L’archipélisation

Lundi matin, le président Emmanuel Macron a offert une scène étonnante à ses concitoyens. En visite à Montpellier, dans le quartier de La Paillade, il s’est entretenu avec une femme voilée. La jeune mère, Naima Amadou, lui expliqua que son fils de huit ans lui avait demandé « si le prénom de “Pierre” existait vraiment » ou s’il n’avait de réalité « que dans les livres, tellement il y a un manque de mixité dans le quartier ».

Cette histoire, presque trop bien ficelée pour être spontanée, a fait le tour des médias. Elle illustre ce qui est advenu de ces cités construites dans les années 1960 afin de résorber une crise endémique du logement et offrir un toit aux 300 000 rapatriés d’Algérie. Pendant un quart de siècle, La Paillade abrita une population diversifiée composée à la fois de Français pauvres et de Maghrébins, mais aussi d’immigrants venus d’ailleurs. Une population heureuse de trouver un logement salubre et des services de qualité. D’ailleurs, malgré la crise et le chômage qui s’incrustèrent dans les années 1980, la ville et l’État consacrèrent des millions afin de détruire plusieurs grandes tours anonymes construites quelques décennies plus tôt et d’humaniser l’habitat. Des investissements qui se poursuivent toujours.

Mais l’urbanisme et les multiples aides sociales et éducatives dont la France est le champion mondial n’y changeront rien. Avec l’immigration massive, les populations non arabes — à l’époque, on ne parlait pas de musulmans ! — quitteront progressivement le quartier pour s’installer ailleurs. D’autant que, justement, le quartier s’islamisait à toute vitesse.

L’histoire de La Paillade est celle de toutes les banlieues françaises et d’une population autochtone qui a fui ces quartiers aujourd’hui transformés en ghettos. Au tournant des années 2000, la pratique religieuse et le port du voile ne cesseront de se généraliser, comme en témoigne ironiquement Naima Amadou elle-même. Dans ces quartiers, il n’est pas rare qu’à cause de la pression sociale, les jeunes filles ne puissent plus porter de jupes, qu’on ne trouve plus de jambon-beurre dans les boulangeries ni de bière au dépanneur. Même les étudiants gauchistes et « ouverts à la diversité » qui occupent de belles résidences étudiantes sur les bords du Lez n’auraient pas idée de venir y habiter.

C’est ce que le politologue Jérôme Fourquet a appelé « l’archipélisation de la société française ». Dans L’archipel français (Points), il décrit un pays qui fait de moins en moins nation et où, faute de ciment social et culturel, la violence explose. D’ailleurs, ce même lundi, alors que le président était venu annoncer des renforts policiers, un homme fut blessé par balles en plein centre-ville.

Pour se rassurer, on pourra toujours dire, comme le laisse régulièrement entendre le chic New York Times (et ses émules québécois), que ce délitement n’est qu’une tare française. Dans le monde anglo-américain, il est de bon ton d’accuser les Français de « racisme », exactement comme on les traitait hier de « papistes ». Mais le racisme ici est bien secondaire.


 
 

Car ce que décrit Naima Amadou est loin d’être franco-français. De Göteborg à Minneapolis, de Cologne à Montréal-Nord, on voit se développer les mêmes phénomènes. Avec l’effritement de la nation, les tribus sont de retour. Si certains les combattent, d’autres n’hésitent plus à en faire l’éloge et à rêver ouvertement d’une société où chacun vivrait cantonné avec ses semblables dans des ghettos raciaux, ethniques ou sexuels. Peu importe qu’ils soient géographiques, politiques ou idéologiques.

D’ailleurs, comme l’expliquait avec brio cette semaine sur les plateaux français notre compatriote Mathieu Bock-Côté, le Canada multiculturel n’est pas loin d’être, avec les États-Unis, le laboratoire de pointe de cette archipélisation.

