette année où l’unanimité n’est vraiment pas la règle. Cette œuvre insolite sur les douleurs et les tensions de l’adolescence a séduit tout le monde. Dans la foulée, il ne serait pas étonnant que Sara Montpetit, son actrice principale, perce en France après les éloges qu’elle récolte ici.

Coup de gueule : Les disparités sociales

En ce festival du glamour où les vedettes gravissent les marches du Palais dans des tenues de rêve, trônent à la une des journaux Julia Roberts ou Sharon Stone, mais les disparités sociales ne sont jamais aussi voyantes qu’au milieu des ors et du strass. Non seulement des festivaliers de seconde zone ont davantage de mal que d’autres à obtenir des sièges et des invitations, mais sur la rue d’Antibes, l’artère principale de Cannes, la misère s’étale au grand jour. Et des gitans plus ou moins mutilés tendent leurs sébiles avec le vague espoir d’y récolter cinquante centimes. Les endimanchés de la fête passent vite. Quand vous les aidez, ils sourient mais se taisent, philosophes, la tête ailleurs.

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