Pour acheter des obligations négociables, il faut un bon courtier

Pourriez-vous m'indiquer où trouver les informations pertinentes touchant le marché obligataire: nouvelles émissions, accès au marché secondaire, coûts, etc. Lors des transactions, les courtiers incluent dans les prix leurs commissions; est-ce à dire que toutes les institutions financières ont les mêmes taux? À la revente, quels sont les frais courants? Ce marché est-il accessible par l'entremise des courtiers à escompte?

Recevez l'assurance de ma considération.

D. T.

M. Chiasson,

Merci de vos chroniques, réalistes, modestes et toujours instructives.

Je voudrais savoir comment on peut obtenir des obligations négociables du gouvernement du Québec, qui ne sont pas accessibles, sauf erreur, par le biais de Placements Québec. S'il faut absolument passer par un courtier, pourriez-vous m'en suggérer des fiables et me dire comment il est possible de se passer de leurs services le plus tôt possible?

Merci d'avance,

M. O.

S'il y a un marché où un bon courtier en valeurs mobilières a toute sa raison d'être, c'est bien le marché obligataire. Donc, une fois que vous aurez déniché un bon courtier en la matière, ne vous empressez surtout pas de couper vos liens avec lui comme le suggère M. O. dans sa lettre ci-dessus. Car, voyez-vous, les obligations négociables et autres titres à revenus fixes de grande qualité méritent une place importante dans le portefeuille de tout investisseur. Pourquoi? Parce que c'est en répartissant son portefeuille entre les obligations négociables et les actions que le petit investisseur peut le mieux doser le risque global de son portefeuille. Pour la plupart des investisseurs, j'estime que les obligations négociables devraient occuper un poids de près de 50 % de la valeur du portefeuille global (REER et hors REER). Et ces obligations doivent être achetées d'abord à l'intérieur du REER, vu que les intérêts reçus dans le régime se composent affranchis de tout impôt, et ce, aussi longtemps que les sommes en question y demeurent.

Les obligations négociables constituent le château fort de votre portefeuille. Il n'y a donc aucun risque à prendre à ce niveau. C'est pourquoi je recommande aux investisseurs de limiter leurs achats essentiellement aux obligations gouvernementales (gouvernement canadien, les provinces et leurs services publics ainsi que les municipalités).

Malheureusement, trop de gens délaissent ce volet pourtant important du placement. Même les plus jeunes courtiers s'intéresseront davantage aux actions qu'aux obligations, les premières montrant une plus grande variabilité (et donc une plus-value potentielle plus élevée) des prix que les secondes. C'est pourquoi les quelques courtiers bien formés au marché obligataire sont rares et sont généralement beaucoup plus âgés. Et en dénichez un constitue un atout pour le petit investisseur, surtout que ces courtiers sont généralement de nature très prudente en matière de placement. En fait, j'estime qu'il est plus important pour l'investisseur d'avoir un bon courtier spécialisé dans les obligations que dans les actions. Car, dans le cas des actions, le petit investisseur peut très bien les accumuler par le truchement d'un courtier à exercice restreint avec l'aide d'une bonne lettre financière ou de son équivalent tout en limitant ses achats aux actions de grandes firmes canadiennes versant des dividendes réguliers et croissants.

Côté mécanique des obligations, effectivement, comme le constate D. T. dans sa lettre, le prix affiché de l'obligation inclut la commission exigée du courtier. Dans le cas des actions, la commission est ajoutée au prix de vente. C'est pourquoi, lorsque le petit investisseur magasine pour des obligations, il doit non seulement en demander le prix exigé mais il doit aussi demander quel est, à ce prix, le rendement composé semi annuel à l'échéance de l'obligation. C'est cette dernière donnée qui importe. Car c'est en comparant le rendement composé semi-annuel à l'échéance d'obligations similaires que le petit investisseur pourra identifier la meilleure offre (la meilleure offre étant évidemment celle affichant le rendement composé le plus élevé pour une même obligation). Et d'ajouter le rendement sur la base duquel est offerte une même obligation peut varier d'un courtier à un autre. Cela pose un problème au petit investisseur, qui peut rarement faire affaire avec plusieurs courtiers.

Par contre, en consultant les journaux financiers, il pourra avoir une très bonne idée du rendement composé semi-annuel auquel s'échange telle ou telle obligation. Les quotidiens financiers anglais The Globe and Mail et The National Post présentent chaque jour, après les pages de cotes boursières, quelques colonnes d'obligations de différents émetteurs qui comprennent une description complète de l'obligation, son prix ainsi que son rendement composé à l'échéance. C'est ainsi par exemple que vous constaterez que la série d'obligations de la Province de Québec portant un coupon d'intérêt annuel de 6 % et échéant le 1er octobre 2012 s'échange actuellement au prix de 105,37 $ pour un rendement composé semi-annuel à l'échéance de 5,18 %. Les prix et rendements affichés dans ces pages peuvent donc servir de points de repère pour évaluer l'offre faite par votre courtier pour une obligation donnée. Dans son édition du lundi, le Globe and Mail présente une section encore plus élaborée des prix et rendements des obligations négociables.

Quant à savoir si les courtiers à exercice restreint offrent les obligations, certains d'entre eux le font. Mais un courtier de plein exercice spécialisé dans ce marché devrait être en mesure de vous offrir des obligations à un prix compétitif. C'est également lui qui vous téléphonera pour vous indiquer les nouvelles émissions d'obligations en cours ou à venir.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca

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1 commentaire
  • Robert Gauthier - Inscrit 31 juillet 2004 16 h 06

    Courtier à escompte TD

    Bonjour
    Vous pouvez acheter et vendre des obligations de toutes sortes si vous êtes client de TD Waterhouse au Canada sur le site Courtier WEB

    Vous avez un choix d'environ 500 obligations et de plus si vous vous inscrivez vous recevrez certaines des nouvelles obligations qui sont émises. C'est simple et pratique

    R Gauthier