Les rendements s’essoufflent

Pour les régimes de retraite, les rendements sont au rendez-vous, mais les taux d’intérêt soufflent le chaud et le froid.

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite à prestations déterminées (RPD) compris dans la base de données de la firme, s’est établi à 101 % au 30 septembre, en légère hausse par rapport au 100 % du 30 juin.

Mais plus en détail, dans cet univers, 53 % des régimes présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité, 31 % montrent un degré de solvabilité entre 90 % et 100 %, 11 % entre 80 % et 90 % et 5 % sous les 80 %.

Le passif de solvabilité

 

La firme-conseil Aon calcule de son côté que le ratio de capitalisation global des régimes de retraite canadiens associés à l’indice composé S&P/TSX est passé de 95,9 % en juin à 96,8 % en septembre. Les rendements sont demeurés, en définitive, nuls au troisième trimestre, le léger gain dans le segment des actions ayant été contrebalancé par le recul des rendements des titres à revenu fixe.

Pour un RPD, la hausse des taux obligataires est toutefois venue diminuer ce qu’on appelle le passif de solvabilité, le taux d’intérêt utilisé pour actualiser les engagements de retraite étant passé de 2,92 % à 3,06 %.

Selon l’analyse de RBC Services aux investisseurs et de trésorerie, les RPD ont affiché un rendement de 0,6 % au troisième trimestre, ce qui porte le rendement cumulatif annuel à 4,5 %. La catégorie des actions canadiennes a dégagé un rendement trimestriel modeste de 1,5 %, mais comptabilise un cumul sur neuf mois de 18,3 % soutenu par la poussée de 41 % dans la composante Énergie. Pour leur part, les titres à revenu fixe ont affiché une perte de 0,8 % pour le troisième trimestre, de 5,7 % sur neuf mois.

« Les marchés sont redevenus instables en raison des craintes à l’échelle mondiale entourant l’impact de la pénurie de main-d’œuvre, des pressions sur les chaînes logistiques et de la hausse des prix à la consommation », rappelle RBC.

« Les banques centrales s’éloignent déjà de certaines des politiques monétaires ultra-accommodantes alors que les pressions inflationnistes persistent. En réponse, les gestionnaires de régimes investissent de plus en plus dans une plus grande variété de catégories de titres, notamment les placements privés, les fonds immobiliers, les fonds d’infrastructures qui offrent une protection contre l’inflation. »

En Bourse, ces pressions inflationnistes ont favorisé les actions dites de valeur, avec un gain de 25,3 % après neuf mois cette année selon Bloomberg, par opposition à celles dites de croissance (+10,3 %).

Elles ont emporté les composantes Énergie (+40,9 %), Immobilier (+25,8 %), Finance (+24,8 %), Services de communication et Technologie d’information (+20 % environ) et Biens de consommation (+13,5 %).

Côté obligataire, le rendement après neuf mois oscille entre -4 % et -8,9 %.

Pression sur les taux

 

Inflation et pressions haussières sur les taux d’intérêt devraient continuer de composer le menu et d’alimenter la volatilité des cours. Aux États-Unis, les participants au marché obligataire se montrent désormais plus nerveux et misent sur la persistance d’un rythme inflationniste se maintenant au-dessus des cibles de la Réserve fédérale, nous dit Oxford Economics.

Ils entrevoient deux hausses de 25 points de base chacune du taux directeur en 2022, la première étant attendue pour juillet, et une réduction plus rapide de l’assouplissement quantitatif.

Au Canada, les analystes de la Banque Nationale pensent que le taux cible du financement à un jour, présentement à 0,25 %, amorcera sa hausse au printemps pour terminer 2022 à 1,25 %, à 1,75 % fin 2023.

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