Fonds d'investissement: La répartition de l'actif après 65 ans

La venue de la retraite ne signifie pas qu'un épargnant doit automatiquement trouver refuge dans les certificats de placement garanti (CPG) ou dans les fonds du marché monétaire...

À l'âge de 65 ans, un investisseur qui s'attend à vivre encore 20 ans peut très bien décider qu'une bonne partie de son patrimoine sera destinée aux actions. De plus, l'investisseur de cet âge réduit la probabilité de manquer d'argent en ayant une exposition élevée aux actions plutôt qu'aux CPG ou aux fonds du marché monétaire. Telles sont les affirmations du très sérieux professeur Moshe Milevsky que l'on trouve dans son livre intitulé Investir en toute logique.

Monte Carlo

Pour en arriver à ces résultats, M. Milevsky s'est basé sur des simulations Monte Carlo. La simulation Monte Carlo est un modèle qui permet d'effectuer des prédictions à partir de multiples variables. L'objectif est de créer un modèle similaire à la réalité. On utilise la simulation Monte Carlo dans des domaines aussi divers que la physique et l'économie. Cette méthode est même utilisée pour optimiser la gestion du trafic routier.

Les simulations élaborées par M. Milevsky tiennent donc compte d'une multitude de variables touchant les marchés financiers et les statistiques sur la mortalité. Pour les actions, il a supposé un rendement réel moyen de 7,5 % combiné à une volatilité de 20 %. Pour les CPG, le taux de rendement réel moyen a été établi à 1,5 %. En ce qui concerne la mortalité, le professeur s'est basé sur les tables de taux de mortalité publiées en 1996 par Statistique Canada. À partir de toutes ces données, différents scénarios ont été générés. Et les résultats sont très surprenants...

C'est ainsi que pour une femme de 65 ans, disposant d'un montant initial de 200 000 $ et désirant retirer un montant réel de 15 000 $ par année, la probabilité de manquer d'argent avant sa mort si elle investit entièrement son capital dans les CPG est de 71 %. Si elle décide cependant d'investir 100 % de son capital dans les actions, cette probabilité tombe à 32 %.

Pour les hommes, les probabilités sont quelque peu différentes, leur espérance de vie étant plus courte. Ainsi, pour un homme de 65 ans allouant entièrement son argent aux CPG, la probabilité d'épuiser tout son argent tombe à 47 %. Et, cette probabilité diminue à 22 % pour l'investisseur masculin qui consacre 100 % de son capital aux actions. La probabilité que les hommes épuisent leur capital avant la mort est donc plus faible que chez les femmes — une situation qui permet à l'auteur de penser que les hommes peuvent se permettre de dépenser davantage que les femmes...

Même à un âge plus avancé, l'exposition aux actions demeure tout à fait légitime. Pour un homme de 75 ans, une répartition impliquant 100 % d'actions entraîne une probabilité de manquer d'argent de 9 %, par rapport à 15 % pour une femme.

Accroissement du capital

L'étude arrive donc à la conclusion qu'il est avantageux de détenir une partie de ses avoirs en actions. Que ce soit à l'âge de 65 ans ou de 75 ans, la présence des actions assure un accroissement du capital permettant à l'investisseur de subvenir à ses besoins pour ses vieux jours. Cette conclusion va donc à l'encontre de la croyance populaire selon laquelle les retraités ne peuvent pas se permettre de courir un risque financier et ne doivent pas, par conséquent, toucher au secteur des actions.

Et lorsque l'on parle du secteur des actions pour les retraités, il ne faut surtout pas penser à l'achat de titres comme Bombardier et Nortel. Les fonds de dividendes, par exemple, sont des produits qui permettent d'accroître le capital sans courir de risques trop élevés.

Quant aux CPG et aux fonds du marché monétaire, l'insistance est de mise: leur trop forte présence peut augmenter la probabilité de «mourir de faim» dans le cas des retraités. En effet, le rendement de ces produits demeure toujours anémique dans le contexte des taux d'intérêt bas que nous connaissons.

Évidemment, les calculs de M. Milevsky sont basés sur des hypothèses bien précises et ne tiennent pas compte d'une multitude d'autres facteurs qui sont importants à considérer pour élaborer une répartition adéquate de l'actif à la retraite: impôt, succession, dette, pension... C'est à cette étape que l'apport d'un planificateur financier peut être un atout de taille pour l'investisseur qui veut établir un bon plan pour sa retraite.

questions@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et de gestion privée.

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