Ne laissez pas vos liquidités fondre au soleil!

Il m’arrive très souvent de voir mes deux jeunes garçons tressaillir devant un délicieux cornet de crème glacée molle (des calories très bien « investies » !). Et quand ils tardent trop avant de se servir, c’est moi qui dois essuyer leurs mains et leurs vêtements salis. Je me demande bien à quel âge ils comprendront qu’ils doivent se dépêcher de la déguster avant qu’il ne soit trop tard !

Je crains un peu qu’il arrive la même chose avec certaines de vos économies cet été.

Vous avez accumulé des liquidités en dépensant moins depuis le début de la pandémie ? S’il est humain de vouloir compenser après une aussi longue période de privation, faites attention : ne laissez pas ce magot fondre au soleil.

D’abord, une question s’impose : sommes-nous vraiment plus riches qu’avant la pandémie ? Finances et investissements diffusait récemment les résultats d’une enquête révélant que 46 % des Canadiens auraient épargné davantage pendant la pandémie, mais que 52 % d’entre eux ont aussi affirmé n’avoir rien mis de côté pour leur retraite. Où sont donc allées les fameuses économies réalisées grâce à la réduction forcée de nos dépenses pendant la pandémie ?

Dans un contexte caractérisé par tant d’incertitude, il est probable que plusieurs épargnants ont choisi de garder leurs économies dans un compte bancaire. On peut aussi émettre l’hypothèse que certains ont été davantage touchés par les effets collatéraux de la pandémie (pertes d’emploi, diminution de revenus, fermetures d’entreprise) et ont donc été incapables d’investir dans leur retraite. Mais de nombreux autres en ont vraisemblablement bénéficié, grâce à la générosité des gouvernements, oui, mais aussi en ayant diminué leurs dépenses.

Peut-être ont-ils tout simplement transféré leurs dépenses d’un poste budgétaire à l’autre ? Moins de restaurants, de sorties culturelles et de voyages… mais plus de rénovations et d’aménagement paysager. Bref, des dépenses dans ce qui nous fait plaisir. Comme adepte d’entraînement, je peux témoigner de la difficulté de trouver de l’équipement sportif depuis le début de la pandémie ! Et il suffit d’avoir jeté un œil au prix de certains matériaux de construction pour constater que l’épargne peut disparaître rapidement une fois arrivé au comptoir.

Mais si vous avez réussi à mettre des liquidités de côté ces 15 derniers mois, voici 4 conseils pour en bénéficier le plus possible.

Conseil numéro 1 : constituez un fonds d’urgence solide

Pour être prêt en cas de pépin, le conseil habituel est de se constituer un fonds de réserve qui équivaut à 3 ou 6 mois de dépenses fixes. Le défi du moment est de le faire sans conserver trop de liquidités dans un compte bancaire, sans véritable possibilité de rendement. Car actuellement, même les comptes à intérêts élevés offrent des taux si bas que leur nom n’est plus du tout approprié !

Si vous avez une bonne discipline budgétaire — et un profil d’investisseur axé sur la croissance —, la solution pourrait être d’investir à plus long terme et de faire usage temporairement de votre marge de crédit hypothécaire en cas de pépin.

Conseil numéro 2 : investissez à long terme

Il est plus facile de résister à la tentation d’augmenter les dépenses si l’argent disparaît du compte courant. Bien que les marchés boursiers demeurent volatils, je vous conseille d’investir dans les marchés afin de bénéficier de la reprise mondiale. Pour la majorité des contribuables, c’est le REER devrait être la priorité. Si vous avez des enfants, utilisez votre retour d’impôts pour ensuite cotiser à un Régime enregistré d’épargne-études (REEE) et obtenir 30 % de subventions gouvernementales, qui capitaliseront elles aussi à l’abri de l’impôt. Sans enfant, le CELI l’emportera souvent sur le remboursement accéléré de l’hypothèque.

Conseil numéro 3 : songez à une assurance invalidité

En mars 2020, aux premières semaines du confinement, je me rappelle avoir senti beaucoup de panique sur les médias sociaux. Plusieurs ont compris que leur sécurité financière n’était pas acquise et que leur capacité à générer des revenus — leur santé — constitue leur actif le plus précieux.

Vu l’ampleur de la crise, l’État a volé à la rescousse et a remédié au fait que la majorité des Canadiens vivent de paye en paye. Mais seriez-vous prêts à subir une perte de revenu en cas d’incapacité à travailler ? Puisque vous avez déjà probablement réduit certaines dépenses, il serait avisé de souscrire à ce type d’assurances avant de retomber dans vos habitudes de consommation prépandémie.

Conseil numéro 4 : revoyez votre budget

Quelles sont vos dépenses réellement superflues ? Il est bien possible que la pandémie vous ait permis de répondre à cette question. Cet exercice est essentiel, surtout si vous n’avez pas le privilège de bénéficier d’un régime de retraite offert par votre employeur. De plus, les pressions inflationnistes qui caractérisent l’économie actuelle pourraient bien faire en sorte d’augmenter de façon significative le coût de la vie dans les prochaines années. Serez-vous alors prêts à ajuster votre budget en conséquence ?

Je suis curieuse de vous lire sur ce que la pandémie a changé dans la gestion de vos finances personnelles. Je vous retrouverai en août après quelques semaines de vacances en famille, sûrement à nettoyer des vêtements salis de crème glacée ! D’ici là, prenez soin de vous.

À voir en vidéo