On savait déjà que le Canada se distinguait dans le monde par sa Loi sur le multiculturalisme et celle sur les Indiens, directement inspirée d’une forme d’apartheid. Le récent jugement de la Cour supérieure qui censure une partie de la « loi 21 » sur la laïcité illustre à nouveau cet esprit communautariste qui refuse au Québec le droit de faire nation. En effet, si la loi québécoise sur la laïcité ne s’applique pas aux commissions scolaires anglophones, comme l’a décrété le juge Blanchard, on ne voit pas pourquoi demain il n’en irait pas de même des lois du travail, de l’environnement ou de celles concernant l’égalité entre hommes et femmes.

Si cette nouvelle religion de la « diversité » est en train de détricoter la France et de susciter les pires violences, on imagine bien que, dans une nation qui n’est pas maître chez elle comme le Québec, elle a quelque chose de proprement suicidaire. Dans une société dont l’état naturel, quoi qu’on dise, a toujours été la diversité, le rôle de l’État n’est pas de la « représenter » et encore moins de la susciter, mais de faire du commun afin de permettre à tous de vivre ensemble et de développer le même sentiment d’appartenance.

L’homme étant par essence une bête identitaire, enlevez-lui la nation et il se rabattra sur ce qui reste : le clan, la secte, l’ethnie, le sexe ou, pire, la race. C’est aujourd’hui ce qui est en train de se produire sous nos yeux. Et le Canada montre la voie au monde entier.

73 commentaires
  • Léonce Naud - Abonné 23 avril 2021 04 h 38

    La «diversité» est-elle un néo-tribalisme?

    De savants ethnologues pourraient établir une analogie entre la nature des liens au nom desquels on justifie et finance l’existence de «communautés» au Canada et les affinités de race, de sang, d’ethnie ou de religion auxquelles les sociétés de type tribal sont assujetties depuis des millénaires.

    Le meilleur moyen de combler le fossé entre ces communautés auto-proclamées et le reste de la Nation ne serait-il pas d’abolir toute cette nébuleuse d'assemblages, produits récents d'un esprit d'apartheid? À tout le moins et dès maintenant, cesser de les subventionner à même le Trésor Public?

    Au Fédéral, l'ethnie ou la race prévaut sur la citoyenneté, la foi sur la raison, la génétique ou la pureté du sang sur le métissage et l’égalité citoyenne au sein d'une même communauté nationale. Au Québec, la population en général partage plutôt la vision du Premier ministre Jean Charest à l'occasion du Discours inaugural à l’Assemblée nationale, le 9 mai 2007: «Il n'y a qu'un seul Québec, une seule nation».

    • François Leduc - Abonné 23 avril 2021 09 h 07

      Votre citation de Jean Charest fait partie d'un discours plutôt séduisant, mais trompeur, ses actions politiques ont contredit ses belles paroles. D'autant qu'il se gardait bien de contrarier les fédéralistes vu son rêve d'accéder un jour au poste de premier ministre canadien. Si vous souhaitez vraiment cité un libéral, sur l'idée de faire nation, nous vous suggérons Jean Lesage avec son Maître chez nous.

    • Claude Bariteau - Abonné 23 avril 2021 09 h 26

      L'État-Nation s'est construit avec l'industrialisation et leurs colonies. Les Deux Grandes Guerres ont propulsé le nombre d'États indépendants et la Deuxième a créé le monde de Yalta. Ce monde, divisé pro-capitaliste, procommuniste et quelques pays périphériques aux assises différentes, déjà en phase critique, implosa avec la chute du mur de Berlin.

      De grandes firmes multinationales virent le jour et sont apparus des regroupements régionaux pour des fins économiques, certains, dont l’UE, misant sur des intégrations politiques à visées sociales. S’ensuivit un agencement du monde en grands blocs politico-économiques en concurrence avec la Chine et les États-Unis comme centre hégémonique en dans système multipartite différent du monde de Yalta.

      Les États plus anciens et nouveaux y opèrent sur des logiques différentes. Les plus anciens cherchent à reconstruire un vivre-ensemble en mutation ; les plus jeunes à réaliser leur construction nationale.

