Des conseils qu’on ne suivra pas

Il y a au Québec trois grandes épreuves nationales de français.

Celle passée à la fin du secondaire et celle passée à la fin du cégep, d’abord : leur réussite est nécessaire pour obtenir ces diplômes. Ces épreuves sont administrées par le ministère de l’Éducation.

Puis, depuis 2008, il y a le fameux TECFEE, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement, qu’on passe à l’université. Il faut le réussir durant ses études en éducation pour obtenir son brevet d’enseignement, nécessaire pour pouvoir enseigner au Québec. Cette épreuve est administrée par les universités. Elle vise à « évaluer la compétence langagière » du futur enseignant dont on nous dit, avec raison, qu’il assumera « un rôle de modèle linguistique auprès des élèves ».

Périodiquement, comme c’est encore le cas ces temps-ci, le TECFEE suscite de vives polémiques.

Le TECFEE

Ces polémiques surviennent d’abord en raison des très, des trop nombreux échecs des futurs enseignants qui passent ce test, et ce, depuis qu’il a été mis en place. Car le fait brutal et incontournable est que, certaines années, près de la moitié des candidats l’échouent. Rarement, plus de 60 % y arrivent, et dans certaines universités, ils ne sont parfois que 30 % à y parvenir.

Un autre objet de controverse est que les universités permettent aux personnes ayant échoué au test de le reprendre, de le reprendre autant de fois qu’il le faudra pour enfin le réussir. Il arrive que ce soit 15 fois !

D’autres débats concernent l’interprétation de ces résultats, leur gravité, qu’on évalue diversement et que certains minorent. Ils portent aussi sur ce qui cause ces nombreux échecs.

Je n’entrerai pas ici en détail dans ces controverses, sinon pour dire que je considère ces résultats catastrophiques et qu’il me semble indéniable que, pour une part, ce qui les cause est la pauvreté de l’enseignement du français, du préscolaire au secondaire, lequel est justement pensé et commandé en grande partie… depuis ce lieu où le TECFEE est administré et qui en autorise la reprise à volonté.

Pour se prononcer avec un minimum d’assurance sur ces importantes questions, il faut bien entendu savoir en quoi consiste cette épreuve. Elle comprend deux parties.

La première, qui porte sur le code linguistique, est une évaluation objective, dans laquelle on vous demande de choisir (a, b, c, ou d) la bonne réponse à 60 questions portant sur l’orthographe, la morphologie, la syntaxe, la ponctuation et le vocabulaire. Vous en aurez un exemple ici. Vous disposez de 90 minutes pour répondre à ces 60 questions.

La deuxième est une épreuve de rédaction. En voici un exemple.

On vous fait entendre (deux fois de suite) une entrevue de huit minutes sur un sujet se rapportant à l’éducation. Vous disposez ensuite de 2 heures 30 minutes pour produire un texte de 350 mots (ce qui représente, en gros, une page et demie…) dans lequel vous direz ce qui vous semble le plus important dans ce que vous avez entendu, et exposerez vos propres réflexions. Vous aurez droit, pour faire ce travail, à un ouvrage de référence choisi parmi les trois suivants : Le Nouveau Petit Robert, Le Petit Larousse Illustré, Le Multidictionnaire de la langue française.

Cela rappelé, je me risque à faire sur le TECFEE quelques propositions qui n’ont aucune chance d’être suivies.

Modestes propositions

La première est que ces épreuves ne devraient pas être administrées (et passées à volonté quand on y a échoué…) durant les études menant à l’obtention d’un brevet d’enseignement : elles devraient obligatoirement être réussies par les personnes admises à étudier en éducation à l’université.

La deuxième est que c’est le ministère, et pas les universités, qui devrait les concevoir et les administrer.

La troisième est que, compte tenu de ce que signifie enseigner, il serait indispensable qu’on demande aux candidats à l’enseignement de réussir aussi une épreuve orale.

