La polarisation numéro 1

La réputation consensuelle du Québec en prend pour son rhume. Les reportages publiés dans Le Devoir depuis une semaine démontrent que la chicane habite bel et bien nos cabanes, à cette différence près : on se divise, oui, mais en se donnant des « câlins ». En minimisant la discorde dans la mesure du possible. Ce n’est pas tant la chicane qu’on n’aime pas, en fait, c’est son étalage. À cet égard, les réseaux sociaux sont bien arrimés à la psyché québécoise. Sur les plateformes numériques, on fesse, on crache, on insulte, mais sous couvert de l’anonymat. Le mythe d’un Québec consensuel et harmonieux peut donc continuer comme si de rien n’était.

Il n’y a pas meilleur exemple d’un supposé consensus, pourtant pétri de discorde, que la question de la laïcité. « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit », disait fameusement François Legault, lors de sa défense télévisée de la loi 21. Comme si, à ce sujet, nous regardions tous dans la même direction. La décision récente du juge Marc-André Blanchard reconnaissant la constitutionnalité de la loi, tout en soustrayant les commissions scolaires anglophones de son application, est venue, bien malgré lui, consacrer cette notion du Québec francophone tout de go derrière l’interdiction des signes religieux. Ce verdict permettait de conclure que seuls les gens de l’extérieur de la province ou encore les minorités religieuses et anglophones s’opposent à la loi.

Rien n’est plus faux, évidemment. Si on a souligné à gros trait la participation du Conseil canadien musulman à cette contestation juridique, rappelons que la Fédération autonome de l’enseignement du Québec, et d’autres, en faisait également partie. Au moment de l’adoption de la loi, en 2019, deux autres centrales syndicales, la CSN et la CSQ, se sont également opposées, sans oublier les commissions scolaires, le Barreau du Québec, la Ligue des droits et libertés, la Commission des droits de la personne, le Parti libéral et Québec solidaire ainsi que de nombreux artistes et intellectuels québécois.

Non, le Québec, même francophone, n’est pas d’un même avis sur cette question. Seulement, c’est tout comme. Il est de plus en plus difficile d’argumenter contre la Révolution tranquille, contre la société distincte, contre la nécessité pour le Québec de défendre sa façon de faire et, par extension, sa survivance. Il est quasi impossible d’opposer des arguments purement rationnels à quelque chose d’aussi profondément émotif — le jugement Blanchard le rappelle de plus belle.

Après avoir redoré le blason de trois partis politiques — l’ADQ de Mario Dumont en 2007 jusqu’à la CAQ de François Legault en 2018, en passant par le PQ et sa charte des valeurs en 2013 —, l’interdiction des signes religieux est désormais perçue comme l’ultime acte de résistance de la nation francophone. Peu importe si le geste est démesuré, voire inutile — il n’y a pas de problème de religion au Québec depuis plus d’un demi-siècle ! — le vrai « leadership », clamait M. Legault récemment, exige qu’on défende le Québec l’arme au poing. Il ne faudrait surtout pas avoir peur d’utiliser la clause dérogatoire, dit-il. Loin d’en avoir honte, cette mesure serait devenue un véritable badge d’honneur, la mesure du vrai patriote.

Déjà très polarisée, la décision du juge Blanchard a invariablement polarisé la question de la laïcité encore davantage. Le débat se pose désormais en ces termes : se laisser dicter nos règles de l’extérieur ou pas. Va-t-on laisser ceux qui ne nous comprennent pas (lire la Cour suprême) nous dire quoi faire ? Il y a ici un véritable enjeu démocratique, c’est vrai. Seulement, il n’est pas celui que l’on pense. Le danger n’est pas que le Québec perde de son autonomie législative, le danger est l’affaiblissement à long terme des droits et libertés pour l’ensemble du Québec.