      Ces constructions-reconstructions se réalisent avec des brassages de populations un peu comme ça s’est passé au début de l’industrialisation. Conséquemment, le commun construit antérieurement se refait sur de nouvelles bases associées à des mouvements de reconnaissance qui questionnement les bases d’hier.

      L’État de demain et l’ordre mondial économico-politique demeurent à définir. C’est dans ce cadre que du commun se manifestera entre une construction par en haut, comme celle du Canada ou des empires tels ceux de la Chine et de la Russie, ou une construction qui mise sur le débat en démocratie. Ce qui se passe en France est l’exemple d’une construction par le bas avec des reliquats du passé et des aspirations nouvelles. Ce qui se passe au Québec peut déboucher sur un éclatement si le passé est le modèle recherché. Aussi seule une démarche des futurs citoyens et futures citoyennes peut créer un État indépendant démocratique avec un commun partagé politiquement, que récuse le juge Blanchard.

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 avril 2021 10 h 41

      Quand on s’éloigne de la fierté de la citoyenneté, nous sommes en train de glisser vers le communautarisme, le tribalisme et l'apartheid. Effectivement, la décision du juge Blanchard a crée cette division qui va nous conduire directement vers l'abysse d'une société fracturée selon la langue, l'ethnie et la religion.
      Le Québec a essayé de créer une société de droit et d'égalité pour tout le monde, avec la loi 21 sur la laïcité, dont chaque personne pourrait s’épanouir et trouvait sa place dans une société neutre. Mais, malheureusement, les bienpensants de la diversité sont en train de détruire ce rêve pour créer des ghettos basés sur la race, l'ethnie et la religion, comme un fromage suisse, où chaque personne vie pour soi-même, sans appartenance ni loyauté et au diable la citoyenneté et le bien vivre ensemble.

    • Françoise Labelle - Abonnée 23 avril 2021 11 h 31

      M.Naud, Justin a fait la même déclaration que Charest.

      «Jean Charest à l'occasion du Discours inaugural à l’Assemblée nationale, le 9 mai 2007: «Il n'y a qu'un seul Québec, une seule nation».»
      «Aujourd’hui, nous célébrons le jour où, il y a exactement 149 ans, les gens de ce grand territoire se sont rassemblés et ont forgé une seule nation et un seul pays – le Canada ». Justin, juillet 2016.

      De quoi parle-t-on au juste? Peut-être faudrait-il commencer par là, en toute logique.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 avril 2021 12 h 55

      Oui M. Naud. La diversité est une nouvelle forme de néo-tribalisme. Eh oui, il faut le dire, aujourd’hui, on ne parle plus d’immigration, mais plutôt d’invasion. On ne cherche pas à partager les valeurs de la société d’accueil, mais bien d’imposer les siennes ou bien on se recoquille dans des espaces communautaires, d’où le communautarisme. Ceci est une cause directe du multiculturalisme qui stipule que tous les groupes ethnoculturels sont égaux et donc, nul besoin de s’intégrer. On aime aussi la richesse que la nation hôte (le groupe social établi sur un territoire défini et qui présentait une unité historique, politique et culturelle bien avant l’arrivée des immigrants ou migrants légaux ou illégaux) procure ainsi que la liberté qui en découle, des items qui n’étaient pas disponibles dans le pays d’origine des nouveaux arrivants.

      Les États-nations sont des constructions sociales basés sur des valeurs universelles et républicaines partagées. Au Québec, il y a les incontournables de la langue française, l’égalité pour tous et la liberté de conscience et d’expression. Nulle part on mentionne les particularités culturelles comme les religions de groupes ethniques qui ont préséance sur les autres qu’encourage la loi canadienne du multiculturalisme, ô accommodements déraisonnables obligent. Personne ne devrait être plus égal qu’un autre.