Ces mesures ne seront pas sans effet sur les admissions en éducation. On peut imaginer qu’on verra une bienvenue hausse de la cote R, qu’on aurait depuis longtemps dû hausser, avec pour seuls soucis, à l’abri de tout clientélisme, la qualité des candidats à la profession et celle de leur formation.

S’agissant de celle-ci, on devrait d’urgence se pencher sur la conception de l’apprentissage de la langue, de l’écriture, de la lecture et tout ce que cela implique afin de savoir dans quelle mesure nos pratiques sont conformes aux données probantes. On en profiterait pour installer sur elles, au vu des résultats obtenus aux épreuves à tous les niveaux, une gestion qui les prend en compte et qui se corrige en fonction d’eux. En d’autres mots, une gestion fondée sur les données probantes.

Je soumets qu’il y a urgence, une urgence qui risque fort de se faire plus pressante encore dans les années à venir, alors qu’on subira les effets des retards accumulés durant la tragique période que nous venons de passer…

Une lecture

J’aime beaucoup François Cavanna (1923-2014). J’ai eu la chance de le rencontrer et de l’interviewer — ce texte est d’ailleurs paru dans Le Devoir. Au moment où plusieurs prônaient en France une réforme (lisez : une simplification) de l’orthographe, il avait fait paraître un passionnant ouvrage s’y opposant : Mignonne, allons voir si la rose (Belfond, 1989). Il est d’une grande actualité à l’heure d’un certain désolant discours qu’on entend parfois chez nous sur l’état du français écrit et même parlé.

 

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25 commentaires
  • Guy Archambault - Abonné 5 juin 2021 03 h 24

    L'exemplarité

    ""S’agissant de celle-ci, (la formation des maîtres) on devrait d’urgence se pencher sur la conception de l’apprentissage de la langue, de l’écriture, de la lecture et tout ce que cela implique afin de savoir dans quelle mesure nos pratiques sont conformes aux données probantes."

    On oublie toujours le plus important facteur : l'exemplarité. On apprend le français parlé et écrit en imitant celui de nos parents, celui de nos maîtres et celui de notre entourage social immédiat. Les professeurs à l'université sont-il exemplaires au chapitre des données probantes ? Donnent-ils l'exemple ? Ou bien se contentent-ils, dans les faits de dire " Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais devant vous ".
    Ils enseignent de façon théorique les approches issues de données probantes, mais n'en sont pas exemplaire dans leur pratique.

    Guy Archambault abonné

    • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 09 h 33

      Moi, ce que j’aime, c’est le mot « d’urgence ».
      « …on devrait d’urgence se pencher sur la conception de l’apprentissage de la langue… »
      C’est complètement dérisoire.

      Il y a la menace des arsenaux nucléaires, les guerres, les homicides, les viols, la criminalité, la pauvreté, l’intimidation, etc. avec une conscience de l’humanité axée sur des croyances religieuses, des concepts anthropocentriques de la préhistoire, pour expliquer le comment et le pourquoi des choses, même chez la grande majorité des dirigeants occidentaux.
      Archi pitoyable!

      Pourquoi ne pas s’attaquer au problème fondamental de l’humanité?

      La conscience de l’humanité est responsable des bêtises et des souffrances inutiles et endémiques de l’humanité.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 juin 2021 10 h 36

      L’imitation est une forme d’apprentissage M. Archambault, mais c’est plus que cela. Ceux qui font la promotion de l’élitisme au niveau de l’enseignement dans les écoles françaises ne rendent service à personne. Bon, voyons ce que les enseignants francophones ont à subir si on les compare à leurs collègues anglophones.

      La conjugaison des verbes est plus facile en anglais. Un verbe français typique a plus de cinquante terminaisons qui doivent être apprises. Un verbe anglais régulier en a quatre. Idem pour les verbes irréguliers; ils sont plus faciles en anglais. Il faudrait moins d'une page pour répertorier toutes les formes irrégulières de tous les verbes irréguliers en anglais, contre seize pages et plus pour le français. Tous les verbes irréguliers anglais sauf « être » et « avoir » sont irréguliers de la même manière.

