La quête de PSPP

Personne n’a dû être surpris d’apprendre que le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, ne se présentera pas à l’élection partielle dans Marie-Victorin. Il est difficile de lui reprocher de ne pas vouloir aller à l’abattoir.

Il a accusé le premier ministre de « faire de la politique avec la date de l’élection partielle ». Comme si cela était inhabituel ! De toute manière, le résultat sera sans doute le même, peu importe quand elle aura lieu. La notion de « château fort » ne s’applique plus au PQ, qu’il s’agisse de Marie-Victorin ou de toute autre circonscription qu’il a remportée en 2018.

Certes, le message envoyé à celui ou celle qui défendra les couleurs péquistes n’est guère encourageant. Si le chef ne croit pas être en mesure de l’emporter, qui pourrait le faire ? Prendre une raclée à quelques mois de l’élection générale aurait cependant été bien pire.

Il est vrai que René Lévesque avait subi la défaite en 1970 et en 1973, avant de faire sa rentrée à l’Assemblée nationale en 1976, mais le « père fondateur » jouissait déjà d’une immense popularité. Le manque de notoriété du chef actuel n’aide évidemment pas, mais le problème du PQ est beaucoup plus profond.

C’est devenu un cliché — ou une excuse — pour un chef péquiste de dire qu’il reprend le « bâton du pèlerin », mais cela est sans doute plus nécessaire que jamais. Il ne suffit plus de justifier l’utilité du PQ aux yeux de la population, mais l’idée même qui l’a fait naître.

Le premier ministre Legault a déclaré qu’elle demeure « importante », mais sa détermination à éradiquer le PQ donne parfois l’impression que cet ancien « pur et dur » veut faire taire sa mauvaise conscience.

Robert Bourassa avait l’habitude de dire que l’option souverainiste constituait une « police d’assurance » pour le Québec et il n’hésitait pas à utiliser cette carte dans ses négociations avec ses homologues provinciaux.

Il est clair que l’indépendance n’est plus perçue comme une menace par le Canada anglais, mais M. Legault aurait peut-être intérêt à ne pas faire disparaître de façon définitive le parti qui l’a toujours incarnée. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.

On ne peut pas dire qu’il ait fait beaucoup avancer son programme autonomiste depuis trois ans. Malgré ses sautes d’humeur périodiques, le gouvernement Trudeau n’éprouve pas la moindre gêne à empiéter sur les champs de compétence du Québec. Comme dit le proverbe : « Chien qui aboie ne mord pas. »

Même si le projet de loi 96 est bien timide, M. Legault souhaite sans doute sincèrement que le français retrouve l’élan que lui avait donné la loi 101. Force est toutefois de constater que le recul des dernières années a coïncidé avec celui de la souveraineté. Les nouveaux arrivants et même ceux qui sont ici depuis plus longtemps ont bien compris que le Québec fait partie d’un pays où l’anglais est roi et que ce n’est pas à la veille de changer.

Quoi qu’il en soit, il faudra bien que PSPP se présente quelque part aux élections générales. Il a expliqué ne pas avoir d’ancrage dans Marie-Victorin, mais personne n’a été dupe de cette fausse excuse. À ce compte, M. Legault n’aurait jamais dû se présenter dans L’Assomption ni Philippe Couillard dans Roberval.

Le chef du PQ est né à Trois-Rivières, mais il est depuis longtemps un Montréalais qui a fait ses études à André-Grasset et à McGill. Il n’y aurait rien eu d’incongru à ce qu’il se présente dans Marie-Victorin. C’est déjà plus près de Montréal que de Prévost, où il avait été candidat aux dernières élections générales.

Regarder le chef d’un parti au passé aussi glorieux chercher désespérément une circonscription où il aurait une petite chance de se faire élire fait peine à voir, mais c’est aujourd’hui le triste lot du PQ.

Aucun des élus de 2018 qui siègent encore sous la bannière péquiste n’a encore annoncé officiellement qu’il ne sollicitera pas un nouveau mandat, même si les spéculations vont bon train. En réalité, la question est plutôt de savoir qui voudra prendre le risque de se représenter.

PSPP a cependant déclaré qu’il a déjà choisi sa circonscription. Dans l’état actuel des choses, celle qui paraît la plus propice est Rimouski, où Harold Lebel l’avait emporté sur la candidate caquiste avec une majorité de 6037 voix.

M. Lebel fait face à une accusation d’agression sexuelle. Même s’il est acquitté, le tort causé à sa réputation exclut toute nouvelle candidature. Ses sondages internes laissent croire à la CAQ qu’elle l’emportera sans grande difficulté dans Rimouski. Au moins le chef du PQ ne se présentera pas devant l’électorat avec deux défaites en autant de tentatives. On lui souhaite bonne chance.

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