      Le multiculturalisme est une idéologie qui a échoué, échoué lamentablement partout sur la planète. C’est la nouvelle Tour de Babel, version post-pandémique 2021. Elle va à l’encontre du vivre ensemble de la collectivité. En fait, cette vision se rapproche plutôt de l’hyper-individualisme exprimé surtout par les jeunes d’aujourd’hui. On parle toujours de droits individuels, mais jamais de responsabilités inaliénables à la collectivité. Enfin, il n’y a rien d’inclusif dans cette approche sociétale; on exclut tout ce qui va à l’encontre de notre groupe ethnoculturel pour vivre en citoyen du monde et de nulle part.

    • Pierre Bernier - Abonné 23 avril 2021 14 h 54

      C.Q.F.D.

    • Claude Bernard - Abonné 23 avril 2021 16 h 38

      M Naud
      Un seul Québec, deux langues officielles, une pochetée de communautés, quelques concentrations «naturelles» de gens qui se ressemblent, rien de comparable à ce qui se passe en France où on parle de «cités» hors la loi, que la police n'ose patrouiller, réservées et contrôlées par des mafias sous couvert de religion, avec ses guetteurs, sa loi, sa langue, sa justice (expéditive), son chomage à 50% etc...
      Le juge Blanchard n'a pas ouvert le chemin vers une telle situation ici au Québec et le chroniqueur sème la confusion, comme c'est son habitude.
      Pour toutes sortes de raisons, nous n'avons jamais eu besoin de construire des «barres» d'un kilomètre, ni de ces cités interdites au public et à la justice.
      Dire que nous en prenons le chemin est une faussété manifeste; nous n'avons ni les moyens, ni la nécessité de démolir des dizaines de milliers de taudis et de construire des taudis neufs pour loger les immigrants comme la France a dû faire; aussitôt qu'ils ont du travail les néos se débrouillent aussi bien ou aussi mal que les Québécois et se logent là où ils peuvent payer le loyer et où ça fait leur affaire.

  • Clermont Domingue - Abonné 23 avril 2021 06 h 32

    Adieu nation...

    Je crois qu'il ne fallait pas intégrer nos immigrants. il fallait les assimiler; les faire nôtre par la langue, les coutumes, les traditions et la culture à défaut de la religion. On n'impose pas le multiculturalisme sans créer des inégalités. La nation a besoin d'un territoire où vivent des gens qui se ressemblent si l'on veut qu'il se rassemblent. Or, depuis un demi-siècle, des gens de partout ont envahi Montréal et leurs enfants ont peuplé l'espace que nous avons cessé d'occuper. Ces Montréalais sont jeunes, dynamiques, instruits et polyglottes.Ils sont citoyens du monde et n'ont que faire de la nation. Face à eux, les Québécois de souche parlent leur dialecte et baragouinent l'anglais.Les arrivants feront le Québec de demain. Ils sont plus forts que nous.

    Adieu nation! Le monde est un grand village. Chaque humain doit occuper sa petite place pendant un peu de temps. Pandémie et bouleversement climatique nous rappellent que nous devons lutter ensemble malgré nos différences.

    • Françoise Labelle - Abonnée 23 avril 2021 10 h 43

      «La nation a besoin d'un territoire où vivent des gens qui ...» partagent des valeurs en commun. La langue en fait partie. Et surtout partagent un gouvernement local.

    • Françoise Labelle - Abonnée 23 avril 2021 11 h 23

      En fait, tout ce texte tourne autour du concept de «nation» présumément clair. Et ensuite on chante les boires et déboires de la «nation».

      Soulignons que les usines françaises des années 60 (Renault, Peugeot etc.) étaient bien aises d'accueillir la main d’œuvre du Maghreb. La question est donc: pourquoi l'islamisation? Pour le spécialiste français de l'islam, Olivier Roy, «il ne s'agit pas de la radicalisation de l'islam, mais de l'islamisation de la radicalité». Tout comme on doit parler de nazification de la radicalité dans le cas du le néo-nazi Breivik. Il s'agit de prétexte dans les deux cas. On doit aussi parler de la radicalité des jeunes ados français bon teint de 13-14 ans qui s'attaquent au fusil et à l'arme blanche dans les banlieues de France.
      «L'islamisation de la radicalité » 25 déc. 2015

      Le renvoi à Bouc-le-brio (bock, bouc en alsacien) selon qui l'archipélisation ne serait pas l'apanage des USA contredit Fourquet puisque les USA sont plus proches de l'éclatement violent que la France : «Dans L’archipel français (Points), il décrit un pays qui fait de moins en moins nation et où, faute de ciment social et culturel, la violence explose.»
      Finalement, les conflits sociaux et leur radicalisation sont universellement répandus et seuls les dictateurs en viendront à bout. Voilà où ces idéologues se dirigent.

