Le bulletin de l’opposition

Le trio formé par Isabelle Melançon (Verdun), Christine Labrie (Sherbrooke) et Véronique Hivon (Joliette) a donné un bel exemple de collaboration transpartisane en unissant les efforts pour amener le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, à améliorer son projet de loi créant un tribunal spécialisé en matière de violences sexuelle et conjugale. A

Gabriel Nadeau-Dubois (Gouin) ne demande certainement pas mieux que d’être la cible principale du premier ministre Legault, dont il est la parfaite antithèse. M. Legault y gagne aussi, mais au prix de questions embêtantes. On ne sait toujours pas s’il y a un montant maximum qu’il est prêt à engloutir dans le troisième lien. GND s’emploie à adoucir, petit à petit, l’image radicale de QS. Déclarer ne pas s’intéresser aux conflits de compétences avec Ottawa était une erreur. A-

Monique Sauvé (Fabre) avait toujours défendu la cause des aînés avec vigueur, mais elle a profité d’une plus grande visibilité au cours des dernières semaines, tandis que la gestion de la première vague dans les CHSLD était au cœur des débats à l’Assemblée nationale. B

Si le PQ ne réussit pas à s’approprier l’étendard de la lutte contre les changements climatiques, ce ne sera pas la faute de Sylvain Gaudreault (Jonquière), qui a largement contribué à verdir l’image de son parti en matière d’environnement, allant parfois plus loin que son chef semblait le souhaiter, comme dans le cas de la taxation des grosses cylindrées. B

  

Dans le concert d’indignation provoqué par le p.-d.g. d’Air Canada, Michael Rousseau, incapable de parler français après 14 ans au Québec, Ruba Ghazal (Mercier) et Marwah Rizqy (Saint-Laurent) ont été particulièrement pertinentes en racontant comment elles se sont intégrées à la majorité francophone. B

Émilise Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda–Témiscamingue) avait sonné l’alarme sur le risque que représentent les fermetures des services d’urgence en région bien avant le décès d’un homme de Senneterre. On se demandait toutefois quel lien il y avait entre la CAQ et l’accident dont elle a été victime au volant de son Ford F-150 durant une tempête de neige. B

Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) n’est pas le plus flamboyant et ne réussira pas à faire oublier Pascal Bérubé, mais il s’acquitte de sa tâche de chef parlementaire du PQ avec sérieux. B

Depuis la publication du rapport de la vérificatrice générale, Monsef Derraji (Nelligan) n’a pas cessé de talonner le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pour qu’il rende publique la liste des entreprises qui ont bénéficié d’un traitement de faveur durant la pandémie. B

  

André Fortin (Pontiac) remplit sa fonction de leader parlementaire de l’opposition officielle avec sobriété et efficacité, mais il a commis une sérieuse erreur de jugement en se portant volontaire pour conseiller Justin Trudeau en prévision des débats télévisés. C

L’amabilité de Carlos Leitão (Robert-Baldwin) le servait bien quand il était ministre des Finances, mais cette belle qualité l’empêche d’avoir tout le mordant qu’on attend normalement d’un porte-parole de l’opposition. C

Dominique Anglade a dû pousser un soupir de soulagement quand Gaétan Barrette (La Pinière) a annoncé qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections. Il demeure un parlementaire redoutable, mais sa présence sur les banquettes libérales constitue un rappel permanent des effets désastreux de sa réforme, que le gouvernement utilise continuellement comme excuse. C

Tout le monde apprécie la générosité de Manon Massé (Sainte-Marie–Saint-Jacques). Elle a cependant plongé son parti et son chef dans l’embarras en convoquant une conférence de presse à Wendake pour proposer une loi sur les langues autochtones sans en avoir avisé les principaux intéressés, qui lui ont reproché « un manque de respect flagrant ». Dur pour un parti qui se veut le plus ardent défenseur des Premières Nations. C

Greg Kelley (Jacques-Cartier) a dérapé sérieusement en amalgamant la loi 21 sur la laïcité, le projet de loi 96 sur la langue et la mort tragique de Joyce Echaquan. Sa cheffe n’a eu d’autre choix que de le désavouer. D

Claire Samson (Iberville) est devenue la triste image de l’amertume en politique. Il y a des jours où le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, doit se demander quelle mouche l’a piqué pour qu’il la recrute. La dernière frasque de la conservatrice a été de dévoiler par mégarde le nom de la candidate à la direction de la SQ que le gouvernement souhaite nommer et dont elle s’emploie à faire retarder la nomination. D

Aussi envahissant que puisse être Gaétan Barrette, Marie Montpetit (Maurice-Richard) n’avait pas à apostropher son collègue publiquement. On aurait sans doute dû donner à la députée la chance de s’expliquer avant de l’exclure du caucus libéral en raison d’allégations de harcèlement psychologique. Cette malheureuse histoire a créé un climat toxique dans un parti qui a déjà suffisamment de problèmes. E

Comme le premier ministre, la cheffe de l’opposition officielle a le privilège de ne pas être notée.

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