      Les formes des noms et adjectifs anglais sont plus faciles. Les noms ne sont pas plus ou moins arbitrairement divisés en « masculin », « féminin » ou « neutre ». Les adjectifs n'ont pas besoin de changer pour correspondre à la forme de genre du nom et ils ne changent pas non plus si un nom est au pluriel.

      Le français est très différent dans sa forme écrite formelle et orale informelle. Pas pour l'anglais.

      Ceci dit, même je suis 100% d’accord avec les propositions « modestes » de M. Baillargeon, j’opterais plutôt pour repenser la langue française pour qu’elle plus simple et logique. En algèbre boolienne, on prend des circuits électroniques complexes pour les simplifier sans perdre aucune qualité intrinsèque de toutes leurs fonctions. Moins de transistors, moins d'utilisation d'énergie et la forme devient plus petite. En d'autres mots, on fait plus avec moins et c'est cela le génie d'une langue. Dire beaucoup avec quelques mots, ce n'est pas le propre de langue française.

      Et SVP, lâchez-nous avec l'histoire que nos grands-parents écrivaient mieux que nous. C’est tout ce que la plupart apprenaient à l’école.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 juin 2021 15 h 25

      Addendum :

      Bon, juste pour le « fun », j’ai été faire le test des exercices préparatoires au TECFÉE, la partie 10 où on retrouve 60 phrases à choix multiples tel que proposé par M. Baillargeon. À moins d’être un linguiste de la première heure, je comprends pourquoi que plus de 50% des étudiants ne passent pas le dit test la première fois. Est-ce que quelqu’un pourrait nous dire sans rire pourquoi toutes ces questions sur des règles dont la plupart n’apparaîtront plus jamais dans le cours d’une carrière en enseignement, et ceci, même à l’université dans l’obtention d’une maîtrise ou bien d’un doctorat à moins qu’on soit en linguistique? Je comprends de plus en plus pourquoi plusieurs étudiants optent pour les collèges anglophones pour réussir une langue bien plus facile, l’anglais. Il n’y aucun test de ce genre en Ontario pour les futurs enseignants anglophones ou francophones.

      Je comprends aussi pourquoi plusieurs adeptes de la langue français dérochent tout simplement parce qu’elle a été conçue dans sa présente forme, pour l’élite linguistique. En plus, à maintes occasions, elle est illogique et redondante dans ses règles à n’en plus finir.

      En passant, j’ai réussi à obtenir 60% (36 bonnes réponses sur 60) et je suis loin d’être ferré dans le français écrit ou le français tout court. Est-ce que la note de passage est de 60, 70 ou 75% pour ce test? Je crois que j’ai vu 75%.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 juin 2021 16 h 04

      Le français écrit demeurera toujours un défi. Evidemment, c'est de beaucoup plus facile bien écrire en anglais, pour quelqu'un dont c'est la langue maternelle.

      C'est ce qui explique, par exemple, qu'au Québec certains étudiants doivent allonger leurs études secondaires.Car, il y a un examen unifiorme et la note de passage est 60%. Au collégial, certains n'ont pas leur diplôme dans le temps minimum parce qu'ils ont échoué l'examen du Ministère.

  • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 07 h 31

    Un conseil qu’on ne suivra pas : Pourquoi ne vous attaquez-vous pas au problème fondamental de l’humanité?

    La démonstration a été faite d’innombrables fois. Des adultes instruits et d’autres, très instruits, au-dessus de leurs affaires ou non, ayant beaucoup de vécu ou non, ayant un poste en autorité ou non, peuvent penser ou parler ou agir de façon incohérente et même de façon gravement incohérente, aux conséquences parfois graves, pourvu qu’ils respectent la loi.

