Vivre mieux

L’année 2022 démarre sur les chapeaux de roues et, déjà, on voit le début de tendances technologiques fortes qui vont marquer le Québec cette année. Et on ne parle pas du rôle des influenceurs sur les médias sociaux, celui-là semblant de plus en plus remis en question !

Une 51e édition très peu achalandée du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas vient de se terminer et elle donne une bonne idée de ce que les sociétés technologiques vont proposer au grand public au cours des prochains mois. Il y a du bon et du moins bon, naturellement. Après tout, qui a besoin d’une baignoire sur pieds à connexion wifi ?

Heureusement, il suffit de creuser un peu pour trouver quelques éléments qui font rêver à un monde réellement meilleur. Autant en profiter, car une fois n’est pas coutume.

Vivre mieux

On pourrait dire de la société montréalaise Dcbel qu’elle fait contre mauvaise fortune bon cœur à Las Vegas. Elle a investi dans un imposant stand reproduisant une maison californienne typique pour illustrer les bénéfices sur la facture d’électricité des consommateurs de ses technologies d’optimisation énergétique. Son fondateur et p.-d.g., Marc-André Forget, s’attend à recevoir trois fois moins de visiteurs que prévu, mais comme ses installations seront déménagées avant l’été dans son tout nouveau bureau de San Bruno, en Californie, c’est aussi un moindre mal.

« Nous recevons des partenaires asiatiques et européens au CES ; on dirait que ce sont surtout les Nord-Américains qui ont décidé d’annuler leur présence », dit-il en entrevue au Devoir. « Ceux-là pourront venir nous visiter en Californie plus tard cette année. »

Dans les prochains mois, Dcbel amorcera à San Francisco un projet pilote en partenariat avec la Pacific Gas and Electric (PG&E), sorte d’Hydro-Québec nord-californienne. L’entreprise installera sa technologie dans un millier de maisons. Elle a mis au point une gamme de bornes de recharge pour véhicules électriques ainsi que les outils logiciels pour utiliser en alternance différentes sources d’alimentation, que ce soit un fournisseur public, des capteurs solaires ou, oui, la batterie d’un véhicule électrique compatible.

La recharge bidirectionnelle des véhicules électriques sera un facteur important de leur succès dans les années à venir, estime M. Forget. BMW, Nissan, Mitsubishi, Ford et General Motors, pour ne nommer qu’eux, pensent la même chose. « Il y a cinq ans, notre plan était plutôt visionnaire et, aujourd’hui, nous sommes à la bonne place, au bon moment », affirme le p.-d.g. de Dcbel, qui compte s’imposer dans le monde comme l’a fait AddÉnergie du côté des bornes publiques nord-américaines.

Vivre vieux

L’entreprise québécoise Medisuivie a lancé au Canada l’an dernier la plateforme CarePredict. Celle-ci utilise des capteurs réunis dans un bracelet connecté pour aider les personnes âgées à vivre de façon autonome plus longtemps. CarePredict peut avertir automatiquement les proches si elle détecte les signes relatifs à un problème de santé grave, comme les effets d’une chute ou le début d’une dépression.

Jerry Wilmink, responsable du développement des affaires pour CarePredict, cite des études indépendantes réalisées à propos de sa technologie qui tendent à indiquer son effet positif sur la vie de ses utilisateurs. Dans des résidences pour personnes âgées où CarePredict a été mis en service, le nombre d’accidents a pu être réduit de 69 %, et les cas d’hospitalisation ont diminué de 23 % en quelques mois à peine.

Un outil de plus pour éviter les CHSLD, diront les plus cyniques… De toute façon, la population vieillit si rapidement qu’il faudra nécessairement trouver d’autres moyens que le réseau de santé pour se garder en santé. « Il y a six millions de Canadiens âgés de 65 ans ou plus et le quart de ceux-là vivent seuls à la maison », dit M. Wilmink. « Bien des gens comptent vivre de façon indépendante et autonome le plus longtemps possible. Des solutions comme la nôtre aident à garder le contact et à établir un suivi de santé plus efficace qu’une visite chez le docteur. »

Évidemment, pour la famille, cela ne remplace pas un coup de fil ou une visite occasionnelle. Mais on trouve dans l’analyse des comportements quotidiens des gens des indices précurseurs à certains troubles de santé qu’on ne verra pas autrement. « Des changements dans l’alimentation, l’activité physique et le sommeil peuvent révéler puis permettre d’éviter un début de dépression », dit celui qui a vécu une telle expérience dans le passé.

Vivre ailleurs

Parlant de visite à distance, on ne passera pas à côté du fameux métavers, cette année. Cet environnement numérique immersif qui englobe la réalité tant augmentée que virtuelle était sur toutes les lèvres au CES la semaine dernière. La plupart des marques connues d’appareils électroniques comptent désormais dans leur catalogue une paire de lunettes compatible avec ce type d’environnement.

La plus importante nouvelle de ce côté a été faite sur scène, à Las Vegas, par le p.-d.g. de la société californienne Qualcomm, Cristiano Amon. Qualcomm fabrique chaque année des dizaines de millions de processeurs qui animent des téléphones, des tablettes, certains ordinateurs personnels et, bientôt, des lunettes de réalité augmentée. L’entreprise a dévoilé un partenariat avec Microsoft pour combiner leurs environnements immersifs respectifs, Mesh et Spaces XR, afin d’en faire en quelque sorte un système d’exploitation pour réalité augmentée. Pensez à un système Windows qui serait intégré à vos lunettes…

Les deux fabricants doivent faire vite : selon les rumeurs, Apple mettra en vente l’automne prochain son propre métavers, et tout l’équipement informatique nécessaire pour s’y connecter. Dans les deux cas, l’objectif est d’aller bien au-delà du jeu vidéo. Il existe d’ailleurs déjà plusieurs applications de réalité augmentée et virtuelle en entreprise, où elles contribuent à accroître la productivité des travailleurs. Des applications en télésanté et en formation à distance sont aussi mises en avant par Microsoft et Qualcomm.

Bref, on risque d’entendre beaucoup parler de métavers en 2022. Pour le pire, sans doute : ces environnements sont très immersifs. Mais s’ils aident à faire tomber certaines frontières, on en parlera aussi pour le mieux.

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