Rappelons, d’abord, ce qui se perd de plus en plus dans ce débat à sens unique : pourquoi il nous faut des chartes des droits et libertés et pourquoi celles-ci bénéficient d’un statut « supralégislatif ». La Déclaration universelle des droits de l’homme, la première à voir le jour en 1948, et toutes celles qui ont été adoptées par la suite, comme au Québec (1975) et au Canada (1982), sont là pour assurer que personne, indépendamment de son sexe, son ethnie, sa religion ou son orientation sexuelle ne soit traité différemment. C’est la règle la plus sophistiquée, la plus civilisée, dont dispose l’humanité depuis la nuit des temps. C’est également un code qui, par définition, doit transcender l’enceinte politique. On ne peut pas laisser le sort des plus vulnérables (les minorités) entièrement dans les mains des plus puissants (les majorités), c’est la grande leçon du XXe siècle. Par conséquent, il n’y a que les tribunaux, consacrés à l’arbitrage impartial, qui peuvent y voir.

Rappelons aussi que la loi 21 suspend non seulement la Charte canadienne des droits et libertés mais également la Charte québécoise, nous laissant orphelins en la matière. À force de jouer la carte du salut de la nation, pour des raisons opportunistes, strictement politiques, le Québec est en train de se peinturer dans un coin sombre.

fpelletier@ledevoir.com

Sur Twitter : @fpelletier1

152 commentaires
  • Louise Collette - Abonnée 5 mai 2021 01 h 13

    Non

    Le Québec ne se peinture pas dans un coin sombre c'est vous qui prenez plaisir à le peinturer dans un coin sombre. Vous n'en ratez pas une.

    À mon avis la loi 21 est beaucoup trop douce et tolérante, je lui aurais donné beaucoup plus de mordant.

    Il vous reste toujours l'Ontario qui doit représenter un jardin d'Eden pour vous.
    Le Canada est grand et il y en a pour tous les goûts. Des petits saints, des citoyens modèles, dans le ROC, c'est beau de voir ça. Je suis éblouie.

    Tapez sur les autres provinces de temps en temps, ça nous donnerait un peu de répit. Ce serait un baume pour nous car pour le moment il semblerait que nous sommes la lie de l'humanité ici au Québec. Tant qu'à y être nous sommes aussi responsables de tous les maux de la planète, allez-y on a le dos large. On commence à être habitués d'encaisser.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2021 08 h 30

      La Loi 21 suspend 38 articles de notre propre Charte québécoise des droits et libertés .

      Allô..? ...Québec libre??

      Liste d'organisations qui se sont opposés à la loi 21 :

      1 ) La CSN a pour sa part décidé en décembre 2018 de s’opposer à toute législation interdisant le port des signes religieux.

      2 ) La FNEEQ (Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec) dénonce le projet de loi du gouvernement de François Legault.

      3 ) L'Association des juristes progressistes, le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, qui, selon les membres de l’AJP, va non seulement contribuer à marginaliser davantage certains groupes qui le sont déjà, mais poser de sérieuses barrières à l’accès à la justice.


      4 ) Pour le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Malette ce projet de loi laïcité est en train de devenir «une chasse aux hijabs».

      5 ) La Commission des droits de la personne indique que « La neutralité religieuse de l’État s’applique d’abord aux institutions, et non pas aux individus ».

      6 ) Pour Amnistie internationale Montréal, « Il est de la responsabilité du gouvernement de lutter contre les discriminations systémiques envers les groupes minoritaires et d’assurer que le Québec reste une société inclusive basée sur le respect des droits humains »



      7) Alain Fortier, président de l’Association des commissions scolaires du Québec (FCSQ) « L’application de cette règle ouvre la voie à d’éventuels conflits de travail, qu’auront à gérer les commissions scolaires, incluant les coûts juridiques potentiels. Dans la situation de pénurie existante, cela risque de priver les commissions scolaires de main-d’œuvre, future ou actuelle. »


      8 ) L'opposition unanime du Conseil de la Ville de Montréal 



      9 ) FAE la Fédération autonome de l'enseignement : Projet de loi sur la laïcité : un recul historique pour les droits fondamentaux.

