La question à 0,002 bitcoin

Cette semaine, je vous relaie de nouveau ma réponse aux questions d’un lecteur, un certain David St-Onge : « Que devrais-je penser du bitcoin et des autres cryptomonnaies ? Est-ce qu’il serait raisonnable d’y allouer un petit pourcentage de mon patrimoine ? »

Ce David n’utilise pas un pseudonyme : c’est l’auteur du livre Tout sur Bitcoin, paru aux éditions Dicoland au printemps dernier.

Sa première question n’est pas le fruit du hasard, et la lecture de son livre vous offrira sans aucun doute une meilleure réponse que la mienne ; je vous laisserai donc vous faire votre propre opinion. La seconde mérite toutefois qu’on s’y penche dans cette chronique.

Peut-être, comme moi, suivez-vous un peu en biais l’évolution des cryptomonnaies, un peu comme on regarde un film de science-fiction se déroulant dans un univers parallèle. Malgré ma relative aisance numérique, je considérais les concepts de hachage et de minage comme relevant d’un passe-temps inadéquat pour mon niveau de connaissance. La lecture du livre de David St-Onge est donc à mes yeux incontournable : le contenu est bien structuré, les explications sont concises, la langue est accessible. Elle m’a appris davantage sur les technologies sous-jacentes au bitcoin — et sur l’utilisation de celui-ci — que mes recherches sur le Web des 10 dernières années.

Cette lecture m’a aussi confirmé que mes aspirations anarchistes cégépiennes sont loin derrière moi. (Pour être bien honnête, elles étaient déjà très faibles, je n’ai jamais été très rebelle.)

J’adhère peu à l’argument d’« option de rechange aux banques centrales » mis de l’avant par certains défenseurs du bitcoin, qui aiment beaucoup qu’il s’agisse d’un système de gré à gré. La décentralisation des échanges permise par les cryptomonnaies rendrait les transactions plus rapides, plus accessibles et moins chères, soutiennent-ils. Mais, à tort ou à raison, je suis à l’aise avec le fait que de tierces parties régulent, stabilisent et sécurisent les échanges commerciaux et les marchés financiers.

Si le livre de David St-Onge démontre bien qu’il est possible de considérer le bitcoin comme un actif qui n’est pas corrélé à d’autres catégories du marché, sa lecture ne m’a pas permis d’oublier qu’il s’agit d’un titre purement spéculatif — et dont la valeur, historiquement très volatile, est basée uniquement sur l’offre et la demande.

À risque très élevé

Mais revenons à la question de M. St-Onge. Je dirais que si les cryptomonnaies vous intéressent — et seulement si votre horizon de placement est à très long terme —, ce n’est pas une mauvaise idée que d’en détenir un petit pourcentage (un maximum de 5 % me semble raisonnable) dans votre portefeuille.

Ce type de placement convient mieux aux investisseurs « audacieux », car il demeure à risque très élevé : le montant investi devrait tout simplement être celui que vous êtes prêt à perdre. Comme le bitcoin vaut actuellement autour de 50 000 $US, je vous laisse déduire de quel montant il serait question ici si vous le « miniez » vous-mêmes… 

Si vous êtes à quelques années de votre retraite et que vous cherchez une valeur refuge, je choisirais toujours le bon vieux lingot d’or. Même si, dans Tout sur Bitcoin, on affirme que la sécurité du réseau est inviolable, j’ai quand même toujours l’impression qu’il est plus facile — et tout aussi sûr — de placer vos lingots dans un coffre-fort. J’assumerais cet excès de prudence tant et aussi longtemps que les investisseurs institutionnels et les caisses de retraite en feront autant…

Si l’on doit surveiller l’évolution de ces monnaies numériques (tout peut changer rapidement), tant qu’elles ne seront pas reconnues par les gouvernements et plus facilement utilisables dans des transactions quotidiennes, le risque qui leur est associé est trop important pour que je recommande à tous d’en détenir.

Des inconnues

Un autre élément qui complique cette affaire : il faut aussi choisir la bonne cryptomonnaie. Laquelle est la plus utile ? La plus solide ? Impossible de répondre, tant tout est nouveau. Si vous souhaitez y aller pour le bitcoin, je réitère mon conseil de lecture : il est important de comprendre dans quoi on se lance. Une autre option serait d’investir dans les cryptomonnaies par le biais de fonds à capital fixe, de fonds communs négociés en bourse (FNB) ou d’un fonds commun de placement qui s’y intéresse. Il est aussi possible d’acheter directement des actions de sociétés spécialisées dans le domaine des cryptomonnaies.

S’il y a une leçon à retenir ici, c’est que les cryptomonnaies, bitcoin et autres, sont très volatiles. En aucune circonstance investir dans un tel outil ne devrait constituer l’essentiel de votre stratégie de placement.

Je suis, comme vous tous, intriguée par l’essor de ces monnaies numériques. Cependant, il s’agit pour l’instant d’un investissement très risqué, et plusieurs autres instruments financiers ont un ratio bénéfice-risque plus attrayant.

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