Le risque en perspective

Le monde de l’investissement confronte l’humain à sa « rationalité ». Dans cet univers où les émotions et la peur l’emportent, l’individu peut se montrer rationnel dans son analyse, mais être plutôt irrationnel dans son comportement. Un contraste que l’« effet de richesse » engendré par la pandémie est venu exacerber.

Gestion de patrimoine TD a publié cette semaine son rapport Perspectives sur le risque comportemental. L’institution y relève notamment les conclusions d’études meublant l’univers de la finance comportementale pour encadrer le comportement et la tolérance au risque quant à l’investissement autour de cinq grands traits de personnalité dominants. Petit survol extrait du rapport.

Conscience. Une conscience élevée se caractérise par des sacrifices à court terme dans la poursuite d’objectifs à long terme. À l’opposé, une conscience faible est associée à des compromis à court terme.

Dans le domaine de l’investissement, un caractère consciencieux sera associé à l’aversion pour le risque, alors qu’à l’inverse, un caractère peu consciencieux est lié à une plus grande propension à prendre des risques aussi bien généraux que financiers. Ce dernier minimise les obstacles cognitifs qui s’opposent à un comportement risqué, comme le besoin de maîtriser la situation.

Amabilité. Une amabilité élevée suggère une personnalité plus confiante et collaborative. Plus faible, elle fait ressortir une personnalité plus inquisitrice et exigeante. Un trait de caractère peu aimable est associé à une plus grande propension à prendre des risques aussi bien généraux que financiers. La personne dotée de ce trait de personnalité se sent moins fautive ou anxieuse par rapport aux conséquences négatives des risques qu’elle prend.

Réactivité. Une réactivité élevée dévoile une tendance à réagir au stress émotif, alors qu’un réactivité faible se caractérise par la quiétude et la stabilité émotionnelle.

Les personnes peu réactives prennent plus de risques. Elles se sentent peu préoccupées, anxieuses ou responsables des conséquences négatives. À l’opposé, les investisseurs ayant une personnalité réactive présentent une moins grande propension à prendre des risques, en partie parce qu’ils craignent les préoccupations liées aux conséquences fâcheuses possibles de leurs décisions de placements. « Ceux qui affichent un trait de réactivité élevé vendent leurs actifs financiers à des prix plus bas, réalisent davantage de ventes lorsque leurs actifs financiers sont sous-évalués et détiennent dans l’ensemble des actifs moins risqués », lit-on. Ce résultat s’explique en partie par le pessimisme et la crainte plus manifeste chez ces personnes. Les « très réactives » se sont même montrées réfractaires aux placements à court terme.

Extraversion. Une nature extravertie tend à attirer l’attention, alors qu’une extraversion faible traduit une personnalité plus réfléchie.

Le trait d’extraversion est lié à une propension générale à prendre des risques élevés, notamment sur le plan financier, motivée par la recherche de sensations. Pour ce qui est des types de placements, il a été constaté que les personnes très extraverties avaient tendance à se montrer plus enclines à investir à court terme. Si elles sont des investisseuses autonomes, elles paient plus cher pour leurs actifs financiers et en achètent plus lorsqu’ils sont surévalués.

Ouverture. Une ouverture élevée indique une propension à essayer de poursuivre des idéaux ou de plus grandes ambitions. À l’opposé, une ouverture faible traduit une personnalité plus prudente, plus pragmatique.

L’ouverture aux expériences est également associée à la propension à prendre de plus grands risques, aussi bien généraux que financiers. Ces personnes affichent une plus grande tolérance au risque dans leurs décisions de placement et sont aussi plus susceptibles d’investir à long terme.

Mimétisme

La neuroéconomie, avec ses branches Finance comportementale et Théorie des perspectives, va aussi camper la prise de décision dans un univers de risque dans une perspective tridimensionnelle juxtaposant les aspects cognitif, émotionnel mais aussi collectif, impliquant ici un mimétisme de groupe ou de foule.

Ainsi, il appert que la valeur relative des choix n’est pas aussi importante que la façon dont ces choix sont exprimés, que les personnes sont réticentes à renoncer à une chose présente, même s’il y a un potentiel futur. Autrement dit, elles ont tendance à accorder moins de valeur à une récompense future qu’à un avantage immédiat.

Et qu’il est difficile d’imaginer les événements qui se produiront dans 20 ou 30 ans. Les personnes ont de la difficulté à faire des sacrifices maintenant pour un avenir qui leur semble incertain.

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