      10 ) (FIQ) La Fédération des Infirmiers Infirmières du Québec.

    • Michel St-Laurent - Abonné 5 mai 2021 10 h 01

      En effet, madame Pelletier n'en rate pas une... Encore et toujours, elle ne parle que "d'interdiction des signes religieux", sans préciser que cela ne s'applique que dans certains milieux de l'État, qui se veut laïque. Comme "argument rationnel" ou nuancé, on repassera... Puis, elle parle d'un "arbitrage impartial" des cours... fédérales. Cherchez l'erreur! Quand on sait ce que ces cours "impartiales" ont fait de la Loi 101, on peut en rire... Enfin, je suis d'accord avec vous que cette loi sur la laïcité ne va pas assez loin. Les écoles, toutes les écoles, privées ou publiques, subventionnées ou non, devraient y être assujettis.

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 mai 2021 11 h 05

      C'est honteux d'appeler votre sophisme, «un argument rationnel» madame Pelletier, quand vous savez très bien que la laïcité de l'État exige la neutralité des fonctionnaires en fait et en apparence.
      Sans doute, vous êtes au courant que la Commission européenne des droits de l'homme a statué que l'interdiction du hidjab constituait une limite raisonnable à la liberté religieuse dans la fonction publique et que le port du hidjab exerçait une pression sur les autres femmes qui choisissaient de ne pas le porter.
      La Cour européenne a elle aussi été saisie de cette interdiction dans les universités turques en 2005 et a elle aussi donné raison au gouvernement turc. Ces deux jugements ont fait jurisprudence.
      En Allemagne, plusieurs États ont adopté des lois interdisant aux enseignants et aux enseignantes de porter tout signe religieux pouvant être contraire aux valeurs constitutionnelles promues par l'école publique. Certains États ont proscrit le hidjab de même que les soutanes chrétiennes. La ville de Berlin interdit à ses employés le port de tout signe religieux dans le cadre de leurs fonctions.
      En Belgique, les signes religieux sont interdits aux juges et aux policiers.
      En 1994, le Tribunal de Liège a considéré que le port du hidjab était un choix et non une obligation religieuse et a maintenu son interdiction à l'école. En 2005, la plupart des écoles belges interdisaient le hidjab tant aux élèves qu'aux enseignantes.
      En 2003, la France a dû adopter une loi interdisant le port de signes religieux ostentatoires par les élèves à l'école publique (directive Stasi). En octobre 2004, le Conseil d'État a estimé que l'atteinte portée à la liberté de religion par cette loi est proportionnée à l'objectif d'assurer le respect du principe de laïcité dans les établissements scolaires publics.
      La Suisse a elle aussi eu gain de cause devant la Cour européenne des droits de l'homme dans une plainte concernant l'interdiction du port du hidjab par une enseignante du réseau public. La

    • Simon Harvey - Abonné 5 mai 2021 11 h 19

      OUI
      Félicitations monsieur Montmarquette, vous illustrez bien comment la peur des hommes de paille véhiculée par l'extrême-droite a réussi à convaincre les québécois de violer leurs propres valeurs profondes. La haine et le partenalisme imposé aux femmes musulmanes restera une tache dans notre histoire. Pas pour très longtemps, heureusement. La protection des plus faibles reprendra le dessus. Le Québec est meilleur que ça et nous avons bien d'autres chats à fouetter que de protéger quelque chose qui n'existe pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 mai 2021 11 h 32

      Les Québécois supporte à 70% la loi sur la laïcité.

      Les membres de la FAE n'ont pas pu voté pour cette résolution de contestation de la loi 21 qui a été décidée de façon dictatoriale par un exécutif qui est allé à l'encontre de la majorité de ses membres.

      Les commissions scolaires francophones n'existent plus au Québec.