    Pour sonder la rigueur dans le raisonnement de la conscience des humains, il n’y a qu’à regarder la grande majorité des dirigeants occidentaux, eux qui vivent dans des pays démocratiques et qui ont facilement accès depuis de nombreuses décennies à une vaste et riche information, s’identifier à une religion, et donc, ont des croyances religieuses, soit des concepts de la préhistoire, pour expliquer le comment et le pourquoi des choses. Des gens tout à fait incohérents avec ce qu’on enseigne dans les écoles depuis de nombreuses décennies et les découvertes réalisées depuis des siècles. Ils sont un grave frein à la civilisation.
    Une pitoyable conscience de l’humanité qui fait perdurer les bêtises et les souffrances inutiles.
    Jusqu’à menacer l’humanité et la vie, depuis plus de 7 décennies, avec des arsenaux nucléaires que l’on répand, entretient et perfectionne, capables de ramener la vie sur Terre à ce qu’elle était il y a un milliard d’années. Personne ne dit et ne fait rien contre. Il y a ces profonds sentiments d’impuissance et de non-responsabilité chez la presque totalité des individus.

    De génération en génération, tout le monde continue leur vie comme si de rien n’était. Il y a ainsi les guerres, les homicides, les viols, la criminalité, la pauvreté, l’intimidation, etc. Une humanité incohérente qui ne se concerte pas. Une humanité arrogante, impertinente et à la dérive.

    Pour corriger nos agissements, il s’agit simplement d’observer la vie, comprendre comment elle fonctionne et nous organiser en conséquence plutôt que de rester inconscient de notre conscience anthropocentrique, comme une espèce autiste.

    • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 11 h 09

      La vie n’est pas un concept. Elle est sauvage et sans merci. Nous sommes une infime parcelle de la vie. Il faut tous être cohérents et non divisés par les nations ni par les religions pour former une humanité cohérente et concertée. Nous sommes des êtres humains et avons tous les mêmes besoins fondamentaux. C’est élémentaire.

      Nous avons la liberté d’errer dans le déni de réalité, protégée par la liberté de religion et la liberté de conscience.

      La mollesse intellectuelle et l’inaction des Occidentaux à se concerter et à être cohérents produiront encore des bêtises et des souffrances inutiles. Pourquoi les Occidentaux? Parce qu’ils sont les plus responsables, puisqu’ils sont les plus instruits, les plus au-dessus de leurs affaires, les plus organisés, de pays démocratiques. Ce ne sont pas les enfants, les démunis, les opprimés qui peuvent corriger la conscience de l’humanité. C’est monsieur et madame Tout-le-Monde qui doivent réclamer de la rigueur dans le raisonnement, de la cohérence et de la concertation.

      Réclamez de la rigueur dans le raisonnement, comme on vous a exigé de la rigueur pour réussir les nombreux examens scolaires avec leurs rigoureuses notes de passage, et aussi lorsqu’on vous a demandé d’être rigoureux pour obtenir les emplois que vous avez eus et ceux que vous n’avez pas eus.

      Cela amènera à mettre fin à la menace des arsenaux nucléaires, aux guerres, aux homicides, aux viols, à la criminalité, à la pauvreté, à l’intimidation, etc.

      Parler n’est pas difficile.
      Rester muet devant ça, c’est faire partie du problème.

      Ce n’est pas la menace des arsenaux nucléaires, les guerres, les homicides, les viols, la criminalité, la pauvreté, l’intimidation, etc., qui prendront beaucoup de temps à s’arrêter. Ce qui sera très long, c’est de commencer à entendre le milliard d’Occidentaux simplement dire avec conviction que les bêtises et les souffrances inutiles et endémiques doivent cesser.

      La conscience de l’humanité est responsable des bêtises.

  • Michel Laforge - Abonné 5 juin 2021 07 h 58

    Corriger et évaluer le français ... pas juste durant les cours de français.

    Je suis un prof de science qui évalue le français dans les rapports de laboratoire. J'enseigne même une stratégie d'autocorrection. Dans cette stratégie, l'élève doit relier le verbe à son sujet. Il est noté pour cette partie de la stratégie.

    Je remarque que cette note correspond à la note qu'il aura en science. Bien écrire un texte développe d'autres capacités. Mettre son attention sur ce que l'on écrit, c'est aussi faire travailler son cerveau.

