On vous surveille

La surveillance dans la bulle olympique de Pékin peut parfois donner le tournis.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La surveillance dans la bulle olympique de Pékin peut parfois donner le tournis.

Il y a un grand nombre et une grande diversité de personnes responsables de la garde du périmètre de sécurité entourant la bulle sanitaire des Jeux olympiques de Pékin. On y trouve, entre autres, de jeunes et serviables bénévoles postés à toutes les entrées à côté des bornes numériques qui lisent à distance les cartes d’accréditation et affichent instantanément nos noms et photo. Il y a aussi les employés de sécurité plutôt sympathiques et chargés, comme dans un aéroport, de passer nos bagages aux rayons X et de nous fouiller à la sortie de l’hôtel, en plus de s’assurer, grâce à une autre borne numérique, qu’on n’a pas sauté un test COVID quotidien. Il y a surtout beaucoup de policiers, manteau et chapka noirs, plutôt décontractés qui gardent chaque voie d’accès, chaque mur et chaque clôture, généralement par groupe de deux ou trois.

Enfin, il y a — probablement en des points stratégiques difficiles à comprendre — de véritables gardes parfaitement droits, sérieux et immobiles devant leurs guérites dans leurs longs manteaux verts à épaulettes rouges et sous des chapkas brunes frappées d’un écusson rouge et or. Ces gardes n’entendent pas à rire. Ils ne sont pas une attraction touristique devant laquelle les badauds se plaisent à se prendre en photo. En fait, la seule chose qui ose se tenir devant eux, ce sont de petites caméras de surveillance plantées à deux ou trois mètres de là et pointant dans leur direction. On devine que ces caméras servent à quelqu’un qui regarde les gardes monter la garde. On se prend à se demander si ces gardiens de gardes ont, eux aussi, une caméra qui les regardent regarder les gardes. Puis on arrête, parce qu’on a le tournis.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.



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