      Pour le reste, disons poliment que le jupon dépasse.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 mai 2021 11 h 46

      M. Montmarquette,

      Par vos propos, vous êtes l'illustration même de la raison pour laquelle QS va demeurer un parti marginal !

    • Nadia Alexan - Abonnée 5 mai 2021 14 h 16

      À la suite de mon commentaire: La Cour a jugé que la décision de l'école est conforme au principe de la neutralité confessionnelle des institutions publiques et a également tenu compte de la fonction pédagogique qui nécessite la neutralité confessionnelle de la part des enseignants.
      Même la Cour suprême du Canada a dit non à la prière au conseil municipal de Saguenay. Dans une décision unanime, la cour a interdit les prières «en raison de l’obligation qu’il a, de protéger la liberté de conscience et de religion de chacun, l’État ne peut utiliser ses pouvoirs d’une manière qui favoriserait la participation de certains croyants ou incroyants à la vie publique au détriment des autres».
      D'autres juridictions, même aux États-Unis, ont interdit le port de signes religieux aux seines des institutions publiques. La Pennsylvanie et l' Oregon.
      Pensez-vous que toutes ces juridictions contreviennent aux droits et libertés individuels?
      Le Québec est à l'avant-garde en matière de la protection de la liberté de conscience et contre l'ingérence de la religion dans les affaires de l'État.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2021 15 h 36

      "Les Québécois supporte à 70% la loi sur la laïcité." - Cyril Dionne

      SONDAGES - LAÏCITÉ 



      Les Québécois sont beaucoup plus partagés dans leurs opinions sur les signes religieux qu’on essaie de nous faire croire.


      Alors que les médias ont diffusé à satiété ce sondage qui montrait que "64%" (et non 70%) des Québécois étaient en principe pour les interdictions de la CAQ, d’autres sondages moins médiatisés mais plus rigoureux ont montré que cet appui se révèle beaucoup faible (40-50%) et l'opposition beaucoup plus forte dès qu'on élimine la confusion entre le burqa et le hijab. 

 Le seul véritable consensus qui existe sur les signes religieux, c’est la lassitude que les Québécois éprouvent envers ce débat aussi stérile que malsain. 


      À cet effet, Vox Pop Labs rapporte que 59% des Québécois s’opposent aux interdictions de la CAQ et que 45% qui s’opposent au “compromis” Bouchard-Taylor.

      Cette opposition est encore plus forte chez les jeunes entre 18-et 25 ans, avec 74% opposés à la formule de la CAQ et 57% opposés à Bouchard-Taylor.

« Les Québécois et les signes religieux » - Vox Pop Labs

      Source : Les Québécois et les signes religieux

       http://voxpoplabs.com/fr/signes-religieux/

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2021 15 h 52

      Comprendre l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes



      Les nationalistes ont instrumentalisé le féminisme afin de draper le racisme de l'éthique du féminisme.

      En fait il s'agit non seulement d'une récupération du féminisme, mais d'une perversion du féminisme à des fins politiques. En clair, les nationalistes ont perverti le sens du féminisme autant qu'ils ont perverti le sens de la laïcité.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 5 mai 2021 20 h 32

      Mme Pelletier,
      Vous auriez pu parler un brin de la vision historique du sociologue Guy Rocher qui correspond à celle de nombreux québécois.
      Vous préférez varger sur le clou de la discorde et avoir un nombre record de commentaires.
      Vous vous nourrissez en quelque sorte de cette chicane dans votre cabane pour nous faire croire qu'il en est ainsi partout au Québec.

  • Marie Nobert - Abonnée 5 mai 2021 01 h 46

    Une méchante «nounounerie» que cette polarisation.

    Mais bon, c'est ça qui est ça! La loi 21 !? C'est quoi ça? Une autre «nounounerie»? Misère.

    JHS Baril

    Ps. Pas de ps.

  • Diane Boissinot - Abonnée 5 mai 2021 03 h 11

    Cette chronique est aussi très polarisante.