    • Marc Pelletier - Abonné 23 avril 2021 11 h 50

      Merci M. Domingue pour ce témoignage qui nous offre une vision élargie et incontournable face aux défis que nous offrontons et que nous aurons à affronter ensemble : la pandémie et les dérangements climatiques ne se résoudront pas par une attitude mesquine de replis sur soi. Cette époque était déjà révolue depuis quelques années mais la situation actuelle nous donne une preuve supplémentaire et encore plus tangible de l'urgence d'agir maintenant.

      Élément d'espoir : les dirigeants des pays les plus puissants de la terre nous en ont donné un bel exemple au cours des derniers jours, en regard de la pollution : il ne nous reste qu'à leur emboîter le pas.

      Les énergies que nous dépensons à nous déchirer sur des sujets comme la laïcité, l'immigration et même la langue, me semblent bien futiles si on les compare à celles qui seront requises pour contrer les pandémies actuelles et futures ainsi que les dommages que tous les habitants font subir à leur planète.

      Des actions collectives, de tous les habitants de cette planète, sont requises pour assurer leur survie !

    • Nadia Alexan - Abonnée 23 avril 2021 13 h 23

      À monsieur Clermont Domingue : Vous dites: «Pandémie et bouleversement climatique nous rappellent que nous devons lutter ensemble malgré nos différences».
      Effectivement. Pour lutter ensemble malgré nos différences, il nous faut un rêve commun, ce que l'on ne peut pas faire tant et autant que chaque personne est campée dans sa bulle individuelle, sa religion et son ethnicité !
      Toutes les valeurs ne sont pas égales. L'égalité homme/femme est mieux que la misogynie. La liberté de conscience est mieux que le crime de l'apostasie. La démocratie est mieux que la dictature et la prison est mieux que la peine de mort.
      Au lieu de promouvoir le tribalisme et le communautarisme, c'est mieux de soutenir la citoyenneté, un rêve commun de la justice sociale, où tout le monde peut s'épanouir.

    • Claude Bernard - Abonné 23 avril 2021 16 h 49

      M Clermont
      Quand assimiler devient impossible et intégrer incertain, se rassembler pour lutter ensemble demeure possible avec un peu de respect de la majorité et de ses lois.
      Le juge Blanchard a préférer manifestement séparer plutôt que rassembler.
      Avait-il raison en droit, nous le saurons bien un de ces quatre matins; en attendant ce jour, ne tombons pas dans le piège qui nous est tendu de blâmer les minorités pour un jugement aux effets incertains et peut-être provisoires; autrement dit n'amplifions pas la division amorcée par ce petit juge.

  • Raynald Rouette - Abonné 23 avril 2021 07 h 35

    Le Canada n’a jamais été une nation


    Il est inutile pour Justin Trudeau de proclamer le Canada comme étant le 1er pays postnational. Le Canada est tout simplement un regroupement de colonies anglo-saxonne échelonnées depuis 1759. La province de Terre-neuve étant la dernière à s'y joindre en 1949.

    Depuis 1982, la Charte canadienne permet à qui veut de ne pas faire société. Le phénomène s'accentue depuis les 25 dernières années surtout et depuis l'arrivée massive de nouveaux arrivants de toutes confessions qui ne souhaitent pas s'intégrer à leur société d'accueil. Ce, avec la bénédiction d'Ottawa et de son bras judiciaire communément appelé gouvernements des juges.