    Toujours vouloir tout simplifier n'est certainement pas la solution. Il faut que tout soit rapide à la mode anglaise? Il faut escamoter les mots, les rendre moins crédibles?

    Depuis que j'évalue le français (depuis 15 ans) les rapports de laboratoire sont compréhensibles. En bonus, bien écrire signifie aussi bien lire. Les résultats aux examens sont donc touchés par cette stratégie. Les élèves réussissent mieux leurs examens en science.

    • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 11 h 35

      Et qu’en est-il de la cohérence de Normand Baillargeon?

      Moi, ce que j’aime, c’est le mot « d’urgence ».
      « …on devrait d’urgence se pencher sur la conception de l’apprentissage de la langue… »

      Il utilise aussi parfois l’expression « plus que jamais, il fait faire ceci ou cela pour des ceci et des cela ».

      C’est complètement dérisoire.

      Il y a la menace des arsenaux nucléaires, les guerres, les homicides, les viols, la criminalité, la pauvreté, l’intimidation, etc., avec une conscience de l’humanité axée sur des croyances religieuses, des concepts anthropocentriques de la préhistoire, pour expliquer le comment et le pourquoi des choses, même chez la grande majorité des dirigeants occidentaux.
      Archi pitoyable!

      Il banalise les bêtises et les souffrances inutiles au profit de ses petits soucis. Ça le rend bien peu crédible. Toujours banaliser les graves problèmes n'est certainement pas la solution.

      Pourquoi ne pas s’attaquer au problème fondamental de l’humanité? Pourquoi le journal Le Devoir, les autres médias et les humains ne démontrent-ils pas l’errance de la conscience de l’humanité ainsi que la difficulté à tous de se concerter? Nous avons la liberté d’errer dans le déni de réalité, protégée par la liberté de religion et la liberté de conscience.
      Les parents ont « Le droit fondamental de décider s'ils auront ou non un enfant, combien ils en auront et quand ils en auront ». Les êtres humains sont injectés dans la vie, sans avoir demandé à venir au monde. Ils ont besoin de donner un sens à la vie. Depuis des centaines de milliers d’années, les croyances religieuses ont donné un sens à la vie. Mais ce sens se brise en miette face aux découvertes scientifiques. Avoir un sens à la vie est pourtant si important. Il faut observer et s’organiser selon la réalité, pour que nos vies soient meilleures. Il faut prendre conscience de l’anthropocentrisme.

      Soyons au moins cohérents!
      Les choix de chacun sont des épreuves de caractère, de valeurs et de vision.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 juin 2021 12 h 48

      Il y a quelques années, j’ai accompagné une jeune finissante du cours technique en soins infimriers qui n’avait pas eu son diplôme parce qu’elle avait échoué l’examen obligatoire du Ministère en français. Elle était arrivée, quelques années auparavant, comme réfugiée Colombienne. Finalement, elle a réussi à la 2e reprise.

      Le français écrit, c’est exigeant pour tout un chacun; ce l’est davantage pour des nouveaux arrivants dont le français n’est pas la langue maternelle. Qu’on songe seulement aux nombreux homophones, aux règles du participe passé. Et aux règles de grammaire différentes.Par exemple, en espagnol, ils utilisent la préposition « a » dans un cas de complément direct avec une personne. Exemple : en espagnol « amo a mi esposa »; en français : j’aime mon épouse.

      Tout cela pour dire que, pour bon nombre d’étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle, le défi peut être plus grand.

  • Réal Gingras - Inscrit 5 juin 2021 08 h 59

    L’exemplarité 2

    Il y a bien sûr l’apprentissage de la langue, de l’écriture, de la lecture. Mais cela ne passe pas uniquement par
    nos parents, nos maîtres ou notre entourage social immédiat.

    Cela passe aussi, surtout, par la lecture des grandes oeuvres littéraires.
    Doit-on parler de Réjean Ducharme, Marie-Claire Blais, Anne Hébert, Gabrielle Roy, Emile Nelligan,
    Jacques Ferron, Dany Laferrière? Doit-on aussi parler de la littérature française (De Molière à Emmnuel Carrère en passant par Charles Baudelaire) puis tous les auteurs essentiels à la pédagogie: Claude Hagège, Philippe Meirieu et consorts?