    • François Poitras - Abonné 5 mai 2021 07 h 36

      Le débat sur la laïcité a duré une dizaine d’années. La loi de la laïcité a clos ce débat. Ce qui demeure en suspens, c’est la contestation de la légitimité de l’État québécois par Ottawa. Tout le reste n’est que fadaises.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 5 mai 2021 07 h 51

      Et comment!!

    • Cyril Dionne - Abonné 5 mai 2021 08 h 14

      Oui Mme Boissinot. On sait sur quel côté se trouve notre chroniqueuse adorée.

    • Louise Melançon - Abonnée 5 mai 2021 09 h 18

      En effet! c'est ma rėaction à cette chronique. il faut le faire, comme on dit... polariser en même temps qu'on veut contrer ce phénomène!

    • Jacques Patenaude - Abonné 5 mai 2021 11 h 30

      Effectivement cette chronique est polarisante. À mon sens pour deux raisons.
      D'abord parce qu'elle pose en absolue une conception des droits et libertés alors qu'il existe plus d'une conception. Si nous étions reliés à l'union européenne la loi 21 serait acceptable alors qu'au Canada la conception dominante rend celle-ci inacceptable.
      D'autre part elle pose que les tribunaux sont arbitres impartiaux alors qu'en fait ça nous oblige à nous soumettre à une technocratie unanime derrière une seule conception des droits humains qui nous a été imposée.La constitution canadienne n'est pas inspirée par une conception reconnue universellement mais par un des interprétations des droits humains.

      On aurait un débat plus sain si ces deux écueils étaient reconnu par tous.
      Il faut cependant reconnaître que cette chronique polarisante ne mène pas à des commentaires trop excessif mais ne fait pas avancer le débat par son absolutisme.

    • Christian Roy - Abonné 5 mai 2021 13 h 05

      Les deux mythes auxquels fait référence Mme Pelletier sont celui que les Québécois francophones sont nécessairement d'accord avec la Loi 21 et que les Québécois francophones sont nécessairement à l'aise avec la reconnaissance pleine et entière des droits de leurs minorités, qu'elles soient ethniques, religieuses ou d'orientations sexuelles.

      Un peu à l'image du mythe d'un Québec "vert"-ueux.

      Que cela déclenche quelques malaises... me semble que c'est normal. Notre esprit collectif balance souvent entre l'apitoiement sur soi et le complexe de supériorité.

  • Jean-Charles Morin - Inscrit 5 mai 2021 04 h 57

    La voie de la compromission.

    Donc, si l'on comprend bien les tenants de la compromission, tout doit se faire en évitant de provoquer les fondamentalistes et en cautionnant par le fait même la vision étriquée qu'ils entretiennent du monde. C'est oublier que ce sont les préceptes rétrogrades qu'ils défendent qui sont en premier lieu responsables des nouveaux clivages qui affligent la société. En cherchant, comme vous semblez le faire, à culpabiliser ceux qui tentent de leur imposer des balises, vous n'aidez en rien la solution du problème.

    Si la bonne manière d'agir pour vous est de faire en sorte que les lois prennent soin de ne jamais heurter les susceptibilités des zélotes, vous acceptez de laisser en héritage aux générations qui vont suivre un monde dangereux où le radicalisme impose sa loi et qui ne fera l'envie de personne.

    • Louise Collette - Abonnée 5 mai 2021 07 h 26

      Bravo Monsieur Morin et merci. Vous avez tout à fait raison.
      Plus que ras-le bol de ces inepties.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 mai 2021 08 h 42

      " C'est oublier que ce sont les préceptes rétrogrades qu'ils défendent qui sont en premier lieu responsables des nouveaux clivages qui affligent la société.. C'est oublier que ce sont les préceptes rétrogrades qu'ils défendent qui sont en premier lieu responsables des nouveaux clivages qui affligent la société." - Jean-Charles Morin

      Vous faites la parfaite démonstration que la loi 21 ne propose pas une neutralité religieuse, mais à prendre les religions en aversion. Bref, une parodie de laïcité.

