Technologie: À propos de cadeaux... et d'une compagnie «dont nous ne pouvons prononcer le nom»

Toutefois, avant même de commencer cette chronique et d'y aller de nos suggestions, disons-le tout de go, c'est la dernière fois que cette chronique mentionnera le nom de Sony. À compter d'aujourd'hui, et uniquement lorsque nous serons obligés de le faire, cette société sera dorénavant présentée comme «la compagnie dont nous ne pouvons prononcer le nom» en raison des menaces de poursuites qu'elle fait peser contre le site Jason Kottke, un blogueur bien connu qui a eu le malheur de révéler sur son blogue des détails sur l'élimination de Ken Jennings au jeu télévisé Jeopardy avant la diffusion de l'émission.

Il faut savoir que Kottke est un maniaque du jeu Jeopardy. Il ne manquait pas de commenter à intervalle régulier les performances de Jennings qui, au cours de 74 émissions consécutives, avait accumulé 2,5 millions de dollars, ce qui en faisait le participant ayant accumulé le plus de gains au cours de l'histoire de ce jeu télévisé. Malheureusement pour Kottke, il n'est qu'un simple blogueur. Et alors que des médias aussi prestigieux que le Washington Post révélaient dans leurs pages, sans être inquiétés de quelque façon que ce soit, la défaite de Jennings avant la diffusion de l'émission, «la compagnie dont nous ne pouvons prononcer le nom» a lâché ses chiens en direction de Kottke, lui demandant de retirer toute allusion à l'émission, extrait sonore et textuel.

Kottke a-t-il enfreint la loi d'une quelconque façon? Non. Y a-t-il eu d'autres médias qui ont dévoilé ce secret et qui ont reçu une lettre des avocats de cette société? Non. Dans toute cette histoire, il n'y a que l'arrogance d'une compagnie qui se croit tout permis, y compris de dicter ce qu'un citoyen doit dire ou non à propos de ses émissions. Alors, comme citoyen concerné par la liberté de parole, je répondrai de la façon suivante: Acheter, c'est voter? Alors, ça tombe bien, je devais justement changer ma télé. Je vais donc voter pour une autre société. Libre aux lecteurs d'en faire de même.

De retour à notre programmation habituelle

S'il avait fallu que les différentes moutures du système d'exploitation Windows atteignent la perfection des souris et les claviers portant la griffe Microsoft, plusieurs des chroniques publiées dans ce noble et indépendant quotidien portant sur la sécurité et le logiciel libre n'auraient pas été écrites.

Depuis que Microsoft a envahi ce segment de marché, rien à faire, nul ne saura me faire changer d'idée... et de souris. Et la toute dernière fournée de souris et de claviers fait encore la preuve que le chef de file en ce domaine est le géant de Redmond, désolé Logitech et tous les autres.

Celui ou celle qui fait son shopping chez Triède Design ne manquera pas de vouloir acquérir le tout dernier rongeur Microsoft signé Starck. On hésite à s'en servir tellement elle est belle et racée. Voilà qui ne déparera pas le coin bureau d'un possesseur de iMac G5.

Dans un tout autre registre, la souris sans fil miniature destinée aux propriétaires d'ordinateurs portables est un autre «must». Minuscule, mais malgré tout avec une bonne prise en main, cette souris, conçue autant pour Mac que pour PC, s'avère le complément idéal de l'homme ou la femme en mouvement. Joie!

Toujours du côté de Microsoft, j'avoue avoir été séduit par le progiciel de montage photo Microsoft Photo ProSuite. Plusieurs des caractéristiques de ce progiciel raviront de bonheur le photographe amateur qui exerce son art avec son tout nouvel appareil photo numérique. La fonctionnalité que j'ai le plus aimée? Celle où, à partir de plusieurs photos prises au même endroit, Photo ProSuite rassemble et rapièce chacune de ces images afin d'en faire une seule. Impossible de voir un quelconque raccord entre deux photos. Pratique pour celui qui a toujours rêvé de faire cette magnifique photo à 360 degrés du Grand Canyon ou encore du fleuve Saint-Laurent vu de la Terrasse Dufferin.

Borne sans fil

Le collègue Munger qui, à l'occasion, y va d'une réflexion dans ces pages, ne m'en voudra sûrement pas de révéler sa toute dernière acquisition. De la même grosseur que l'alimentation électrique des portables Powerbook, la borne portative sans fil Apple Airport Express se glisse facilement dans un sac de voyage et se raccorde instantanément à un réseau filaire, permettant ainsi à un ou plusieurs utilisateurs de simultanément se brancher à Internet. Re-joie! De plus, en connectant à l'aide d'un câble la sortie audio de la borne Airport Express à une chaîne audio, il est possible d'écouter vos pièces musicales au format MP3 ou encore achetées à la boutique en ligne iTunes Music Store. Intarissable le collègue Munger lorsqu'il parle de sa borne sans fil.

