La catapulte américaine

La façon de lancer de la joueuse de softball Monica Abbott ne suit aucune logique apparente.
Photo: Sue Ogrocki Associated Press La façon de lancer de la joueuse de softball Monica Abbott ne suit aucune logique apparente.

Les lanceurs au baseball et à la balle-molle sont parmi les rares athlètes à avoir su conserver une bonne part de leur liberté dans un monde où les sports d’élite sont de plus en plus analysés, normalisés et systématisés. On leur passe les plus improbables élans, les poses les plus gênantes et les comportements les plus louches à condition qu’il en sorte des balles qui feront rager les frappeurs.

À preuve, la lanceuse de l’équipe américaine de softball, Monica Abbott. Sa façon de lancer ne suit aucune logique apparente. Voulant peut-être montrer à la planète entière comment elle est souple, elle se casse, au moment de lancer, littéralement en deux au point d’aller toucher ses orteils qui sont pourtant très très loin au bout de ses jambes anormalement longues. Elle finit, je vous rassure, par se déplier et propulser la balle vers le marbre.

Peut-être est-ce la façon de remonter le mécanisme d’une sorte de catapulte intérieure ? Toujours est-il qu’il ne viendrait pas à l’idée d’une seule frappeuse adverse de se moquer de la technique excentrique de la lanceuse américaine à laquelle les joueuses du Canada, de l’Italie, du Mexique et de l’Australie ne sont parvenues, ensemble, qu’à lui arracher un seul petit point.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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