    • Michel St-Laurent - Abonné 5 mai 2021 10 h 06

      Et dire que madame Pelletier se dit féministe. Des femmes musulmanes d'ici, elles, ont compris la signification de ces chiffons. Madame Pelletier, elle, ne veut pas voir...!

    • Pierre Desautels - Abonné 5 mai 2021 10 h 29


      La loi 21 est une réaction à la peur et à l'insécurité véhiculés par un nationalisme d'un autre âge. C'est une loi hypocrite, qui visait seulement à bannir le voile porté par quelques femmes francophones et instruites, mais en prétendant qu'elle s'applique à tous.

      C'est un danger pour le Québec? Ces femmes n'enseignent pas le Coran, elles enseignent le français, les mathématiques, les sciences, mais on veut nous faire croire qu'elles sont un danger pour nos enfants, qu'il nous faut un "safe space" pour eux. Voyons donc.

      C'est aussi une loi honteuse. Ce n'aurait pas été une surprise si ce gouvernement, élu à 37% des voix, se serait soustrait de la Charte fédérale, mais non, il fallait qu'il crache sur notre propre Charte des droits du Québec, qui a toujours été une source de fierté pour nous, une Charte basée sur les droits universels et non pas sur la Charte de Trudeau. Celle loi restera une tache noire dans l'histoire du Québec.

    • Léonce Naud - Abonné 5 mai 2021 12 h 34

      Pierre Desautels: quelle est le nom de la personne qui tint la plume pour rédiger cette Charte des droits et libertés du Québec, laquelle fut ensuite adoptée les yeux fermés par l'Assemblée nationale? Curieux que personne ne fit alors l'effort de rédiger une Charte des devoirs et obligations des citoyens, n'est-il pas?

    • Jacques Patenaude - Abonné 5 mai 2021 20 h 00

      D'accord avec vous M. Desautels. La charte québecoise est très différente de la charte fédérale. Si le gouvernement Legeault avais utilisé la clause dérogatoire pour la charte canadienne mais pas pour la charte québécoise on aurait eu un débat beaucoup plus serein. Effectivement je suis d'accord pour dire que la charte québécoise est basée sur les droits universels alors que la charte canadienne priorise les droits individuels.

  • Jérôme Faivre - Inscrit 5 mai 2021 05 h 28

    Comme d'habitude

    En inversant simplement le propos de toute critique des dérives du militantisme ouoque (c'est celui qui le dit qui l'est), l'auteure de ce papier endormant se comporte un peu comme un enfant à qui on refuse l'attention dans une conversation de grands.

    Le tout se termine naturellement par le pleurnichement bien connu sur la prépondérance des tribunaux non élus, la joie des communautés et tribus minoritaires offensées en lutte contre le vilain Québec majoritaire et, en feu d'artifice final, la loi 21, as usual. Bienvenue au Canada, une édition anglaise est disponible. Dans l'enfer du Québec, nième saison

    Mais il y a surtout ici une réaction commune ces jours-ci chez beaucoup de journalistes et de chroniqueurs éveillés. Comme le mot à la mode le dit, ils sont «sidérés» quand on n' est pas d'accord avec eux et ils concluent chaque fois, en bonne victime, à une éclosion de haine contre leur progressisme si méritant. Pourtant nos écorchées du web affirment ne jamais lire les commentaires.

    On a donc trouvé ces jours-ci un nouveau jouet: la polarisation. Et bien, espoir, ce sujet aura disparu du paysage assez rapidement, remplacé par une autre indignation à la mode d'ici quelque jours. Déjà, le logement disparait des ondes. Mais pour l'instant, les fidèles doivent surnager dans l'avalanche de sermons sur la méchante «polarisation» clivante. Un touriste pas trop renseigné se demanderait pourquoi le genre littéraire des polars a envahi si rapidement le Québec. Quand on sur-utilise un mot, il perd totalement de son sens.