    Nos étudiants, futurs profs, connaissent-ils l’Association française pour la lecture?
    À quand une Association québécoise pour la lecture?

    Oui, il y a urgence qui risque fort de se faire plus pressante encore dans les années à venir.

    L’exemplarité demande une rigueur dans ce que les profs demandent à leur étudiants.

    Ce n’est pas en étant scotché sur Facebook ou Twitter que toutes ses connaissances nécessaires au bon usage de l’orthographe, de la morphologie, de la syntaxe, de la ponctuation, du vocabulaire et j’ajouterais de la stylistique, rendront les futurs profs compétents dans la maîtrise de la langue.

    Je suis pour un Grand oral à la fin du CEGEP comme c’est le cas pour la fin du Bac en France.

    Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots (par la lecture) pour le dire et pour l’écrire viennent aisément.

    Merci beaucoup Monsieur Baillargeon pour ce cri d’alarme lancé ce matin.

    Il faut revenir aux fondamentaux: Jean-Marie Laurence, Maurice Grevisse et Ferdinand de Saussure :-)...

    • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 11 h 43

      Bien parler français est-il plus important que d’être cohérents et de trouver les moyens pour mieux se concerter dans cette société individualiste ou chacun à la liberté de conscience?

    • Bernard LEIFFET - Abonné 5 juin 2021 15 h 47

      Évoquer Molière comme comédien et dramaturge au Québec n'est probablement pas une source d'inspiration pour nos fonctionnaires au Ministère de l'Éducation du Québec! Pourtant W. Shakespeare avec Hamlet ne doit pas être ignoré des anglophones vivant au Québec! Évidemment, il est plus facile de vivre dans la facilité, mais la langue et la culture françaises sont si riches qu'il faut persévérer pour en apprécier sa diversité! Vous avez raison monsieur Gingras et je déplore que nos enseignants n'ont appris que des rudiments de français, avant d'entrer dans une université! j'ai déjà écrit que d'avoir une société académique du Québec serait un atout au niveau de nos connaissances locales dans différents domaines! Comme vous le signalez, même si cela ne faisait pas partie de ma tâche, les étudiants devaient présenter leur travail de fin de session tant oralement que sur papier, lesquels étaient notés suivant des critères bien définis! Mais voilà, au 21è siècle, les vieilles méthodes sont reléguées car trop exigeantes! Merci monsieur Gingras!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 5 juin 2021 09 h 35

    Réellement très préoccupant!

    La semaine dernière, LE DEVOIR nous présentait le point de vue de plusieurs profs du collégial qui s'inquiétaient de la qualité du français au collégial et de la faiblesse culturelle de leurs élèves. « Les lacunes des cégépiens en français soulèvent l’inquiétude des enseignants » https://www.ledevoir.com/societe/education/605352/education-on-diplome-des-analphabetes-fonctionnels#:~:text=Huit%20enseignantes%20%C3%A9tablies%20dans%20six,%C3%80%20leur%20capacit%C3%A9%20de%20concentration.

    A lire, l'essai-pamphlet de Pascal Moreau, prof de littérature au Cégep Ahuntsic` : "Pourquoi nos enfants sortent-ils de l'école ignorants?"

    On peut être amené à penser que ce ne sont pas les meilleurs élèves du collégial qui se dirigent vers l'enseignement?

    Cette question et tant d'autres justifieraient la création d'une Commission Parent no 2 pouvant permettre à la société québécoise de faire le point et de s'ajuster avant de prenre un nouvel élan.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 juin 2021 11 h 34

      L'utilisation abondante des médias sociaux, par les jeunes, n'aide pas dans leur performance en français.

    • Luc Messier - Abonné 5 juin 2021 11 h 46

      Réellement très préoccupant!

      Bien parler français est-il plus important que d’être cohérents et de trouver les moyens pour mieux se concerter dans cette société individualiste ou chacun à la liberté de conscience?