Toute la famille applaudira lorsque, sous l'arbre, elle déballera la suite grammaticale Antidote. On vous a dit qu'Antidote était un produit conçu ici au Québec, qu'il s'intègrait dans la plupart des progiciels où le mot règne en roi et qu'il était vendu tout autant en version Mac que PC? A-t-on besoin de vous en dire plus? Puisque que vous insistez, on ne se retiendra plus de vous dire qu'il existe un pont logiciel entre Antidote et le Visuel multimédia. Voilà, vous savez tout.

Une encyclopédie spéciale

On vous a déjà parlé dans ces pages de l'Encyclopedi@ ERPI-Google, une encyclopédie hybride liée à un site Internet qui complète à merveille les rubriques abordées dans la version papier? On vous a aussi dit que l'encyclopédi@ ERPI-Google était un petit bijou de complémentarité qui plaira tout autant aux natifs qu'aux immigrants du numérique et qu'elle était un outil parfait pour réconcilier les amants du livre et les jeunes et moins jeunes branchés? Alors, on vous interdit toutefois de révéler que les enfants du chroniqueur en recevront une à Noël. Chut, pas un mot!

Plusieurs d'entre vous l'ont demandé, Le Devoir vous a compris. Branché comme pas un, amoureux des arbres comme Idéfix le chien, fibre écolo oblige, un abonnement à la version électronique du Devoir vous permettra de sauver quelques arbres de la forêt boréale. De plus, vous aurez le privilège de lire Le Devoir avant tout le monde, soit vers environ 23h la veille de sa publication.

Pas besoin d'être abonné au Devoir pour retrouver une des deux ou trois chroniques publiées dans ces pages et portant sur les flux RSS/XML. Les flux RSS/XML ou fils d'information RSS/XML sont la version Internet de ce que de nombreuses personnes dans le milieu des médias appellent «le fil de presse» ou le «fil de nouvelles». Grâce à un logiciel appelé aggrégateur, il est possible de s'abonner à ces fils d'informations et de visionner dans une seule fenêtre le contenu de tous ces sites, ce qui est fort pratique pour faire sa revue de presse, ou pour suivre l'information en direct et ne rien manquer de ce qui se publie sur la Toile. Re-re joie! Lektorat, une petite société québécoise a développé un aggrégateur tout en français qui vous donne accès à l'actualité un seul clic de souris. Vous connaissez un maniaque d'informations? Vous le comblerez en lui offrant ce magnifique logiciel.

Des livres

Pas besoin non plus d'être sorcier pour constater que le numérique et la culture de réseau forceront les industries culturelles à revoir leur modèle d'affaires. Ce sujet vous intéresse? Permettez-nous de vous suggérer trois livres pour ces longues soirées d'hiver propices à la reflexion. Le disque ne tourne pas rond, du collègue Alain Brunet a le mérite de faire le constat suivant: l'industrie du disque n'est que la première victime de l'ère numérique. La seconde de ces victimes sera sans contredit celle du cinéma, un sujet abordé avec justesse par Hervé Fischer dans son livre Le Déclin de l'empire hollywoodien. Quand à Florent Latrive, journaliste à Libération, son essai Du bon usage de la piraterie fait le point sur un enjeu plus global, à savoir la bataille en cours sur la propriété intellectuelle, un sujet (et un livre) sur lequel nous reviendrons. Une sainte trilogie pour qui s'intéresse à ces questions.

Et le libre dans tout ça? Allons donc, croyez-vous une minute que j'aurais évité de vous suggérer d'investir quelques dizaines de dollars vous permettant de faire connaissance avec le libre? Croyez-vous sincèrement que j'aurais passé sous silence les mérites de la distribution québécoise Édu-Linux et celle de la distribution française Mandrake Linux 10.1? C'est mal me connaître, amis lecteurs.

Toutefois, si je puis me permettre une dernière suggestion, en voici une qui fera le bonheur des nombreuses personnes pour qui l'ordinateur et Internet sont encore du chinois. Vous vous considérez comme un utilisateur assez aguerri pour livrer vos connaissances et résoudre de nombreux problèmes? Pourquoi ne pas glisser dans une carte de voeux un coupon donnant droit gratuitement à vos services de «consultants» pour une soirée ou un samedi. En plus de voir à la bonne santé de l'ordinateur de la personne à qui ce cadeau royal est destiné, vous aurez l'occasion de refaire connaissance avec un être cher.

mdumais@ledevoir.com
- L'affaire Kottke

www.kottke.org/04/12/

sony-ken-jennings-and-me

www.kottke.org/04/11/

ken-jennings-audio
- La souris signée Starck

microsoft.com/hardware/default.mspx
- Microsoft Photo ProSuite

www.microsoft.com/canada/french
- Airport Express

www.apple.com/ca/fr/airportexpress/
- Antidote

www.druide.com
- Encyclopedi@ ERPI-Google

www.encyclopedia.erpi.com/
- Abonnement au Devoir

www.ledevoir.com/abonnement.html
- Lektorat

www.lektora.com/
- Mandrake Linux 10.1

www.edulinux.org

www.mandrake.com

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