    À lire cette chronique, on comprend aussi que la culture anglo-saxonne conviviale de l'auteure ne fait pas bon ménage avec la culture latine et on décèle une certaine nostalgie radio-canadienne des débats à la Claire Lamarche.

    Enfin, un vrai manque au Québec: des caricaturistes sans bons sentiments (c'est nécessaire pour assurer la qualité), qui seraient en mesure de nous faire sourire avec ce genre de chroniques répétitives.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 5 mai 2021 08 h 01

      "...un peu comme un enfant à qui on refuse l'attention dans une conversation de grands." On ne peut mieux décrire la situation M. Faivre!! Comme quoi...l'enfant en soi n'est jamais bien loin de même qu'une certaine immaturité...

    • Françoise Labelle - Abonnée 5 mai 2021 08 h 26

      Permettez-moi de ne pas être consensuelle, M.Faivre.

      «Quand on sur-utilise un mot, il perd totalement de son sens.»
      Si la laïcité est un critère pour lancer l'insulte woke, il y a très peu de pays qui y échappent, à commencer par les pays latins comme l'Italie et l'Espagne et surtout celui de dieu-vous-blesse et ses chrétiens évangéliques.
      Ceci dit, je soutiens la loi sur la laïcité et je suis férocement contre la régression à l'américaine.

    • Cyril Dionne - Abonné 5 mai 2021 08 h 28

      Très bien dit M. Faivre.

    • Pierre Robineault - Abonné 5 mai 2021 09 h 44

      Vous avez tout dit, monsieur Faivre! Ou presque. Vous auriez pu dans la même foulée poser certaines questions. À titre d'exemple, lorsqu'une majorité s'exprime et qu'une minorité la conteste, s'agit-il de polarisation ou de contestation? Autre question mais possible de censure celle-là, la nouvelle formule de rédaction au Devoir polarise-t-elle?

    • Michel St-Laurent - Abonné 5 mai 2021 10 h 15

      En effet, il y a une certaine classe de commentateurs qui ne cherchent que d'avoir raison. Et ils parlent "d'arguments rationnels"... Je dirais plutôt fumisterie, faite de sophismes, de raccourcis, d'amalgames de toutes sortes. Madame Pelletier est passée maître, ou maîtresse, dans ce genre. Enfin, un État qui se dit laïque doit l'être, de fait et en apparence. Cela est rationnel...!

    • Cyril Dionne - Abonné 5 mai 2021 11 h 09

      Addendum:

      Bon. Les gens de Québec solidaire, citée par l'auteure et qui sont en défaveurs de la loi 21, devraient plutôt s’attarder aux conflits qui font rage au sein de leur organisation. On apprend notamment par l’entremise du Collectif antiraciste décolonial (CAD) et de sa représentante Sibel Ataogul que ce sont leur petit groupe qui a fait dérailler la position de QS sur le compromis Bouchard-Taylor à leur dernier congrès. Oui, ce sont les mêmes qui ont appuyé les dires ou les délires d’Amir Attaran. Maintenant, la bataille fait rage entre le CAD et le Comité de coordination nationale (CCN) de QS. La CAD a même dénoncé la position prise par Gabriel Nadeau-Dubois.

      Maintenant, les gens sensés devraient appuyer une formation politique qui ne dépassera pas le métro de Montréal à la prochaine élection alors que des extrémistes de tout acabit s’affrontent? On peut comprendre que certains plus éveillés au sein de ce parti veulent rejoindre la population québécoise, mais ce sera toujours impossible avec les Sibel Ataogul de ce monde.

      Eh oui, 70% de la population québécoise supporte la loi 21.

      En passant, il y a plus de 1 200 écoles de confession catholiques françaises et anglaises en Ontario qui sont subventionnées par les deniers publics et pourtant aucun enseignant.e n’arbore de signe ostentatoire religieux au sein de ces écoles même si c’est permis. Et nul besoin d’être de confession catholique pour y enseigner en 2021.