Transat devant son plan B, ou C

Cette aide directe à l’aérien et à l’aérospatial maintes fois demandée, longuement attendue, mais qui n’est toujours pas venue… Le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, disait vendredi être en discussion avec Transat A.T. pour la suite des choses avec, pour priorités, la protection des emplois et la viabilité à long terme du voyagiste. Près de 13 mois après le début d’une pandémie ayant provoqué une saignée sans précédent dans cette industrie…

Le 11 février, lorsqu’Ottawa donnait son feu vert conditionnel à l’acquisition de Transat par Air Canada malgré l’avis défavorable du Bureau de la concurrence, le ministre des Transports admettait enfin l’ampleur de la crise que traverse l’industrie, et que Transat ne faisait que cristalliser. « La pandémie de COVID-19 a été un facteur clé dans la prise de la décision définitive. Comme Transat A.T. l’a elle-même souligné en décembre 2020, l’incertitude actuelle jette un doute sur la capacité de l’entreprise à poursuivre son exploitation, car l’entreprise fait face à des difficultés financières importantes. Le gouvernement du Canada a pris acte des effets de la pandémie sur les services aériens dans leur ensemble, et sur Transat A.T. en particulier », a-t-on déjà écrit.

Dans un tweet repris vendredi par les médias, le ministre réitère que « notre gouvernement continuera à soutenir les travailleurs canadiens et une forte concurrence dans le secteur du transport aérien ». Derrière l’inertie, l’intention semble au moins être là.

« Les discussions se sont accélérées à un rythme que je qualifierais de négociation, correspondant davantage à quelque chose qui mène à un résultat », a commenté Calin Rovinescu, alors président d’Air Canada. C’était à la mi-février. Rappelant son besoin d’un nouveau financement totalisant au moins 500 millions en 2021, Transat a précisé vendredi qu’elle « poursuit activement des négociations afin d’obtenir un financement à long terme, notamment dans le cadre du Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE) et par le biais d’un soutien éventuel du gouvernement canadien aux entreprises du secteur du voyage et du tourisme. Les discussions sur les deux sujets sont à un stade avancé et la direction de Transat a confiance qu’une solution de financement satisfaisante sera trouvée dans les prochaines semaines », lit-on dans le communiqué.

Côté québécois, le gouvernement Legault se disait quant à lui prêt à sauter dans l’aventure si le besoin s’en faisait sentir dès l’annonce publique des premières manifestations d’intérêt pour Transat, en mai 2019. Il n’a cessé, depuis, d’assurer son soutien au voyagiste. Et, le cas échéant, de réitérer son aide financière à tout acheteur potentiel disposant d’un plan d’affaires crédible pour développer le « Transat 2.0 » qui voudrait garder le siège social au Québec.

Peu d’options

Transat en est là, maintenant que le voyagiste et Air Canada ont convenu de résilier leur convention d’arrangement. À considérer ses options. Soit de relancer son plan stratégique, mis en veilleuse après la signature d’une entente d’exclusivité avec Air Canada en mai 2019. Mais dans un contexte de crise sanitaire qui ne permet pas de prévoir un retour au niveau d’activités prépandémie avant 2024, selon les dernières projections du voyagiste.

Soit de « mener des discussions avec des acquéreurs stratégiques et financiers potentiels, dont M. Pierre Karl Péladeau. » En réaction à la décision d’Air Canada de ne pas prolonger la date butoir visant à conclure l’achat de Transat, annoncée le 15 février, l’analyste Benoît Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, écrivait dans une note que parallèlement à l’intérêt de M. Péladeau, Onex, propriétaire de WestJet, pourrait être un autre prétendant, a-t-on pu lire dans un texte de La Presse canadienne.

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