    Le jugement Blanchard confirme une fois de plus cette réalité en faisant apparaître au Québec son Irlande Du Nord. Le schisme entre les deux éternelles solitudes au Canada et surtout au Québec est officialisé par le juge Blanchard. Comme l'écrivait si bien récemment Marie-France Bazzo dans un texte paru dans La Presse, 'Nous ne faisons plus société..."

    • Raynald Rouette - Abonné 23 avril 2021 11 h 13


      Quel gâchis! Tout cela pour satisfaire l'égo d'un homme qui méprisait de façon maladive le Québec francophone.

    • Bernard LEIFFET - Abonné 23 avril 2021 17 h 23

      La saga trudeauiste n'est ni plus ni moins qu'une copie des Durham et Colborne, avec l'opinion que les francophones, les Québécois en particulier, gênent au développement du Dominion qui n'est qu'une assimilation progressive de groupes anglophones incapables de vivres seuls, puisque les États-Unis n'avaient que faire de ces gens dont la Couronne était plus importante que l'Indépendance. Effectivement, comme plusieurs l'écrivent, ce Domnion n'a rien d'une nation, évidemment celle que voudrait les britanniques nés en Amérique. Ce sont eux d'ailleurs qui se sont institués les maîtres du territoire et ont inventés toutes sortes de lois pour se garantir contre leurs ennemis viscérals, les franco-québécois en particulier! Ils ont même institué qu'eux seuls, le gouvernenement central, pouvait élire des juges partisans!
      Avec ces relents de démocratie de pays de bananes, il n'y a pas de quoi pavoiser!
      .

  • Marc Therrien - Abonné 23 avril 2021 07 h 38

    « Pour moi, l'idée de nation se dissout dans l'idée d'humanité»- Victor Hugo


    « L’homme étant par essence une bête identitaire, enlevez-lui la nation et il se rabattra sur ce qui reste ». Peut-être aussi sur son humanité universelle s’il réussit à dépasser l’essentialisme.

    « L’homme pense, donc je suis», dit l’Univers», a écrit le philosophe Jacques Senécal dans son livre «Philosophies occidentales et sagesses orientales. Une approche amoureuse». Le perfectionnement de ce meilleur des mondes possibles, le seul que l'on puisse connaître, se réalise par la capacité de transcendance dans l’immanence de l’être humain dont l’esprit se déploie comme le cosmos en expansion dont il est le microcosme. Ainsi, on peut concevoir que ce tribalisme réactionnaire que vous énoncez n’est que le passage du perfectionnement du multiculturalisme pouvant mener au plus grand cercle identitaire que constituerait le cosmopolitisme. Ce vieux concept créé par le philosophe cynique Diogène de Sinope qui pensait que l’on pouvait naître dans un lieu et sentir qu’on relève de l’Humanité Universelle sans pour autant renier sa singularité personnelle qui participe à son évolution, a été repensé récemment par le philosophe allemand Ulrich Beck qui a théorisé le cosmopolitisme contemporain par une approche sociologique réaliste. «C'est le concept de «société inclusive», développé notamment par le rapport Tuot. Quand tout le monde verra ses droits garantis, quand tout le monde sera tolérant, quand la justice sociale sera installée, on pourra vivre heureux ensemble. Il n'y a pas besoin d'éléments culturels et religieux pour unir les hommes» (Constantin Languille-«La République au défi du cosmopolitisme», Le Figaro, 3 avril 2015). Il est certain que ça prendra du temps..

    Marc Therrien

    • Léonce Naud - Abonné 23 avril 2021 08 h 16

      Cher M. Therrien: quant à moi, je préfère digérer plutôt que d'être digéré. Chacun son goût.

    • Jacques Légaré - Abonné 23 avril 2021 09 h 38

      Marc, pour les religions le cosmos c'est eux.

      Il est là le noyau dur à casser si on veut une humanité réconciliée, libre, harmonieuse et heureuse.

