Déjà vu

Photo: Kiichiro Sato Associated Press

Le quotidien japonais Asahi Shimbun rapportait un fait troublant dans son édition du week-end. Confrontées à la fermeture des restaurants et des bars à partir de 20 h en raison des règles contre la propagation de la COVID-19, des « hordes » de jeunes se rassemblent dans des parcs du centre-ville pour boire, manger et socialiser tout en suivant les exploits des athlètes japonais aux Jeux olympiques sur leurs téléphones mobiles, en contravention flagrante des règles de distanciation sociale. « Plusieurs de ces personnes ne se donnent pas la peine de porter de masques », rapportait même le journal.

Ironiquement, certains de ces parcs étaient justement destinés à servir de lieu de rassemblement pour suivre sur de grands écrans les compétitions en direct, jusqu’à ce que la pandémie et l’imposition de l’état d’urgence viennent tout gâcher. Le ministre japonais responsable de la gestion de la crise sanitaire, Yasutoshi Nishimura, a rappelé que le pays de 126 millions d’habitants faisait face à une flambée de COVID-19, avec plus de 10 000 nouveaux cas par jour. Il s’est toutefois réjoui des fortes cotes d’écoute pour les compétitions à la télé, un signe, selon lui, que la majorité de la population respecte la consigne générale de rester chez soi autant que possible, de jour comme de nuit.

« Le parc est bien ventilé », s’est défendu un jeune homme dans la vingtaine pris, par le journal, à boire et manger des sushis avec un ami au parc Yoyogi, dans le quartier de Shibuya. « C’était la première fois qu’on avait la chance de se voir face à face depuis plus d’un an. »

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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