      Cher Marc, tu as raison sur le fond. Mais gare aux embûches, dont la rouerie des fumistes et totalitaires spirituels qui diront toujours que leur nombril et Dieu qui s'y loge sont le vrai Cosmos.

    • Françoise Labelle - Abonnée 23 avril 2021 10 h 41

      M.Naud, vous êtes cannibale? Chacun son goût.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 avril 2021 12 h 27

      M. Therrien, que ça mange en hiver tout ce discours philosophique?

    • Léonce Naud - Abonné 23 avril 2021 13 h 30

      Chère madame Labelle. Sujet: cannibales en stock. Faut pas dénigrer ces braves gens. Si nous avions été élevés parmi eux à l'époque, nous l'aurions été nous-mêmes, tout comme un tas de Précieux du Plateau et du Mile-End. C'est seulement que leur Ministère de l'Éducation leur proposait des livres de recettes un peu douteux. «Que voulez-vous?», vous dirait notre Illuminé de Shawinigan.

    • Christian Roy - Abonné 23 avril 2021 14 h 13

      @ M. Therrien,

      J'apprécie votre apport. Merci de donner une nouvelle dimension au débat.

      Ça me fait penser à la finale du film "La montagne sacrée" de Jodo alors que le personnage principal se tourne vers la caméra et dit "Zoom Back !" La perspective "grand angle" a sa place.

    • Claude Bernard - Abonné 23 avril 2021 17 h 15

      M Therrien
      Voilà qui ouvrira les esprits bornés ou peut-être pas.
      La vie en société évolue vers un cosmopolitisme inévitable que la nation doit rendre habitable, du moins dans les grandes villes, quoique, en région aussi se glisse un certain rafraichissement des traditions et un affaissement de la religion.
      La fin de la pratique religieuse et l'arrivée de personnes très croyantes est un heureux mélange pour renforcer la fibre communautaire des anciens catholiques qui se ruent maintenant dans la défense de la laïcité et agissent de conserve en ce sens.
      De même la covid unis des personnes disparates qui seraient demeurées inconnues les une des autres pour de marches de protestation où toutes les races sont les bienvenues.
      Le rêve hugolien d'une seule humanité ou comme on disait dans les années soixante la «Family of Man» ou «Terre des Hommes» ou «The Whole Earth Catalog» se réalisera-t-il par ce brassage de population causé par la misère, la guerre et la bétise des gouvernements?

    • Marc Therrien - Abonné 23 avril 2021 18 h 57

      M. Dionne,

      Je vous accorde qu’il devait être plus facile de philosopher l’hiver dans la Grèce antique où l’on pouvait manger plus frugalement et plus facile de penser au cosmopolitisme quand la planète était moins peuplée.

      Marc Therrien

    • Alain Bolduc - Abonné 23 avril 2021 21 h 38

      ''Il est certain que ça prendra du temps'',comme les poules qui auront des dents.

  • Pierre Desautels - Abonné 23 avril 2021 07 h 48

    Les bons français, les mauvais musulmans.


    La France aimait bien ses colonies, mais elle en paie maintenant le prix, loi du karma oblige. Le racisme éhonté envers les arabes en France est bien documenté. Ce n'est pas pour rien que ce racisme dans le logement et l'emploi a poussé beaucoup d'immigrants vers certains quartiers, car les bons français dits "de souche" préféraient rester entre eux, tiens tiens, en mangeant leur jambon-beurre.

    Pas étonnant que les imams ont eu beau jeu dans leur recrutement, c'était presque trop facile. Et les discours des néo-fascistes de la douce France, une prime aussi pour eux. Venez chez nous, vous vous sentirez en sécurité. Quant au "compatriote" Mathieu Bock-Côté, il nous fait honte, avec ses vociférations qui frôlent l'hystérie.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 23 avril 2021 09 h 27

      Un autre quésoliste qui diabolise l'Occident et déteste de Gaulle. S'il était en France, il voterait pour Mélenchon.

    • Cyril Dionne - Abonné 23 avril 2021 12 h 31

      Oui M. Le Blanc, l'idéologie « wokienne » à son summum.